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© Universal Pictures France

[CRITIQUE] “A Ghost Story” (2017) : Paranormal no activity

A Ghost Story est présenté en compétition du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2017. Le film de David Lowery (Peter et Elliott le dragon) est une réflexion sur la mort et la solitude de l’au-delà. Notre avis et critique sur le film. 

Synopsis :

Un couple amoureux (Casey Affleck et Rooney Mara) vit dans une maison apparemment hantée. Un jour, l’un d’eux décède et va devenir le fantôme du lieu.

A Ghost Story, des choix de réalisation particulièrement austères

 

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© Universal Pictures France

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, A Ghost Story n’est pas un film d’épouvante. Il est plutôt une oeuvre sur la vie après la mort, là où les esprits gravitent péniblement en restant avec les vivants dans une boucle sans fin. Certains de nos confrères y voient l’un des plus beau objet cinématographique de l’année : “sidération et larmes. CHEF D’ŒUVRE d’épure et de sensibilité sur la mort et la solitude du mort. IMMENSE CHOC” (Medhi Omais de Konbini), “Je suis ressorti tremblant de , pur chef-d’œuvre sur la mort d’un couple, son deuil et son acceptation. La volonté de réalisation est assez interessante” (@FlorianBodin de Cinématraque). Autant dire que nous ne partageons absolument pas ces avis dithyrambiques.

L’histoire révèle en effet les difficultés autour d’un moment de deuil pour chacun des deux protagonistes. La petite amie en vie est dans une solitude après la décès de son copain. Elle ère comme une âme en peine dans cette maison vide où plane encore le souvenir de son amour perdu. A l’inverse, le fantôme continue de vivre avec sa bien-aimée mais souffre de ne plus pouvoir interagir avec elle. Il est emmuré dans un silence de mort.

Pour exprimer toute cette détresse psychologique, David Lowery fait des choix de réalisation particulièrement austères. Il souhaite faire vivre aux spectateurs la torpeur de ses personnages. Du coup, on se retrouve devant un film très hermétique. Le cadre de l’image en 4:3 est désuet. Il n’est à aucun moment exploité par le réalisateur. De même, le cinéaste instaure un montage composé de longs plans fixes dans lesquels la caméra semble filmer le néant. Une scène emblématique restera dans les mémoires. Durant près de 8 minutes, la caméra reste scotchée à Rooney Mara qui mange une tarte. Le cinéaste teste alors nos limites avant de nous en montrer un peu plus sur ses réelles intentions. C’est un train qu’il faut prendre, n’hésitant pas à laisser sur le bord du quai une partie de son public. De notre côté, on a raté le départ. Les wagons ne peuvent dès lors plus être raccrochés.

Une sorte de Terrence Malick encore plus lent

 

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© Universal Pictures France

L’actrice principale avait déjà officié plus tôt dans l’année dans le déjà très ésotérique Song to Song. A côté de A Ghost Story, l’oeuvre de Terrence Malick peut-être perçue comme de la pleine action ! En effet, le film de David Lowery est dans une contemplation lancinante. Il faut dire qu’il reprend beaucoup des codes du réalisateur de Tree of Life. Il y a l’observation de la douleur, la torture intérieure des personnages et cette lenteur dans le traitement. Cependant, pas de voix off dans A Ghost Story, seuls les gestes des fantômes et quelques sous-titres viennent ponctuer un scénario relativement diffus. Au cours du récit, la réalisateur instaure de nouveaux éléments pour bouleverser son récit. Il va jouer sur le temps, à la manière de Christopher Nolan. Beaucoup moins abouti que Interstellar (2015), A Ghost Story est plutôt un grand jeu de style avec une absence de maîtrise narrative.

Casey Affleck n’aura le moyen de l’expressivité qu’à travers un drap blanc, un peu moyen pour juger d’une prestation. Derrière les enjeux poétiques qu’il peut y avoir dans A Ghost Story, impossible de faire l’impasse devant l’inaccessibilité de cette oeuvre d’un ennui mortel.

 

En savoir plus  :

  • Date de sortie France : prochainement
  • Distribution France : Universal Pictures France
Antoine Corte

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

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Antoine Corte

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