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“Marseille” (2016), la première série française made in Netflix

“Marseille : Netflix a raté sa bouillabaisse” (Premiere), “Carton rouge pour ‘Marseille’, le premier navet ‘maison’ de Netflix” (Télérama), “Marseille de Netflix, autopsie d’un ratage” (Le Figaro), “Marseille – Et soudain, c’est le drame” (Le Monde), “Pourquoi ‘Marseille’ est une catastrophe accumulant les clichés” (Les Inrocks)… la série Marseille de Dan Franck est-elle la catastrophe industrielle annoncée ? Notre avis.

Synopsis :

A l’approche des élections municipales de Marseille, Robert Taro (Gérard Depardieu), maire de la ville depuis vingt ans, prépare son dernier coup : faire voter la construction d’un casino dans le centre historique de la Marina. Rien n’a été laissé au hasard et son successeur, Lucas Barrès (Benoît Magimel), est déjà désigné. Mais l’ambition dévorante de ce dernier et les intérêts occultes des dirigeants de la ville, qu’ils viennent de ses riches villas ou des cités des quartiers nord, entravent les plans du maire. La course à la mairie devient une lutte de pouvoir où tous les coups sont permis. Une seule question se pose : jusqu’où iront-ils ?

Il était une fois
une série française made in Netflix

 

Avant la volée de bois vert des critiques reçue, tout avait pourtant bien commencé pour Marseille. En posant le pied sur le territoire français, Netflix annonce vouloir produire des programmes locaux. Alors quand la chaîne confirme le tournage d’une série intitulée Marseille, d’aucuns se mettent à rêver d’un futur House of Cards à la française, la première grande réussite de la chaine américaine.

Le casting de la série n’est en plus pas inintéressant : Gérard Depardieu, Benoît Magimel et  Géraldine Pailhas à l’interprétation, Dan Franck (Carlos, Résistance, La Vie devant elles, Les Aventuriers de l’Art Moderne) à l’écriture, Florent Emilio Siri (Nid de guêpes, L’Ennemi intime) et Thomas Gilou (La Vérité si je mens !) à la réalisation, Alexandre Desplat (The Queen, The Grand Budapest Hotel) à la musique.

Et pourtant…

Y-a-t-il un showrunner
dans l’avion ?

 

Camille de Castelnau, bras droit d’Eric Rochant sur Le Bureau des Légendes, décrit un showrunner comme étant celui qui écrit et produit. Présenté comme tel et en gros dans le générique, Florent Emilio Siri l’est-il vraiment ? Le pool de scénaristes autour du créateur qui est la norme pour Eric Rochant pour sa passionnante série pour Canal+ est encore loin d’être la norme en France. Ici, les auteurs écrivent encore à deux ou quatre mains toute une saison. Sur Marseille, à l’écriture, il n’y a que Dan Franck : il a créé et écrit la série. 

Marseille prouve donc une nouvelle fois que si les séries françaises veulent se hisser au niveau des séries américaines, il leur faudra changer leur modèle de production et accepter que contrairement au cinéma où le réalisateur est l’auteur final, le ou les auteurs doivent être impliqués à toutes les étapes de fabrication d’une série. C’est eux et eux seuls qui peuvent être les garants de la cohérence de l’évolution des personnages et des enjeux sur des durées beaucoup plus longues que celles d’un long métrage. 

Oui, la série Marseille
est une déception

 

Il ne faudrait pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain.

Bien sûr, la série est très loin de la série politique que son sujet laissait espérer.

Bien sûr, elle aligne les poncifs sur la ville : drogues, gangsters, magouilles politiques…

Bien sûr, la réalisation et le visuel de la série proposé par Florent Emilio Siri et Thomas Gilou sont peu inspirés. Les gros plans et les ralentis soulignent par exemple de manière trop explicite les rebondissements de l’intrigue.

Bien sûr, les comédiens semblent clairement manquer de cadre pour défendre leurs personnages. Si dans le rôle du maire de Marseille, Gérard Depardieu est égal à lui-même, dans celui de l’adjoint qui va le trahir, Benoît Magimel, que l’on avait quitté sur le magnifique César du Meilleur acteur dans un second rôle pour La Tête haute, surjoue l’esprit vengeur. De même, alors que la modernité dans la fiction passe actuellement par l’importance des rôles féminins (cf. Mad Max Fury Road et Star Wars Episode VII – Le Reveil de la Force, les Géraldine Pailhas, Nadia Farès et Stéphane Cassard se situent à la périphérie des gros enjeux de la série et ne semble avoir de pouvoir qu’à travers leur sexualité.

Cependant, si la première série française de Netflix est clairement une déception, Marseille n’est pas non plus la catastrophe industrielle décrite. La série propose une saga familiale (et politique) grand public comme la télévision en a produit et continue d’en produire. Est-ce un hasard si la série sera diffusée sur TF1 ?

Évidemment, tout sériephile averti ne peut être que déçu devant si peu d’originalité. Mais il ne faut pas oublier que la ville de Rome ne s’est pas faite en un jour. Si Marseille ne restera pas dans les annales (elle est pour le moment notée 3/5 par les spectateurs de Netflix), elle restera tout de même comme la première incursion de Netflix dans la fiction française. Il ne nous reste donc plus qu’à souhaiter maintenant que les prochaines tentatives seront plus réussies.

 

 

En savoir plus :

  • Marseille est disponible sur Netflix depuis le 5 mai 2016
  • Les deux premiers épisodes de Marseille sont diffusés sur TF1 le 12 mai 2016
Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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