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[CRITIQUE] « La Danseuse » (2016) de Stéphanie DiGuisto

Dans la sélection Un Certain Regard de Cannes 2016, La Danseuse de la réalisatrice Stéphanie Di Guisto a marqué les esprits. Retour sur un film Coup de Cœur Bulles de Culture. Notre avis.

Synopsis :

Rien ne destine Loïe Fuller (Soko), originaire du grand ouest américain, à devenir une icône de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Même si elle doit se briser le dos et se brûler les yeux avec ses éclairages, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan (Lily-Rose Depp), jeune prodige avide de gloire, va précipiter sa chute.

La Danseuse, un Amadeus au féminin

 

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© Shanna Besson

 

La mise en scène de La Danseuse renvoie à une démarche artistique sur la thématique de la folie. La protagoniste est prête à se donner corps et âmes pour exceller dans son art. Plus que sa satisfaction personnelle, elle tient également à être reconnue comme une authentique danseuse dans le milieu artistique, allant rechercher l’éloge du public mais également celle de ses paires.

On peut comparer l’âme de ce personnage à celui de Mozart dans le film Amadeus (1984) de Milos Forman. Le compositeur avait cette quête du beau et ne pouvait se dégager de ses pensées de perfections obsédantes. Ces artistes ne cessent de courir derrière un objectif qu’ils n’arrivent pas à atteindre, c’est d’ailleurs ce qui les fait souffrir. Paradoxalement, c’est également ce qui nourrit leur création.

Le personnage d’Isadora Duncan dans la Danseuse représente un peu la Salieri d’Amadeus à la différence que celle-ci est dotée d’un réel talent qui menace directement Loïe. Mais la véritable concurrente de cette dernière n’est-elle pas elle-même ? En se ruinant la santé, en s’exerçant sans relâche, elle est source d’auto-destruction, ce que Stéphanie Di Guisto arrive à retranscrire avec finesse, sans tomber dans les rouages de complaintes inutiles.

Une oeuvre sans effet spécial

 

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© Shanna Besson

 

La beauté des plans de danses, couplés avec une lumière éblouissante, est véritablement un exploit lorsqu’on sait que les images sont sans effet spécial. Ces moments arrivent à transporter le spectateur dans des rêveries hors du temps. On ressent presque la même émotion que lors d’un ballet en live.

La Danseuse s’accompagne d’un traitement efficace qui nous projette sans fausse note dans un Paris de la fin du 18ème siècle. On voit rarement cette force de reconstitution dans un film français, hormis dans le récent Chocolat (2015) de Roschdy Zem.

Un casting remarqué

 

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© Shanna Besson

On parle beaucoup de La Danseuse pour la présence de l’envoûtante Lily-Rose Depp, fille du couple Johnny Depp et Vanessa Paradis. Il faut dire qu’à seulement 17 ans, la jeune comédienne a le charisme d’une très grande et capte la caméra surtout lorsqu’elle se lance dans des chorégraphies osées, à demi-nue.

Cependant, le film reste porté par l’actrice principale Soko qui surpasse de loin ses autres partenaires dans l’intensité dramatique qu’elle met dans son jeu. On la sent investit dans son personnage. Elle est d’une sévérité implacable dans son regard et d’une légèreté inouïe dans ses gestes.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 28/09/2016
  • Distribution France : Wild Bunch Distribution
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.
Antoine Corte

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