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Les Galets de la mer par Caroline Rainette, à la rencontre de la poétesse Louise Ackermann

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Les Galets de la Mer, création de Caroline Rainette, d’après l’oeuvre de la poétesse Louise Ackermann, nous entraîne à la découverte de la vie de cette dernière, dans un spectacle théâtral et musical provoquant un tourbillon d’émotions. Notre critique. 

Synopsis :

Caroline Rainette se glisse dans la peau de la poétesse Louise Ackermann, pour conter au spectateur l’histoire de cette artiste, entrer dans son intimité, réciter certains de ses vers. Elle est accompagnée d’Astrid Marc au piano, dont le jeu enveloppe de douceur l’intégralité du spectacle.

 

Une mise en scène envoûtante

 

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© D.R.

Caroline Rainette, qui a composé Les Galets de la Mer d’après l’oeuvre de Louise Ackermann, signe là un travail formidable qui fait rentrer le spectateur dans une bulle de délicatesse et de sentiments. A la scénographie comme à la mise en scène, les choix de Caroline Rainette sont irréprochables.

Sur la droite de la scène un piano, à gauche une petite table, un coffret ancien, une plume et une chaise. Dès les premiers instants, le spectateur est plongé dans une atmosphère intimiste, dans le quotidien de cette poétesse. 

Avant de voir Caroline Rainette monter sur scène dans la peau de Louise Ackermann, Astrid Marc régale le public d’un premier moment musical. Le spectateur est intelligemment captivé. La musique se joindra tout au long de la pièce aux paroles et aux mouvements de Caroline Rainette. Un parti-pris de mise en scène intéressant : comment mettre en valeur la force de la poésie si ce n’est par le biais de la musique ? 

Caroline Rainette incarne donc Louise Ackermann. Elle se confie au public, sur son enfance, sur son existence. Le spectacle se déroule au moment où Louise Ackermann, jeune veuve, se retire dans un domaine qu’elle a acheté dans le sud de la France. Elle goûte alors aux plaisirs des travaux agricoles, du repos loin de l’agitation des villes. Elle y pleure son défunt époux, le linguiste français Paul Ackermann, avec qui les brèves années passées ensemble s’étaient révélées très heureuses. 

Caroline Rainette alterne confidences et récitation de quelques-uns des plus beaux poèmes de Louise Ackermann. Toujours, Astrid Marc au piano embellit la représentation par sa musicalité.

 

Un spectacle tout en finesse

 

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© D.R.

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p style= »text-align: left; »>Tout dans Les Galets de la Mer respire la poésie. L’objet même du spectacle, tout d’abord, entraîne le spectateur dans un monde poétique. 

Mais l’ensemble de la prestation est un petit bijou de pureté, de beauté et de fragilité. C’est un spectacle sur une femme, créé, monté et joué par une femme, accompagnée d’une autre femme musicienne. Caroline Rainette est touchante de sincérité lorsqu’elle récite les vers de Louise Ackermann, lorsqu’elle avoue la douleur du veuvage de la poétesse, lorsqu’elle interroge, aussi, la vacuité de l’existence. 

L’atmosphère dans le théâtre est suave, le spectateur est directement invité par Caroline Rainette à passer quelques heures en compagnie de Louise Ackermann. La plume, le petit coffret, les costumes élégants et féminins contribuent à placer le spectateur hors du temps. 

Le choix de Caroline Rainette de faire des Galets de la mer un spectacle hybride, tout à  la fois théâtre et musical, s’avère payant.

 

Découvrir ou redécouvrir Louise Ackermann

 

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© D.R.

C’est toujours une belle opportunité pour le théâtre d’exhumer des textes, des histoires, des personnages un peu oubliés, ou délaissés injustement.

Parmi les grands poètes français, Louise Ackermann n’est que trop peu citée. Pourtant, elle a croisé au cours de sa vie Victor Hugo, elle suscite l’enthousiasme de Tolstoï, Barbey d’Aurevilly la connaît et lui offre ses Diaboliques.

Elle est une figure majeure, donc, à l’époque, de la vie littéraire.

Caroline Rainette et la Compagnie Etincelle dont elle fait partie rendent ainsi justement hommage à une figure oubliée de la poésie française, dans une création dont il faut saluer la beauté.

En savoir plus :

  • Les Galets de la mer par Caroline Rainette au Théâtre de l’Île Saint-Louis – Paul Rey (Paris, France), du 26 avril au 28 juin 2016, le mardi à 21 h. 

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