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Affiche le Misanthrope

Le Misanthrope à La Comédie-Française

Affiche le MisanthropeLa « Maison de Molière » nous ouvre actuellement les portes de la salle Richelieu pour nous parler de misanthropie, sujet sublimement développé par l’auteur en 1666, confondant d’actualité et mis en scène actuellement par Clément Hervieu-Léger. Bulles de Culture vous parle de Le Misanthrope

Synopsis :

Alceste, jeune homme détestant la nature humaine et les codes qui la régissent, aime Célimène, une jeune veuve séductrice et indépendante. Cette dernière tient un salon dans lequel une certaine société échange des propos convenus et élégants dont la jeune femme se nourri avec coquetterie.

Déchiré entre son amour exclusif pour Célimène et sa haine pour la malhonnêteté intellectuelle de ses congénères, Alceste va livrer tout au long de cette pièce un combat singulier pour trouver sa juste place entre ses chimères et ses sentiments amoureux. Il est, pour se faire, éclairé par son ami, Philinte, modérateur bienveillant maitrisant avec brio les pratiques sociétales.

Une version furieusement moderne

Le Misanthrope photo
© Brigitte Enguérand, coll. Comédie-Française

Le metteur en scène, Clément Hervieu-Léger, s’approprie Le Misanthrope pour nous proposer une version « furieusement » moderne.

Il nous plonge dans une ambiance hors du temps illustrée de décors imaginés par Eric Ruf, contexte dont on ne saurait situer avec exactitude le lieu et le style puisque se mêlent lustre d’époque grand siècle, néon à lumière blafarde, escalier (de service ?) et… un piano droit.

Dès lors, les comédiens s’emparent de cet espace comme d’un ring pour se livrer une lutte sans merci ou les vers prennent la résonance de sabres laser.

On notera l’élégante et drôlissime interprétation d’Oronte par Serge Bagdassarian qui a su adapter avec justesse la mondanité de son personnage à la modernité affichée.

Le modernisme :

idée heureuse mais artifices malencontreux

Le Misanthrope photo
© Brigitte Enguérand, coll. Comédie-Française

Néanmoins, si l’on se réfère au grand débat proposé par Molière qui se joue entre compromission et sincérité, on se doit de ne pas taire une certaine déconvenue lors de cette présentation. Certes, transposer Le Misanthrope au cœur de notre société est une heureuse idée mais les artifices contemporains doivent être utilisés à bon escient afin de ne pas gommer l’essence même de la pièce : le texte…

Or, celui-ci est alourdi de pauses inadaptées, de rires forcés, de hurlements primaires (voire de fonds sonores sanitaires …) qui le desservent à défaut de le soutenir. Les acteurs arpentent la scène avec une frénésie digne d’un marathon que le spectateur peine à suivre tentant de ne perdre aucune rime dans la foulée.

Une interprétation avec conviction

Loïc Corbery interprète avec conviction un Alceste tourmenté et consumé par ses démons intérieurs face à Célimène, jouée par Adeline d’Hermy, elle-même tiraillée entre la frivolité du paraitre et un amour sincère.

Dans cette version très contemporaine, ce Misanthrope-là honore assurément la deuxième partie du titre donné par Molière : « l’atrabilaire amoureux ». Le ton est donné…

Cette lecture existentielle et désespérée masque à notre plus grand regret, les clins d’œil savoureux et ronds de jambes enrubannés suggérés par l’auteur.

Article écrit par Catherine Corteggiani.
       

      
En savoir plus :

  • Le Misanthrope à La Comédie-Française du 24 septembre au 8 décembre 2015
Jeunes pousses de Bulles de Culture

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Rédacteurs Junior / Junior Editors chez Bulles de Culture
Incubateur de talents passionnés de culture, Bulles de Culture prend aussi sous son aile de jeunes pousses et les accompagne sur l'écriture de leurs premières critiques.
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