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[CRITIQUE] « Les Beaux Jours d’Aranjuez » (2016) de Wim Wenders

En adaptant une pièce de Peter Handke écrite en français, le cinéaste Wim Wenders signe avec Les Beaux Jours d’Aranjuez son deuxième long métrage de fiction 3D après Every Thing Will Be Fine (2015). Notre avis.

Synopsis :

Un beau jour d’été. Un jardin. Une terrasse. Une femme (Sophie Semin) et un homme (Reda Kateb) sous les arbres, avec un vent doux d’été. Au loin, dans la vaste plaine, la silhouette de Paris.
Un dialogue commence, des questions et des réponses entre la femme et l’homme. Il s’agit d’expériences sexuelles, d’enfance, de souvenirs, de l’essence de l’été et de ce qui différencie les hommes et les femmes, la perspective féminine et la perception masculine.
Derrière, dans la maison qui donne sur la terrasse, sur la femme et l’homme : l’écrivain (Jens Harzer), en train d’imaginer ce dialogue et de le taper à la machine. Ou est-ce l’inverse ? Seraient-ce les deux personnages, là dehors, qui lui racontent ce qu’il couche sur le papier : un ultime et long dialogue entre un homme et une femme ?

Les Beaux Jours d’Aranjuez :
Quand vient l’ennui…

 

Les Beaux Jours d’Aranjuez s’ouvre et se ferme sur deux chansons qui en traduisent le chemin parcouru : d’une parenthèse enchantée au cœur de l’été avec la chanson A Perfect Day de Lou Reed à des temps plus apocalyptique avec le titre The World is on Fire de Gus Black. Entre les deux, dans l’encadrement de la fenêtre qui lui fait face, un écrivain aura observé les personnages masculin et féminin qu’il aura imaginé et fait converser dans un jardin.

Les Beaux Jours d’Aranjuez est une bien étrange expérience menée par Wim Wenders. Cette histoire dans un lieu unique qui ne cache pas son origine théâtrale déroute. Au flots de paroles du texte de Peter Handke, le cinéaste oppose une quasi immobilité du couple pendant une grande partie du film et une bien étrange direction d’acteurs.

En effet, Sophie Semin propose une diction très théâtrale aux monologues où chaque mot est articulé distinctement. Tandis que Reda Kateb adopte une approche plus cinématographique avec une voix à la frontière du murmure, voire même parfois presque inaudible.

Certes, cette disparité de jeu et cette immobilité créent une distance qui sous-tend le caractère fictif de la scène, tout en symbolisant le fossé qui sépare cet homme et cette femme. Mais par contrecoup, il est difficile de s’attacher à ce couple irréel dont on ne sait rien ainsi qu’à cet énième écrivain tourmenté. Du coup, très vite, l’ennui nous gagne…

Les Beaux Jours d’Aranjuez :
Une pièce de théâtre 3D

 

Depuis Pina (2011), Wim Wenders filme certains de ses films dans une 3D appelé « Natural Depth ». Inventé par le directeur de la photographie et stéréographe français Alain Derobe, ce procédé consiste à retrouver la perception de l’œil humain. Et si cette sensation se vérifie sur les plans d’ensemble du film où la sensation d’être assis dans une salle de théâtre est bien présente, ce n’est plus le cas sur les plans plus rapprochés et les mouvements de caméra qui déshumanisent ces deux êtres et déréalise leur environnement.

Aussi, s’il est loin d’être convaincant, le long métrage Les Beaux Jours d’Aranjuez pourra cependant intéresser ceux pour qui les expérimentations récentes de Wim Wenders autour du cinéma et de la 3D pourront attiser la curiosité.

Pour les autres, quand vient l’ennui…

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 09/11/2017
  • Distribution France : Alfama Films

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