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GAME OF THRONES saison 8 afffiche OCS série

[Critique] « Game of Thrones » saison 8 : Épisode par épisode

Game of Thrones saison 8 épisode 1 : Winterfell

Synopsis :

La lutte pour le trône de fer touche à sa fin alors que les marcheurs blancs ont franchi le mur et pénétré dans Westeros.

Scénaristes : Dave Hill
Réalisateur : David Nutter
Durée : 60 minutes

La question qui brûle les lèvres : pour son retour triomphal, est-ce que Game Of Thrones saison 8 souffle plutôt le chaud ou le froid ? Mon avis à chaud : des retrouvailles glaçantes… qui permettent de réchauffer les mémoires.

Un bon épisode de reprise (des hostilités) qui se charge de cocher les cases « réunions » et « portraits de famille », tout en plaçant les pions sur le plateau. En effet, les Nordiens n’aiment pas les Targaryens, ce qu’on peut concevoir sachant que le roi fou Aerys Targaryen (David Rintoul) avait jadis exécuté le père et le frère de Ned Stark (Sean Bean), tandis que Rhaegar (Wilf Scolding) avait (pensait-on) enlevé sa sœur, Lyanna Stark. Du fruit de leur amour interdit est né Jon Snow (Kit Harington), baptisé Aegon Targaryen, héritier légitime au trône. De quoi remettre en perspective la présence de Daenerys (Emilia Clarke) à Winterfell et la crise identitaire que traverse Jon…

Autant, je n’ai jamais été un grand amateur de leur idylle, un peu trop romancée et précipitée, autant leur relation ambivalente à l’égard de leur identité et leur rapport au pouvoir est intéressante. « Tu as abandonné ton titre de roi pour sauver le peuple. Est-ce qu’elle en ferait autant ? », s’interroge Sam (John Bradley). Divisé entre ses devoirs et ses affections, Jon a toujours su fédérer sans jamais vouloir de ses titres. Daenerys exige de gouverner de droit un royaume qu’elle ne connait pas, qui ne semble pas disposé à l’accueillir à bras ouverts, et cela sans savoir comment régner dessus. Après tout, elle a forcé les siens à traverser un désert après la mort de Khal Drogo (Jason Momoa) afin d’atteindre son but. Daenerys n’a en tête que son couronnement sans penser à ce que cela implique pour les autres, ni même s’ils le veulent. Pas de quoi voir d’un bon œil le statut d’héritier de Jon…

« As-tu ployé le genou pour sauver le Nord ou parce que tu l’aimes ? », lui demande Sansa (Sophie Turner). Œuvre cosmopolite à en juger la « hype » sans commune mesure après sept saisons, Game Of Thrones est-elle avant tout une grande histoire d’amour tragique, un récit renversant sur les préjugés, sur l’attachement et sur ce qui devrait nous rassembler plutôt que nous diviser ?

Malgré toutes ces retrouvailles que l’on aurait espérées plus chaleureuses, les mines restent fermées. Les sourires ne perdurent pas. Les regards en coin se croisent comme des lames, les non-dits et les frustrations se consument. Tout le paradoxe et le défi que relève cette saison est le suivant : nous connaissons bien ce bougre de G. R. R. Martin, son goût prononcé pour l’ironie tragique et les subversions. Nous attendons que cette fin se conforme à nos idées et théories, que nous pensons prévoir sans mal maintenant que les pions ne peuvent plus tant bouger du plateau. Mais d’un autre côté, nous espérons être pris au dépourvu, à convoiter, comme ces retrouvailles en demi-teintes, une satisfaction peut-être impossible.

A ce titre, j’ai apprécié la scène inaugurale de l’épisode, qui reflète l’une des premières scènes du début de la saga : l’arrivée du cortège royal Baratheon/Lannister à Winterfell sous l’œil perché de Bran (Isaac Hempstead Wright) et de la cour éteinte et perplexe. Durant la première moitié de l’épisode, les tons restent froids, en témoignent les réticences des personnages qui se jaugent encore, pour ensuite s’attiser dans la seconde demi-heure et mettre en lumière certaines vérités enfouies trop longtemps.

Evidemment, quelques moments émouvants : Sam qui découvre la vérité sur le sort de sa famille, Jon qui découvre la vérité sur ses origines, puis les belles retrouvailles entre Jon et Arya (Maisie Williams). Au cours de ces dernières saisons, Kit Harrington a énormément gagné en prestance pour donner toute sa légitimité au héros qu’est Jon. J’attendais aussi avec impatience les retrouvailles entre mon personnage préféré (si je ne devais en garder qu’un), Jaime Lannister (Nikolaj Coster-Waldau), face à Bran, dans une scène finale qui reflète cette fois la dernière scène du tout premier épisode. Désormais, c’est à Jaime de tomber de haut… Va-t-il sauver Bran lors de la bataille à venir pour accomplir sa rédemption et permettre ainsi de sauver le royaume ?

D’autres intrigues secondaires croulent encore sous les maladresses, notamment Theon (Alfie Allen) et Yara (Gemma Whelan), ou le développement chancelant d’Euron (Pilou Asbæk), avec qui Cersei (Lena Headey) entretient une relation charnelle pour laisser croire que l’enfant qu’elle porte est le sien. Reste quelques blagues réchauffées sur les eunuques et la traditionnelle scène dans un bordel. Un retour imparfait mais efficace qui n’abuse pas du fan-service et se contente habilement de faire monter la température avant l’arrivée des Marcheurs Blancs. La glace est brisée.

Paul Vogel

Rédacteur/Editor chez Bulles de Culture
Piégé très tôt dans l'Engrenages des séries, impossible de passer plus de 24h chrono sans sauter dans La Quatrième Dimension, sous peine de finir aux Urgences. Citation inspirante préférée : "Sheeeeeeiit" (Clay Davis, "The Wire").

TOP 5 TV : "Six Feet Under", "Breaking Bad", "The Wire", "Urgences", "Lost"
Paul Vogel

Un commentaire

  1. GoT 8×3 Il y a très longtemps, à une époque oubliée, une force a détruit l’équilibre des saisons. Dans un pays où l’été peut durer plusieurs années et l’hiver toute une vie,

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