//insérer vidéo facebook
enfr
Accueil / MUSIQUE / Week-end des Musiques à l’image 2017 : Hommages à Gabriel Yared et Steven Spielberg
Gabriel Yared Philharmonie Rencontre autour d'un piano
© Bulles de Culture

Week-end des Musiques à l’image 2017 : Hommages à Gabriel Yared et Steven Spielberg

Évoquer Gabriel Yared

Toujours à l’occasion du Week-end des Musiques à l’Image 2017, en hommage à Gabriel Yared, Michel Ocelot (Kirikou, Les Contes de la Nuit, Princes et princesses) et Patrice Leconte (Les Bronzés, Ridicule) se sont réunis pour évoquer leurs expériences avec le compositeur. Ils ont travaillé avec ce dernier respectivement sur les films Azur et Asmar et Une Promesse. Moments choisis autour de cette rencontre.

“Une vedette hollywoodienne”

Patrice Leconte : Gabriel Yared a une patte à lui. Il a une atmosphère, même si je sais qu’il a la volonté d’être polymorphe. Il a une direction sombre et inspirée.

Michel Ocelot : Pour moi, Gabriel était avant tout une vedette hollywoodienne que je ne pouvais pas m’offrir. A ma grande surprise, il a accepté de faire la musique d’ Azur et Asmar en ayant sûrement un geste financier envers la production.

Patrice Leconte : De mon côté, j’ai jamais été intimité par des gens connus (installés) et qui avaient un talent fou. Avec Gabriel, on s’est entendu tout de suite. Il n’a jamais eu l’attitude d’une grande star. Sur Une Promesse, j’avais fait un premier montage avec de la musique provisoire. Gabriel Yared a vu le premier montage avec cette musique provisoire. Cette musique n’était pas pour guider le compositeur. Pas du tout, ça serait une offense. Elle est juste là pour nous aider, ma monteuse et moi, au montage. C’est dans la proposition de Gabriel Yared qu’on voit qu’il a une ouverture d’esprit à la musique et aux sons. L’ingénieur son de mon film a simplement rajouté quelques bruits d’ambiance. La musique du début de Une Promesse a été reprise par Albert Dupontel dans Au Revoir Là-Haut (2017). J’ai été très surpris car le générique de début caractérise un film, il doit donner un coup de diapason sur ce que va être la suite. Albert Dupontel ne m’a rien demandé, c’est dommage.

Michel Ocelot : Moi, contrairement à Patrice, je préfère ne pas en faire trop dans mes génériques de début. Je préfère plutôt envoyer à la fin.

Patrice Leconte : Dans Une Promesse, la musique devait accompagner le désir amoureux des personnages et cette forme de rétention. Il n’était pas pensable que Gabriel Yared parte dans un sentimentalisme racoleur. Il fallait ce côté glacial sous le feu. Avec les moyens modernes, les compositeurs peuvent faire des maquettes performantes avant l’enregistrement avec un orchestre. La découverte du thème se fait de cette manière beaucoup plus précisément depuis quelques années. Cela empêche de se faire une fausse idée de la proposition du compositeur.

“Le son que je préfère, c’est le silence”

Michel Ocelot : Dans Azur et Asmar, il y a une berceuse très importante. Gabriel Yared m’a proposé tout de suite la bonne mélodie. Il y a même porté sa voix avec Souad Massi. C’est rare un compositeur qui chante sur sa bande son. Gabriel va travailler son mon prochain film, Dilili à Paris (prévu pour octobre 2018). Je ne peux pas trop en dire mais il va être un chanteur à l’orgue de barbarie dans cette œuvre.

Patrice Leconte : J’ai moi-même fait un film d’animation, Le Magasin des suicides (2012). Le film d’animation permet pour moi un humour noir, loin des contes de Michel. Ça permet d’aller plus loin. J’ai trouvé cela merveilleux quand on me l’a proposé.

Michel Ocelot : Pour finir cette rencontre, j’aimerais raconter ma première rencontre avec Gabriel Yared. Nous nous étions donnés rendez-vous dans son appartement. Je m’installe et il me dit : “Il faut que je vous prévienne, l’image et le cinéma ne m’intéressent pas”. Je lui réponds : “Le son que je préfère, c’est le silence”. Et on s’est très bien entendu !

Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

Laisser un commentaire