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Mistress America (2015), le feel-good movie de ce début d’année

Affiche Mistress America

Le réalisateur new-yorkais Noah Baumbach retrouve enfin sa muse, Greta Gerwig, dans Mistress America. Ensemble, le couple le plus tendance du cinéma indépendant américain signe une comédie feel-good légère et intelligente à la fois. De quoi commencer l’année 2016 avec un joli sourire.
    

Synopsis :

Étudiante en première année dans une université de New York, Tracy (Lola Kirke) se sent bien seule : elle ne fait ni les rencontres exaltantes auxquelles elle s’attendait, ni ne mène la vie urbaine trépidante à laquelle elle aspirait. Jusqu’au jour où elle est accueillie par sa future demi-sœur Brooke (Greta Gerwig), new-yorkaise pure et dure habitant à Times Square. Séduite par les extravagances de Brooke, Tracy découvre enfin le Manhattan dont elle rêvait…

    
Crise (de rire) existentielle

 

Mistress America photo
© Twentieth Century Fox 2015

 

Mistress America est le second film co-écrit par Greta Gerwig et Noah Baumbach. L’actrice et le réalisateur avaient déjà collaboré ensemble en 2013 sur Frances Ha, un film prometteur qui démontrait déjà l’alchimie entre l’univers du metteur-en-scène et celui de sa muse.

Avec Mistress America, le couple fait preuve de son expérience et délivre un film plus précis, maîtrisé… et beaucoup plus drôle. Les deux auteurs vont même jusqu’à comparer leur film à ceux de John Hughes, grand maître du feel-good movie des années 80 (Sixteen CandlesThe Breakfast Club, Ferris Bueller’s Day Off).

La prédominance de la comédie dans Mistress America résulte directement de son personnage principal, Brooke (interprétée par Greta Gerwig). Le réalisateur et l’actrice travaillaient sur un autre scénario lorsque le personnage de Brooke a émergé. À peine Greta s’est-elle mise à jouer le rôle à voix haute que l’envie de faire tout un film autour de ce personnage exubérant s’est imposée d’elle-même.

Le duo écrit alors Mistress America comme une comédie mais sans pour autant s’éloigner de leur style cinématographique ni de leurs thèmes de prédilection.

 

Une comédie plus légère et plus intelligente

 

Mistress America photo
© Twentieth Century Fox 2015

 

Comme Frances Ha, Mistress America raconte la crise existentielle d’une jeune new-yorkaise de trente ans qui va plus ou moins se confronter à la réalité de sa situation et faire face à la désillusion de ses rêves de jeunesse. Mais contrairement au personnage de Frances, Brooke déborde d’une énergie et d’un enthousiasme déluré, entraînant et plus propice à la comédie.

De plus, le film est raconté non pas du point de vue de Brooke mais de celui de sa jeune demi-sœur de dix-huit ans, Tracy – interprétée par l’excellente Lola Kurt qui s’intègre parfaitement dans l’univers de Baumbach/Gerwig -. À la fois admirative et critique, Tracy offre au spectateur un certain recul par rapport à Brooke et sa crise existentielle, même si elle se laisse finalement emportée (et le spectateur avec elle) par la véhémence comique de sa grande demi-sœur qui rythme le film avec entrain. 

Ainsi, là où Frances Ha favorisait l’identification émotionnelle à son protagoniste en pleine crise, Mistress America adopte un certain recul au service de la comédie. Le ressenti de la crise existentielle du personnage et toute les réflexions intellectuelles que celui-ci peut entraîner chez le spectateur sont bien là et questionnent :

  • la société capitaliste moderne,
  • le nouveau rêve américain,
  • les familles recomposées,
  • le culte de la réussite et des superhéros… 

Mais elles sont habilement relayés dans le sous-texte du film. Mistress America en ressort plus léger, plus drôle mais aussi plus riche et intelligent.

 

Mistress Greta & Mister Noah

 

Mistress America photo
© Twentieth Century Fox 2015

 

La réussite de Mistress America repose naturellement sur la relation privilégiée entre son réalisateur et son actrice principale. En couple dans la vie privée, Noah Baumbach et Greta Gerwig ont élaboré et écrit ce film ensemble, de A à Z. Ils partagent ainsi la même vision du film qui va pouvoir bénéficier de cette collaboration artistique unique.

Car les deux artistes sont au meilleur de leur talent lorsqu’ils travaillent ensemble. La mise en scène de Noah trouve tout son panache avec l’étincelle de sa muse, ce qui fait défaut sur ses autres projets – voir le décevant While We’re Young, qui bénéficiait pourtant d’un casting et d’un budget beaucoup plus prestigieux -. Et Greta n’est jamais aussi brillante que sous la direction de Noah Baumbach – même lorsqu’elle tourne pour Barry Levinson aux côtés d’Al Pacino dans The Humbling –.

Mistress America fait ainsi preuve de cette osmose cinématographique qui s’est épanouie avec le temps et l’expérience.

Greta arrive à maturité dans ce film et y tient son meilleur rôle. C’est avec un sens subtil de la comédie qu’elle interprète les contradictions de son personnage haut en couleurs qu’elle maîtrise jusqu’au bout des ongles. Sa performance déborde d’énergie et de spontanéité et rayonne sur le reste du cast – en particulier sur la jeune Lola Kirk.

Quant à Noah, il réussit enfin à maîtriser le ton particulier de son cinéma en le mettant plus franchement au service de la comédie. Le film bénéficie ainsi d’une intrigue plus travaillée et surtout d’une mise en scène plus précise et rigoureuse, construite autour d’un ton comique subtil bien défini et parfaitement dosé.

Tout au long du film, le réalisateur orchestre ainsi avec savoir-faire des scènes minutieusement chorégraphiées avec une ribambelles de personnages. Pour capturer le rythme de chacun, il privilégie de longues prises avec une fluidité de mouvements de caméra qui laisse au spectateur le plaisir de voir et ressentir les allées et venues de tous ces personnages en temps réel – à l’inverse des comédies classiques, souvent très découpées par un montage dynamique.

Pour accomplir ce travail d’orfèvre, Noah Baumbach multiplie les prises pour pouvoir peaufiner chaque détail tout en conservant une fraicheur et une spontanéité rigoureusement travaillées. Car malgré les apparences, il y très peu d’improvisation au moment du tournage : les dialogues sont méticuleusement écrits et la mise en scène très précise.

Là encore, Noah et Greta sont sur la même longueur d’onde : le réalisateur et l’actrice sont tout les deux des travailleurs acharnés et perfectionnistes. L’une des scènes de Mistress America a même nécessitée pas moins de 55 prises pour satisfaire le réalisateur et son actrice.  Un nombre record qui dépasse les 42 prises d’une des scènes de France Ha, analysée en détail par Greta Gerwig dans son passionnant article pour le New York Times: « One Scene, 42 Takes and 2 Hours in a Bathroom Stall ».

 

Mistress America photo
© Twentieth Century Fox 2015

 

Pour atteindre ce niveau de perfection, Mistress America aura bénéficié de 60 jours de tournage. Un luxe plutôt rare pour un film indépendant tourné en petite équipe. Mais c’est grâce à ces conditions exceptionnelles que le couple de cinéastes parvient au final à faire un film à la fois simple, léger, précis et intelligent.

Tel est le tour de force de Mistress America : une comédie dont l’agréable légèreté permet de s’aventurer aussi aisément dans le riche sous-texte du film. Au final, il ne tient qu’au spectateur d’aller plus loin dans les pistes de réflexions qu’offre le film, sans gâcher le simple plaisir d’un feel-good movie réussit.

« >Il y a de très forte chance pour que vous ayez fini l’année 2015 avec un épique retour dans l’univers de Star Wars ! Alors pourquoi ne pas commencer 2016 avec un petit film indépendant made in New York City ?

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 06/01/2016
  • Distribution France : Twentieth Century Fox France

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