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Sous-sols (2014) de Ulrich Seidl

sous-sols-afficheEntre Deauville et son festival du film américain, et Cabourg et son festival du film romantique, se trouve Houlgate. Chic station balnéaire normande, la ville propose également son festival : le Festival du film européen de Houlgate. Gros plan sur une de ces projections les plus surprenantes : Sous-sols (Im Keller) de Ulrich Seidl. 

 

Synopsis :

« C’est un film qui parle des gens et des caves, et de ce que les gens font dans leurs caves. C’est un film sur les obsessions. C’est un film sur une fanfare et les airs d’opéra, sur les meubles qui coûtent cher et les blagues désuètes, sur la sexualité et les salles de tir, sur la santé et le nazisme, sur les fouets et les poupées. »

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© Damned Films

Sûrement moins vendeur en temps de crise que les film américains ou romantiques, le Festival du film européen de Houlgate trouve sa force dans une programmation variée qui arrive à surprendre un public fidèle et curieux. Il est d’ailleurs toujours  étrange de voir des films qui ne correspondent pas du tout aux lieux dans lesquels ils sont projetés. Si vous allez voir l’adaptation d’une comédie romantique à Cabourg ou un classique hollywoodien à Deauville, vous aurez l’impression que le cinéma fait parti du charme de la ville. Mais se retrouver à voir Sous-sols d’Ulrich Seidl au cinéma de Houlgate, situé entre le casino, le mini-golf, le restaurant Le Royalty et la mer, il y a de quoi se sentir violemment projeté dans un autre monde.

C’est dans un moment comme celui-ci que je me dis que seul le cinéma a cette force de nous emmener loin, très loin de l’horizon que nous avons l’habitude d’observer.
    

Une visite guidée des caves autrichiennes…

      
Si pour la présentation, en avant-première à 20h30 au Festival du film européen de Houlgate, de Lolo de Julie Delpy, une comédie avec Dany Boon sur fond de thalasso à Biarritz, le public, sans grand étonnement, était présent, quelle surprise de voir, pour la séance suivante (à 23h), un très grand nombre de festivaliers (en majorité des retraités) se tenant prêts à regarder jusqu’à une heure du matin un documentaire autrichien joliment intitulé : Sous-sols.

Pourtant, l’affiche, toute aussi gaie, auraient pu décider les derniers hésitants à partir se coucher.

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© Damned Films

Voilà donc que le public noctambule de Houlgate, nombreux, curieux de ce qui peut se tourner dans d’autres pays que la France, assista à une visite guidée des caves de nos voisins autrichiens. Je ne parle pas des caves où sont entreposés machines à laver et vélos des enfants devenus trop grands, mais de celles qui restent d’habitude fermées tant ce qu’elles renferment est sordide.

On y trouve donc, entre autres, une cave vouée au culte de Hitler, décorée d’objets de collection du IIIe Reich, une autre transformée en salle de torture SM, une autre en salle de tir où l’on se prépare à riposter contre l’étranger, ou encore celle où une vieille femme descend tous les jours réveiller ses poupées en latex endormies dans des boîtes à chaussures…
            

Comment filmer ce qui n’est pas montrable ?

(en temps normal…)

       
Ulrich Seidl a fait le choix d’une mise en scène très orchestrée pour Sous-sols : les personnages sont délibérément placés dans l’espace, la symétrie est toujours parfaite, la lumière maîtrisée. Pas de commentaire, peu de découpage, pas de gros plans, le réalisateur cherche a conserver une certaine distance.

Pourtant, de ce calme formel, on ressent une vraie brutalité des images qui, du fait même de cette mise en scène dépouillée, ne cache rien, n’enjolive rien, ne semble pas même avoir de pudeur face à ces images. À plusieurs reprises, on aimerait se dire : ce n’est pas un documentaire, tout ceci est chorégraphié, ils jouent forcément !

Et pourtant il n’y a rien d’invraisemblable à l’image, le réalisateur nous montre qu’il n’est là que comme collecteur d’images réelles, répertoriant par tableaux successifs ces caves qu’il inventorie selon son cahier des charges de réalisateur : plans larges, personnes de face, etc.

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© Damned Films

     
Un éloge des fenêtres ouvertes

sur le monde extérieur ?

     
Sous-sols
est un film qui nous plonge dans des sous-sols bien sombres de l’être humain, des zones cachées que l’on préfèrerait parfois ne pas voir, mais qui existent pourtant à côté de la personne lambda qui descend à la cave pour faire son linge. Par ce panorama de névrosés condensé en 85mn, on peut toutefois regretter que le film nous laisse une vision exagérément glauque de nos amis autrichiens et de l’homme en général, une vision que l’on aimerait voir plus nuancée pour y croire vraiment.
    

      
En savoir plus :

  • date de sortie France : 30/09/15
Jeanne TL

Jeanne TL

Rédactrice

Toujours curieuse de découvrir un cinéma novateur et personnel, je m'intéresse aux premiers films surprenants, au cinéma d'ailleurs, aux films poèmes et à ces films en noir et blanc souvent oubliés.
De quoi réfléchir sur notre façon de vivre et de voir le monde !
Jeanne TL

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