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[Critique] “Imitation Game” (2014) : Élémentaire, mon cher Watson

Grande fresque historique de ce début d’année, Imitation Game (The Imitation Game) de Morten Tyldum est le favori pour les prochains Oscars. Adepte de ce genre de biopic dramatique, l’Académie l’a sélectionné dans 8 prestigieuses catégories, notamment celles de Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, et Meilleur Acteur. S’il repartira assurément avec de nombreuses statuettes, Imitation Game est-il néanmoins à la hauteur de ces distinctions prochaines ? L’avis de Bulles de Culture.

Synopsis :

Alan Turing (Benedict Cumberbatch) est un mathématicien de génie. En 1940, il est recruté par le gouvernement britannique pour percer les secrets de la machine à coder allemande, Enigma. À cet instant, peu de personnes ne croient à son réel talent ni à ses capacités à aboutir à cet objectif. Seule Joan Clarke (Keira Knightley), femme tourmentée par son statut marital, va être un soutien indéfectible dans la tâche qu’Alan doit accomplir.

Imitation Game : Un parcours d’exception

© SquareOne Entertainment

Au niveau scénario, Imitation Game a tous les atouts pour remporter un trophée. En effet, à l’instar d’Argo (Ben Affleck, 2012), Le Discours d’un roi (Tom Hooper, 2010) ou encore Million Dollar Baby (Clint Eastwood, 2004), il porte avec brio un parcours d’exception montrant ainsi que l’homme est capable de miracles. La résolution du code Enigma, jugée pourtant impossible, a donné lieu aux premières recherches pour créer les ordinateurs. Le film entrecroise alors astucieusement cette thématique scientifique avec le parcours personnel atypique d’Alan Turing. En effet, ce dernier n’a eu de cesse de se battre tout au long de sa vie. Enfant, il découvre son attirance pour les garçons, ce qui l’isole considérablement de ses autres camarades. En 1940, il se bat pour être pris au sérieux par ses partenaires qui voient en lui un savant fou. Enfin, il termine sa vie en combattant la folie, résultante d’une homosexualité mal soignée. La mise en scène recoupe bien l’ensemble de ses périodes de vie en choisissant d’opter pour des sauts temporels, permettant de lier passé-présent et futur.

Un acteur charismatique

Pour interpréter ce mathématicien, pivot central du film, Benedict Cumberbatch est un excellent choix. On le connaît grâce au succès de la série britannique Sherlock (Steven Moffat, Mark Gatiss, 2010). Cet acteur réussit une prestation remarquée en mettant en scène son physique particulier, source de sa réussite selon lui, accompagnée d’une verve maîtrisée. Pour autant, on est déçu par le manque de prise de risque de la star qui ne tranche pas assez avec ses compositions antérieures. Notamment, on attendait cette explosion intérieure, inhérente à la stigmatisation de son personnage, et qui aurait pu davantage expliquer sa fin tragique. Au contraire, les blessures semblent ici aseptisées.

Un point de vue aseptisé

© SquareOne Entertainment

Le défaut du film est alors de ne pas avoir un point de vue complètement assumé. Si le réalisateur prend l’angle scientifique en tentant d’expliquer le mécanisme d’Enigma, il reste trop superficiel. Il aurait pu alors se recentrer sur les relations sentimentales, notamment en creusant la problématique autour du couple Clarke-Turing. Là encore, il n’apparaît pas toujours précis.

Pourtant, il est à souligner une musique parfaite. Le compositeur Alexandre Desplat sait créer comme toujours avec ses compositions stéréotypées des moments d’exception, notamment lorsque les chercheurs trouvent enfin la résolution du code chiffré.

Un film à Oscars ? Très certainement. Pour autant, on aurait aimé plus d’audace dans cette mise en scène qui reste consensuelle et stéréotypée pour ce type de récompense. Imitation Game est alors un bon film dans une veine très classique annonçant simplement que 2015 ne sera pas encore l’année du renouveau du cinéma américain.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 28 janvier 2015
  • Distribution France : StudioCanal
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

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    Un commentaire

    1. "Annonçant simplement que 2015 ne sera pas encore l'année du renouveau du cinéma américain.", ça tombe bien le film est anglais; et puis chapeau vous avez des don de médium pour avoir dés janvier fait le tour de la production cinématographique de l'année à venir….

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