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[CRITIQUE] “Lost River” (2014), somewhere over the rainbow

Lost River est le premier film réalisé par le comédien Ryan Gosling (Drive, The Place Beyond the Pines). Une première réussie ? Notre avis.

Synopsis :

Dans une ville qui se meurt, Billy (Christina Hendricks), mère célibataire de deux enfants, est entraînée peu à peu dans les bas-fonds d’un monde sombre et macabre, pendant que Bones (Iain De Caestecker), son fils aîné, découvre une route secrète menant à une cité engloutie. Billy et son fils devront aller jusqu’au bout pour que leur famille s’en sorte.

La fascinante ville de Détroit

 

Fascinante que cette ville de Detroit qui continue d’inspirer le cinéma indépendant américain. Après Jim Jarmusch (Only Lovers Left Alive) et Steve Feigenbaum (City of dreams), pour citer deux réalisateurs récents, c’est au tour de Ryan Gosling d’y planter sa caméra et d’y filmer son premier film.

Mais contrairement aux deux autres réalisateurs cités, Ryan Gosling ne se sert pas des ruelles fantomatiques et désertiques de la ville comme décor mais s’en sert plutôt comme source d’inspiration, comme point de départ à un imaginaire onirique et inquiétant.

Un conte fantastique et macabre

 

Lost River image 1
© D.R.

 

Lost River est un conte fantastique et macabre où une mère de famille et ses enfants s’accrochent désespérément à leur maison – cette figure du foyer protecteur mise à mal – dans un environnement déserté de ses habitants et de plus en plus hostile.

Si les figures du conte sont convoqués dans le film – jusque dans la musique et la musique lancinante Carousel composée par Johnny Jewel -, c’est que ce qui intéresse vraiment Ryan Gosling avec ce film,  c’est de croiser les souvenirs de son enfance (films fantastiques populaires des années 80) avec des images d’aujourd’hui, autour du thème universel d’un jeune couple adolescent en prise avec une malédiction jetée sur leur famille et leur ville.

 

 

Évidemment, il ne faut pas se leurrer : ce film aux multiples références et à la structure libre ne séduira pas tous les publics. Il s’agit du premier film de Ryan Gosling et comme tout novice à la réalisation, il n’est pas toujours évident de canaliser un univers personnel, foisonnant et chaotique.

Lost River :
Un film imparfait mais fascinant

 

Lost River image 2
© D.R.

 

Mais pour les plus aventureux, il y aura un plaisir évident à traverser ces contrées cinématographiques et fantasmagoriques, mises en images par le chef opérateur Benoît Debie (Enter the Void, Spring Breakers).

De même, il sera intéressant d’observer ce travail de suture au montage entre le réel de la ville de Détroit – très belles scènes tournées avec de vrais habitants – et le fictionnel de la ville de Lost River.

Côté acteurs, le film joue sur une dichotomie entre un jeu sobre pour les “gentils” – Christina Hendricks (la mère),  Iain De Caestecker (le fils aîné Bones), Saoirse Ronan (la voisine Rat), Reda Kateb (le chauffeur de taxi – acteur toujours aussi bon en VF et en VO ! -) et Eva Mendes (Cat, une des artistes du cabaret inspiré du Grand-Guignol) et un jeu plus exagéré et halluciné côté “méchants” – Ben Mendelsohn (Dave, le patron du cabaret) et Matt Smith (Bully, l’ennemi aux ciseaux de Bones), voire Barbara Steele (la grand-mère mutique de Rat) -.

Film imparfait mais fascinant, Lost River nous entraîne dans l’univers fantasmatique d’un Ryan Gosling réalisateur dont on attend avec impatience un prochain film, certes plus maîtrisé mais avec surtout cette même envie, “comme faire un film étudiant, expérimenter” (Ryan Gosling, cf. https://twitter.com/bullesdeculture/status/585118734756511744).

 

 

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Jean-Christophe Nurbel
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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