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[CRITIQUE] « Jodorowsky’s Dune » (2013), histoire d’un film fantôme mythique

En 1965, sort un monument de la littérature de science-fiction, Dune de Frank Herbert, qui sera adapté au cinéma en 1984 par David Lynch. Bien que culte depuis, le film est un échec commercial et esthétique à sa sortie. Mais que se serait-il passé si le cinéaste chilien Alejandro Jodorowsky avait pu mener à terme son très ambitieux projet d’adaptation du livre ? Retour sur un film manqué avec le documentaire Jodorowsky’s Dune de Frank Pavich.

Synopsis :

Sorti en 1965, Dune, le livre de Frank Herbert est un succès mondial et devient le livre de science-fiction le plus vendu au monde. En 1975, le producteur français Michel Seydoux propose à Alejandro Jodorowsky une adaptation très ambitieuse de Dune au cinéma.
Jodorowsky’s Dune retrace l’extraordinaire épopée de ce film fantôme qui devait être « le plus grand film de l’histoire du cinéma » et changer à jamais la face du du 7ème art.

« Je voulais créer un prophète »
— Alejandro Jodorowsky

 

Au milieu des années 70, Alejandro Jodorowsky réussit à convaincre le producteur de cinéma Michel Seydoux d’adapter au cinéma l’œuvre littéraire de Frank Herbert.

Dans Jodorowsky’s Dune, à  travers témoignages, anecdotes et ce qu’il reste du travail préparatoire d’un film qui ne verra jamais le jour, Frank Pavich nous replonge dans le long périple accompli par Alejandro Jodorowky pour réaliser un film visionnaire pendant les années LSD où le cinéma semblait encore capable de changer le monde et « ouvrir les esprits ! »

Ainsi, après avoir finaliser son scénario, Jodorowsky va se mettre en quête des « guerriers » de son film.

Jodorowsky’s Dune :
Les guerriers d’Alejandro Jodorowky

 

Le premier de ces guerriers ne sera autre que le dessinateur français de bande dessinées Jean Giraud, alias Moebius, qui n’a pas encore de carrière cinématographique mais que Jodorowsky a découvert via la série de bande dessinée de western Blueberry. Utilisé par Jodorowsky « comme une caméra », Giraud va storyboarder tout le film. On découvre d’ailleurs au fur et à mesure du documentaire Jodorowsky’s Dune des extraits animés de ce magnifique travail. Espérons qu’un jour une édition papier ou numérique de ce storyboard mythique d’un film fantôme verra un jour le jour…

C’est ensuite la rencontre avec l’un des pionniers des effets spéciaux visuels avec 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), Douglas Trumbull. Mais le trouvant trop vaniteux et technicien, Alejandro Jodorowky se tourne vers Dan O’Bannon dont il a découvert par hasard le travail sur Dark Star (1974) de John Carpenter. Dan O’Bannon sera le guerrier des effets spéciaux d’Alejandro Jodorowky.

Dans la continuité, un artiste et illustrateur de science-fiction britannique Chris Foss — connu alors pour ces illustrations remarqués de livres de science-fiction comme les couvertures du Cycle de Fondation (1942-1993) d’Isaac Asimov — racontera avec humour comment il s’est laissé convaincre de dessiner des vaisseaux spatiaux pour un Jodorowky dont il n’avait jamais vu les films.

Pour la mise en scène, Alejandro Jodorowsky voit très grand et imagine un plan-séquence en ouverture du film qui serait encore plus époustouflant que celui d’Orson Welles dans La Soif du Mal (1958). Jodorowsky envisage même d’utiliser une musique différente pour chaque planète et contacte dans ce but le groupe de rock britannique Pink Floyd et le groupe de jazz-rock français Magma qui acceptent de participer à l’aventure.

Le gourou Alejandro Jodorowsky

 

Côté casting, Alejandro Jodorowsky n’hésite pas et voit David Carradine en Leto Atréides, Salvador Dalí en Empereur Padishah Shaddam IV, Orson Welles en Baron Vladimir Harkonnen, Mick Jagger en Feyd-Rautha Harkonnen… et son propre fils, Brontis Jodorowsky en Paul Atréides ! Décrit comme une sorte de gourou tout au long de Jodorowsky’s Dune, le cinéaste chilien n’a pas hésité à confier son fils de 12 ans, Brontis, au français Jean-Pierre Vignaux pour qu’il s’entraîne 6 heures par jour, 7 jours sur 7 pendant 2 ans pour préparer son rôle.

Hélas, le travail acharné d’Alejandro Jodorowsky et de son équipe de guerriers n’aboutira jamais, les studios américains refusant de suivre le producteur Michel Seydoux car ils avaient peur de la personnalité du cinéaste chilien.

Reste aujourd’hui de cette histoire ce Jodorowsky’s Dune de Frank Pavich dont le sujet ainsi que la personnalité fascinante du chilien en font un documentaire vraiment passionnant.

 

 

 

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 16/03/2016
  • Distribution France : Nour films

 

Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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