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Rocketman affiche film critique avis cannes 2019

[Critique] « Rocketman » (2019) de Dexter Fletcher

Après l’avoir dirigé dans Eddie the Eagle, Dexter Fletcher transforme Taron Egerton en Elton John dans Rocketman. Après le succès phénoménal de Bohemian Rhapsody (2018), cette nouvelle partition du réalisateur tient-elle l’inévitable comparaison? L’avis et critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Rocketman s’attache à la période qui a vu Elton John percer. Le biopic retrace la métamorphose d’un pianiste prodige mais timide en superstar mondiale, le tout sur les plus belles chansons de l’artiste. C’est le parcours d’une des figures les plus emblématiques de la pop-culture.

Rocketman v Bohemian Rhapsody : faut-il vraiment comparer les deux biopics ?

La réponse la moins évidente serait non, car si les deux films, Rocketman et Bohemian Rhapsody, parlent de deux personnes singulières, ces deux hommes n’ont a priori en commun que le fait d’être artistes.  Cela reviendrait quelque part à comparer les personnalités des deux chanteurs, l’un cuir et rock, l’autre pop et bubble gum. L’un sexy moustachu, l’autre « lunetteux » flamboyant, la liste de ces oppositions pouvant être sans fin. Les deux œuvres seraient alors, soit un puits de noirceur, soit une vaste plaisanterie, selon le camp choisi et son artiste favori. 

De Reginald Kenneth Dwight à Elton John

Comment devient-on ce personnage haut en couleur dont les chansons ont touché tant de monde ? C’est ce que nous raconte Rocketman. Du petit garçon timide, capable de reproduire à l’oreille des chansons entendues une fois à la supernova superstar. On se doutait bien que derrière tous ces costumes extravagants se cachaient d’horribles tourments et le film de Dexter Fletcher nous le montre enfin. Tout enfant est modelé par ses parents et entre une mère acariâtre, incarnée par une presque caricaturale Bryce Dallas Howard, et un père qui ne l’a pas désiré, Reginald Kenneth Dwight ne partait pas gagnant. C’est donc grâce un don et l’amour d’une grand-mère que nous devons d’avoir Elton John aujourd’hui. Il est dès lors évident que quelqu’un qui a manqué autant d’affection ait eu, par ses tenues, besoin d’attirer autant l’attention. Compréhensible aussi qu’il mette autant d’énergie, même dans les pires moments de sa vie, à monter sur scène.

Rocketman nous permet donc de croire que quand une star dit qu’elle ne serait rien sans son public, ce ne sont pas des paroles en l’air.  Car c’est l’amour de celui-ci qui lui donne la sensation d’exister, une raison d’être. Il faut (se) donner en retour aux millions de personnes qui vous donnent une réelle affection quand on est autant entouré de vautours — impressionnant Richard Madden.

De Kingsman à Rocketman

Taron Egerton excelle dans la peau de cette bête de scène, nous rappelant à quel point Elton John a pu inspirer les jeunes de la scène pop actuelle. On pense à Lady Gaga pour le côté pianiste et folklore, et on s’en tiendra là ! On pense à Robbie Williams, autre star pop anglaise, dont le titre Let Me Entertain You aurait pu  être la devise d’Elton John. Et c’est peut-être là que l’acteur de la saga Kingsman atteint ses limites. Dès qu’il apparaît à l’écran, quittant son costume croisé oxfordien pour enfiler les plate-formes shoes, il n’est plus qu’Elton. Les retours au timide Reginald lorsque la star quitte la scène ne sont pas de la même intensité. On devine la souffrance, plus qu’il ne l’illustre à l’écran. Ce n’est peut-être que le sentiment d’une spectatrice exigeante qui aimerait que le passage de la lumière à l’obscurité se ressente dans sa gestuelle. Ou peut-être s’agit-il du désir de Dexter Fletcher de ne pas nous livrer une oeuvre trop sombre.

En cela, Rocketman tient plus de la comédie musicale, avec par moments un côté Moulin Rouge, voire High School Musical. On y pense en regardant le film et on ne serait pas surpris de le retrouver à Broadway. Dexter Fletcher semble, notamment lors des passages (trop) référencés avec évidence à West Side Story, semble l’avoir en tout cas calibrer pour. En poussant un peu, on pourrait même penser l’inverse, à savoir qu’il s’agit en fait d’une comédie musicale portée à l’écran. 

Au final, le film nous rappelle qu’Elton John n’est pas seulement le pianiste émouvant qui a chanté Candle In The Wind pour la regrettée Lady Di — un titre d’ailleurs chanté d’abord pour Marilyn Monroe. C’est donc l’histoire du timide Reginald qui a atteint le firmament, a sombré et nous est revenu. Quand on sort de là en chantant I’m Still Standing ( yeah, yeah, yeah !), on se dit que Dexter Fletcher à fait de son biopic un feel-good movie.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 29/05/2019
  • Distribution France : Paramount Pictures France

Fanny N.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J'aime rire, j'aime pleurer, l'aime danser, j'aime chanter et tout ça, je le vis souvent au cinéma.

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Fanny N.

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