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Affiche - Les Mauvaises Herbes

[CRITIQUE] « Les mauvaises herbes » (2016) de Louis Bélanger

Encore du bon cinéma québécois ! Derrière les géants Xavier Dolan, Denis Villeneuve ou Jean-Marc Vallée s’agite une herbe folle qu’il est temps de découvrir. Avec Les mauvaises herbes, le réalisateur Louis Bélanger (connu outre-atlantique pour Post mortem et Gaz Bar Blues) signe un film remarquable d’inventivité, d’humour et de poésie.

Synopsis :

Jacques (Alexis Martin), comédien de théâtre, a accumulé une lourde dette auprès de Patenaude (Luc Picard), un mafieux de Montréal. Poursuivi par ce dernier, il fuit précipitamment les lieux et se retrouve, en plein hiver, sur les terres de Simon (Gilles Renaud), un ermite un tantinet illégal qui cultive du cannabis dans sa grange.

Les mauvaises herbes :
Un scénario fou et juste…

 

Ils sont mérités ces Valois du Meilleur scénario et du Public décernés par le Festival du film francophone d’Angoulême ! Cocasse à n’en plus pouvoir, Les mauvaises herbes exploite un univers glacial et méconnu de façon unique.

« Il faut être plausible mais pas logique », dit Louis Bélanger en parlant de son scénario, co-écrit avec l’acteur principal Alexis Martin. C’est le secret de ce film inclassable : il réserve des situations et des retournements aussi inattendus et absurdes que… la vie. C’est n’importe quoi mais c’est terriblement juste.

Les mauvaises herbes repose donc sur ses surprises et il faut en raconter le moins possible. Un exemple simplement pour esquisser l’univers du film. Dans une séquence d’ouverture hommage à BirdmanJacques, blasé, sort de scène, costume d’époque en soie bleu ciel, pousse la porte arrière du théâtre caméra dans le dos et batterie jazz en accompagnement, traverse sans plus de vêtement le froid glacial du terne centre-ville de Montréal, ridicule en comparaison du Times Square d’Alejandro González Iñárritu, pour atterrir stupidement dans un vieux rade, derrière une machine à sous criarde qui répond comme elle peut aux ampoules multicolores que rencontrait Michael Keaton. Le décor est planté. La suite est in-devinable.

… et des acteurs

 

Dans Les mauvaises herbes, quatre excellents acteurs campent des personnages « pétés du casque » comme on en trouve que dans les films des frères Coen. Deux mentions spéciales à :

  • Emmanuelle Lussier-Martinez, dans le rôle de Francesca, est magnifique – et loin des clichés – en jeune lesbienne colérique. Imprévisible, touchante, totalement non conventionnelle.
  • Luc Picard en Patenaude, mafieux intransigeant, est hilarant avec ses yeux de feu et son impulsivité.

Francesca, Jacques et Simon forment un échantillon chaotique des mauvaises herbes de la société. Tous plus mal barrés les uns que les autres, cette baraque pleine de cannabis leur offre la quête qui leur manquait.

… dans un bout du monde bleu-blanc-vert !

 

Au-delà d’un enchainement étonnant de situations très bien trouvées, le film Les mauvaises herbes donne à voir un univers. Ainsi, perdu au milieu d’une forêt en manteau blanc, on s’installe dans la maison bleue de Simon, on caresse les feuilles de cannabis, on fait un saut de temps en temps au village voisin où tout le monde se critique. On apprend même à couper les arbres, donc quoi qu’on pense du film, on ne se déplace pas pour rien.

Un détail avant de vous quitter, pour que vous n’y pensiez pas tout le film : les plans de cannabis sont des faux remarquablement bien imités.

Que dire de plus ?

Foncez découvrir ce bijou de la Belle Province.

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 05/04/2017
  • Distribution France : Happiness Distribution

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