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Eingengrau
© D.R.

[CRITIQUE] « Eingengrau » par Zoé Lemonnier

Immersion dans du théâtre moderne avec la pièce Eingengrau, fable sur la génération Y. Notre critique. 

Synopsis :

Londres, génération Y. Un conte urbain sur une génération en perte de repères.

 

Eingengrau, tout droit sorti du théâtre anglais

 

Eingengrau
© D.R.

 

Eingengrau est une création originale tout droit sortie du théâtre anglais contemporain, écrite par Penelope Skinner.  On y trouve une capacité à raconter un drame autour d’une vie ordinaire de quatre personnages. Chacun d’entre eux portent des valeurs particulières. Il y a par exemple la féministe engagée, qui refusent de tomber amoureuse ; le don juan beau gosse qui fait souffrir les femmes ; le timide mal assuré qui vit reclus dans l’appartement de son ami et l’idyliste compulsive excessive et en manque d’affections.

A voir ces quatre protagonistes, on a l’impression d’assister à un épisode la série This is Us. Pourtant, l’histoire évolue rapidement vers un drame social, dont le ton devient vite oppressant. Eingengrau cultive la culture de l’excès dans son deuxième acte. Les visages se radicalisent et ont assiste à des passions destructrices qui auront des conséquences ravageuses. Le rejet de l’autre, la machisme et le dédain vont occuper les protagonistes.

 

Un côté sulfureux

Le metteur en scène Zoé Lemonnier choisit de construire la pièce en accentuant le côté sulfureux de celle-ci. Chaque scène est entrecoupée de voix off lançant des mots forts, comme des dogmes lancés aux spectateurs. Des vidéos subjectives sont également projetées sur le décor épuré de la scène, sorte d’images subliminales censées faire réfléchir le public sur ce qu’il vient de voir. L’outil numérique est très bien intégré, montrant une génération d’individus qui ne vit que par ses écrans.

Les comédiens osent tout. Le couple Pol Tronco/Mélanie Peyre a un certain aplom, notamment lorsqu’il s’agit de se montrer moralement puis physiquement à nous. Ceux-ci doivent d’ailleurs mimés une scène de fellation malsaine : particulièrement audacieux. On se prend à vouloir protéger le personnage interprété par Nicolas Schmitt,  tant son coté enfantin ressort de son jeu. Enfin, on a envie de devenir le bon ami de Aurore Kahan, même si l’actrice la construit avec un sacré tempérament.

Provocation, audace et résolument humaine, voici trois qualités à Eingengrau.

 

En savoir plus :

  • Eingrenau en tournée en France
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.
Antoine Corte

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