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[CRITIQUE] “La Peur” par Élodie Menant, une traque haletante

Le Théâtre Michel accueille actuellement  La Peur de Stefan Zweig, dans une mise en scène d’Élodie Menant. Une pièce rondement adaptée et menée tambour battant. Notre critique de cette pièce de théâtre. 

Synopsis :

Irène (Hélène Degy) trompe son époux (Aliocha Itovich), par jeu et par ennui. Un jour, une femme (Ophélie Marsaud), se disant être la compagne de son amant, la menace. Commence une longue descente aux enfers. Irène vit dans la peur que son mari découvre la vérité et que l’autre femme la dénonce…

La Peur :
Une grande pièce

 

La Peur image
© D.R.

 

Cette adaptation de La Peur est une vraie réussite. Élodie Menant à l’adaptation, à la scénographie et à la mise en scène a réussi là un tour de force. Il est vrai que cette nouvelle de Stefan Zweig se prête bien à une adaptation théâtrale : une femme, infidèle, traquée jusqu’à l’épuisement par la compagne supposée de son amant et un canevas bien huilé qui laisse place à de nombreux rebondissements.

La mise en scène est particulièrement aboutie. Un intérieur d’appartement cossu autour duquel les décors sont montés de façon à imaginer des murs et des fenêtres. Au fur et à mesure de l’intrigue, les murs sont déplacés par les comédiens, symbolisant tantôt la vie calfeutrée et ennuyeuse d’Irène, tantôt le conflit, tantôt la claustration mentale à laquelle elle est soumise, tantôt l’emprisonnement physique qu’elle ressent par le biais du harcèlement de cette femme inconnue qui la suit et la connaît si bien.

Le spectateur éprouve lui aussi l’angoisse d’Irène, les remords, l’appréhension, cette impression amère d’être surveillée, cette quasi paranoïa dans laquelle elle tombe… La Peur. Le texte de Zweig est véritablement mis en valeur par cette mise en scène réfléchie et très soignée.

 

Prouesse des comédiens

 

La Peur Image
© D.R.

 

Le trio formé par Hélène Degy, Aliocha Itovich et Ophélie Marsaud fonctionne très bien.

Hélène Degy est spectaculaire dans le rôle de l’épouse délaissée, adultérine, quoique sincèrement amoureuse de son époux, rongée par l’angoisse. Terriblement humaine.

Aliocha Itovich rentre à merveille dans la peau du personnage masculin, un mari un tantinet méprisant, harassé par un travail d’avocat perturbant mais qui se révèle finalement être d’une noirceur effroyable et un fin calculateur, à la limite de la perversion.

Qui est vraiment celui qui commet le péché le plus impardonnable dans le couple ? Jusqu’au bout, les deux comédiens campent leur position avec brio.

Enfin, Ophélie Marsaud, accomplit parfaitement son rôle de femme de l’ombre que l’on imagine a priori blessée par la tromperie de son prétendu compagnon mais machiavélique. A la fois froide et emportée, la comédienne remplit son contrat… jusqu’à ce que le coup final voulu par Zweig éclate sur les planches.

La Peur est une très belle pièce, joliment menée avec son tandem mise en scène/jeu des comédiens extrêmement efficace. A découvrir.

 

En savoir plus :

  • La Peur par Élodie Menant au Théâtre Michel (Paris, France), du 7 octobre au 31 décembre 2016. Les jeudi, vendredi, dimanche à 19h et le samedi à 19h15
  • Prolongations au Théâtre Michel (Paris, France) jusqu’au 26 février 2017
Agathe M.

Agathe M.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
Croqueuse d'art, j'aime découvrir et faire découvrir des œuvres éclectiques.

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Agathe M.

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Un commentaire

  1. Nelly Duplouy-Patru

    Je suis une grande admiratrice de la jeune auteure et comédienne Elodie Menant, déjà “la pitié dangereuse ” était un chef-d’oeuvre ! Ses adaptations de Sweig sont d’une grande justesse. j’ai vu “La peur” deux fois et pourquoi pas une troisième fois ! Les comédiens sont excellents. nous sommes entraînés dans ce tourbillon. Quand je suis à Paris , provinciale, je parle de cette pièce à des jeunes spectateurs qui ne connaissent pas Elodie Menant ! Les critiques parisiens tel J.Nerson préfèrent une critique négative qui “dézingue” plutôt que de mettre dans la lumière une jeune auteure qui par ailleurs est reconnue en Avignon, à Sarlat..dommage ! Mais Melle Menant un jour aura un Molière…je n’en doute pas !

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