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Chat en poche, la fête des quiproquos

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Chat en poche, dans une mise en scène d’Anne-Marie Lazarini,  se donne à nouveau au Théâtre Artistic Athévains. L’occasion de découvrir ou redécouvrir cette pièce de jeunesse de Georges Feydeau, qui fait la part belle aux méprises sympathiques.

Synopsis :

Pacarel (Jacques Bondoux), un bourgeois qui a fait fortune dans la fabrication de sucre, souhaite rajouter une corde à son arc en faisant jouer une pièce de sa fille (Giulia Deline) à l’Opéra, la réécriture de « Faust » d’après Gounod. Pour cela, il décide de faire venir à Paris un ténor bordelais en vue qui devrait donner du crédit à son projet. Se présente ainsi chez Pacarel un jeune homme (Cédric Colas) qu’il prend pour le musicien en question, alors qu’il s’agit du fils de son ami Duffausset, venu faire ses études de droit à Paris. Pacarel fait signer un contrat à ce dernier, provoquant alors une succession de bévues, de dialogues de sourds, d’erreurs, impliquant aussi joyeusement l’épouse de Pacarel (Frédérique Lazarini), un couple d’amis (Dimitri Radochévitch et Sylvie Pascaud) et le prétendant de la fille de Pacarel (David Fernandez).

    
La recette inaltérable du vaudeville

 

chat en poche photo
© Marion Duhamel

Chat en poche n’a pas eu de succès critique lors de ses premières représentations. Mais au fil du temps, sa réputation s’est restaurée et aujourd’hui, elle fait partie intégrante des réussites de Feydeau. Anne-Marie Lazarini propose donc son interprétation de ce Chat en poche dans une mise en scène colorée et joyeuse, qui met en valeur le texte de Feydeau. 

Feydeau est bien le maître incontesté du vaudeville, alliant quiproquos, malentendus et gentilles bêtises. Ecrite quelques années avant Un fil à la patte et Le Dindon, Chat en poche pousse au paroxysme tous les procédés du vaudeville. On assiste à une cascade ininterrompue de méprises et de petits mensonges à travers lesquels transparaissent les travers d’une société affectée et gonflée d’ambition. 

Le texte de Feydeau est évidemment finement ciselé et sans relâche, le public regarde chaque personnage se débattre péniblement dans un méandre d’erreurs sur la personne, de fanfaronnades et de dissimulation. 

Chat en poche est extrêmement drôle, mais l’absurde des situations atteint une telle intensité que la pièce acquiert une autre dimension : la kyrielle de personnages semble presque en proie à une confusion mentale, l’égocentrisme de chacun éclatant au fil des dialogues.  

Une mise en scène idéale

 

chat en poche photo
© Marion Duhamel

Il faut vraiment saluer la mise en scène d’Anne-Marie Lazarini en adéquation parfaite avec l’intrigue et le texte de Feydeau. 

La partition se joue dans un salon agrémenté de fauteuils aux couleurs criardes. Le décor de François Cabanat est une absolue réussite, tout en déséquilibre, avec des murs de guingois. L’atmosphère est presque surréaliste. L’esthétique petite-bourgeoise de la pièce est intelligemment matérialisée.

La pièce s’ouvre sur Le Duo des Chats de Rossini, les « miaous » donnent le ton. Le ballet de quiproquos et d’entre-soi commence, pour ne plus jamais s’arrêter… jusqu’à ce que Pacarel découvre finalement que le jeune Duffausset n’est pas le ténor tant attendu. Le voile principal est levé, mais certains petits mensonges demeurent…

En guise de conclusion, Pacarel se fait presque moraliste : « C’est égal, je n’ai pas eu de chance avec mon ténor… aussi, ça me servira de leçon… voyez-vous, mes amis… que vous achetiez des navets ou que vous traitiez avec un ténor… demandez toujours à voir la marchandise… On ne sait jamais ce que l’on risque à acheter chat en poche ».

Un jeu d’acteurs truculent

 

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© Marion Duhamel

La pièce est servie par des acteurs qui maîtrisent parfaitement et le texte et leur jeu. L’alchimie opère entre les comédiens et la fine équipe rend un bel hommage à Feydeau. Jacques Bondoux est excellent dans le rôle du bourgeois satisfait, au même titre que son acolyte Dimitri Radochévitch.

Les épouses sont merveilleuses. Frédérique Lazarini incarne l’incandescence, Sylvie Pascaud est impeccable dans le rôle de cette femme ridiculement valeureuse.

Les jeunes fiancés malgré eux, Guilia Deline et David Fernandez, sont touchants et très drôles. 

La distribution est idéalement orchestrée et tous ces comédiens mettent en valeur le texte de Feydeau.

Une très belle proposition accueillie au Théâtre Artistic Athévains.  
    

 

En savoir plus :

  • Chat en poche au Théâtre Artistic Athévains (Paris, France) du 10 novembre 2015 au 25 janvier 2016

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