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Night in White Satie Pierre Notte (c) Thomas Bartel image 2
© Thomas Bartel

[CRITIQUE] “Night in White Satie” de Pierre Notte : Un aparté musical et surréaliste

Vous voulez rencontrer le compositeur et pianiste Erik Satie ? C’est au Théâtre du Balcon du festival Avignon le Off 2017 qu’il faut aller le voir dans Night in White Satie de Pierre Notte. Notre avis sur ce spectacle aussi étrange que son personnage illustre.

Synopsis :

C’est une drôle de réception qui rassemble quelques acolytes singuliers et Erik Satie, présent symboliquement sous les traits du danseur Kevin Mishel. C’est un dîner surprenant qui se prépare et se déroule. Au cours de la soirée, on parle de Satie, on évoque Satie, on dit du Satie, et bien sûr, on chante du Satie. Un bon moment passé en bonne compagnie !

Night in White Satie :
Une rencontre musicale

 

Night in White Satie Pierre Notte (c) Thomas Bartel image 2
© Thomas Bartel

C’est sur les traces du compositeur Erik Satie que la pièce de Pierre Notte nous entraîne dans Night in White Satie. On évoque l’homme sous ses traits les plus connus : figure du music-hall, musicien aux aspects farfelus, imaginant une musique « meuble » ou glissant des commentaires destinés aux musiciens dans ses livrets.

Un magnifique piano orne la scène et Donia Berrini lui donne vie tout au long du spectacle. De très beaux morceaux, une interprétation riche et subtile. Il est clair que l’omniprésence de la musique d’Erik Satie dans la pièce est un met dont les saveurs n’en finissent pas de se révéler.

Et comme notre homme était un féru de music-hall, on ressuscite l’esprit du music-hall des années 1920. Des airs enlevés, des textes bien menés, c’est un délice que ces morceaux. L’écriture des chansons est tantôt signée Erik Satie, tantôt signée Pierre Notte, mais il est certain que ces petites pépites rendent un bel hommage au music-hall. On note d’ailleurs que cet esprit du music-hall est encore amplifié par la présence de la célèbre Nicole Croisille, l’interprète féminin de la chanson mythique du film Un homme et une femme (1966) de Claude Lelouch, dont la présence illumine la pièce.

Une expérience surréaliste ?

 

Night in White Satie Pierre Notte (c) Thomas Bartel image 3
© Thomas Bartel

 

Erik Satie est de l’époque des surréalistes, de Guillaume Apollinaire, d’André Breton ou de Louis Aragon. Il leur emprunte la liberté dans la créativité, la libération et la superposition des images, l’onirisme et la légèreté.

Quelle meilleure façon de raviver cet esprit de révolte et d’insubordination que de l’incarner dans le jeu ? Cela semble être le pari de Pierre Notte dans Night in White Satie. Aussi, cette réception qui a lieu sous nos yeux a tout du théâtre de l’absurde. On enchaîne les citations sur Erik Satie, on les mêle à des déclarations de l’artiste, on fait parler les biographes. L’ensemble devient de fait hétéroclite et contradictoire.

De plus, l’identité des personnages reste mystérieuse. Si l’on comprend que le danseur Kevin Mishel représente Erik Satie dans son aspect misanthrope et asocial, on ne comprend pas trop ce qui réunit les autres personnages et ce qui les lie, si ce n’est ce rapport au compositeur qu’ils semblent admirer.

 

Night in White Satie Pierre Notte (c) Thomas Bartel image 1
© Thomas Bartel

 

Aussi joue-t-on sur des situations burlesques, sur le comique de mots, sur celui de caractère. Il ressort de cela une énergie particulière, que transmet avec talent Nelson-Rafaell Madel tout au long de ce Night in White Satie.

De fait, dans son oscillation entre une mise en scène conceptuelle et burlesque, dans le portrait d’Erik Satie qui se dessine, dans la magnifique interprétation au piano de Donia Berriri, dans l’incongruité de ses chansons, Night in White Satie amuse, distrait, et surprend avec une légèreté qui serait chère au compositeur défunt.

 

En savoir plus :

  • Night in White Satie est présenté à Avignon le Off 2017, au Théâtre du Balcon, du 7 au 30 juillet à 22h15 (relâches les 11, 18 et 25 juillet)
  • Durée du spectacle : 1h25
  • Le spectacle a été présenté en avant première à Paris (France) au Théâtre du Rond-Point le 12 juin 2017
Morgane P.

Morgane P.

Rédactrice chez Bulles de Culture
Rédactrice

Littéraire dans l’âme, cœur tendre, j’aime que l’on me raconte des histoires, que l’on m’emmène à la rencontre de personnages qui me fassent vibrer, qui m’emportent, qui me touchent, et vivre à travers eux de belles et incroyables aventures.

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Morgane P.

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