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Les Eternels (Ash is purest white) : Photo Cannes 2018
© Ad Vitam

[Critique] « Les Eternels » (2018) : Jia Zhang-ke, un cinéaste chinois majeur

Cet article est le 13e sur 30 pour Festival de Cannes 2018

Les Eternels (Ash is Purest White), le film de Jia Zhang-ke est en compétition officielle au Festival de Cannes 2018. L’oeuvre sort dans les salles de cinéma le 26 décembre 2018. L’avis et la critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

En 2001, la jeune Qiao (Zhao Tao) est amoureuse de Bin (Fan Liao), petit chef de la pègre locale de Datong. Alors que Bin est attaqué par une bande rivale, Qiao prend sa défense et tire plusieurs coups de feu. Elle est condamnée à cinq ans de prison. A sa sortie, Qiao part à la recherche de Bin et tente de renouer avec lui.  Mais il refuse de la suivre. Dix ans plus tard, à Datong, Qiao est célibataire, elle a réussi sa vie en restant fidèle aux valeurs de la pègre. Bin, usé par les épreuves, revient pour retrouver Qiao, la seule personne qu’il ait jamais aimée…

Les Eternels, une nouvelle sélection au Festival de Cannes 2018 pour Jia Zhang-ke

Jia Zhang-ke est un habitué du Festival de Cannes. Il obtient le prix du meilleur scénario en 2013 avec A Touch of Sin. Il continue ses étincelles avec Au-delà des montagnes présenté en compétition en 2015. Les Eternels est donc attendu dans cette sélection du Festival de Cannes 2018 comme l’un des gros mastodontes où les films asiatiques sont extrêmement présents.

Le cinéaste est ancré dans des thématiques qu’il a déjà abordés. La corruption, longuement traitées dans A Touch of Sin, est le point de départ d’une longue histoire d’amour qui s’écoule son plusieurs périodes, à la manière de  Au-delà des montagnes. Le tube YMCA des Village People remplace le Go west des Pet Shop Boys comme gimmick musical. Bref, Les Eternels n’a rien d’innovant.

Un réalisateur qui marquera le cinéma chinois

Cependant, passé ces similitudes, il est évidemment que Jia Zhang-ke est bel et bien parti pour devenir un réalisateur qui marquera le cinéma chinois. En effet, il filme l’évolution industrielle chinoise avec brio. Il fait là encore un vrai travail historique avec une étude minutieuse sur l’évolution de société. Ces plans larges traduisent cette montée en puissance inexorable de la Chine.

Le côté novateur de son oeuvre Les Eternels est ce portrait de femme. Jamais il n’a aussi bien caractérisé son personnage et mis en valeur la gente féminine. Dans un contexte du mouvement #Metoo, Qiao est bien plus courageuse que son homme. Cela se traduit par une scène d’une intensité folle lorsque celle-ci décide de prendre le pistolet (de la main droite) en tirant sur ses assaillants. L’humour des dialogues est toujours là. Jia Zhang-ke ponctue cette oeuvre sérieuse de répliques bien réjouissantes, démontrant le caractère bien trempé de cette héroïne.

Les Eternels reste cependant un film beaucoup trop long qui aurait pu concentrer son message sur une heure de moins.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 26/12/2018
  • Distribution France : Ad Vitam
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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