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La femme au tableau - poster

La femme au tableau (2015), la toile des souvenirs

La femme au tableau - posterLe 7ème art au service de la plus vieille inspiration humaine : la peinture. La pellicule se substitue aux parois « grotesques » pour répondre à la question : qu’anime en nous une œuvre d’art ? Dans le cas de Maria (Helen Mirren) et Randy (Ryan Reynolds), protagonistes de cette histoire, un combat pour une dignité estompée et une cicatrice de longue date à soigner. A travers La femme au tableau de Simon Curtis, une catharsis est mise en scène autour du portrait d’une femme, née des doigts et du génie de Gustav Klimt.

Synopsis : Maria Altmann (Helen Mirren), une vieille femme américaine, juive et excentrique, est en quête d’un trésor familial raflé par les nazis durant sa jeunesse autrichienne. Pour mener à bien son dessein, elle donne sa confiance à Randol Schoenberg (Ryan Reynolds), un avocat néophyte, dont elle connaissait les parents. L’insouciance certaine de Maria et la motivation vénale de Randy, ne les ont pas préparé pas à affronter les ogres du passé ni les affres de la justice contemporaine. Cependant, l’âme de la femme au tableau, insufflé par Gustav Klimt, saura galvaniser cette équipe.

Une biographie d’une oeuvre d’art

La femme au tableau - image
© SND

Nous n’ignorons pas que la contemplation d’une œuvre d’art fait émerger en nous un sentiment intime, parfois une interprétation fictive et totalement subjective des volontés du peintre, ou encore un sentiment de profonde vacuité. Mais nous oublions parfois qu’une œuvre à aussi son histoire.

Le réalisateur utilise sa caméra pour nous dépeindre la biographie d’une œuvre de l’Art Nouveau allemand : le portrait d’Adèle, dont le regard a fait naître bien des passions durant ces dernières décennies (à moins que ce ne soit l’éclat de ces aplats d’or et d’argent).

Bien que la paternité de cette fresque ne peut être contestée, son appartenance est questionnée et cela forme le socle du film.

Une interprétation réaliste

La femme au tableau - image
© SND

Muni de sa palette de couleurs, Simon Curtis nous dessine un mélange réussi de clair-obscur dédié aux rétrospectives de la toile. Les souvenirs de Maria, relatant l’accaparement d’Adèle par les nazis, sont brossés à l’aide de flashback noir et blanc tandis que la « castagne » judiciaire entre l’État autrichien et Maria est relatée à travers un tableau haut en couleurs.

Ryan Reynolds et Helen Mirren, les deux modèles de cette réalisation, nous offrent une interprétation réaliste où, très vite, les ambitions personnelles de chacun se muent en une volonté sincère de redonner la place qu’il mérite à la famille d’Adèle et d’offrir une victoire à un peuple meurtri dans sa chair et pillé dans sa culture.

Il s’agit donc d’un gras sur maigre bien huilé qui intéressera les amateurs d’histoire et d’art et qui offrira au grand public l’aspect souvent oublié, voire écarté, des peintures homériques. Cela aidera aussi novices et insensibles à s’approprier l’âme d’un domaine artistique trop souvent exclusif.

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