enfr
Informations

Critique & Interviews / « Maman a tort » (2018) : première adaptation en série d’un thriller de Michel Bussi

Dernière mise à jour : juin 7th, 2020 at 02:15

Le passionnant thème de la mémoire chez les enfants

Sur l’enfant et la parole de l’enfant, on est un peu les héritiers de Françoise Dolto. A un moment donné, c’était l’enfant tout puissant et puis il y a eu ces histoires que tout le monde connaît avec ces grosses enquêtes ouvertes sur des enfants qui disaient des choses et qui en fait n’étaient pas vraies. On en est revenu du statut de la parole de l’enfant. Et là, ce qui est beau, c’est qu’on revient à un comment on appréhende le monde et l’univers intérieur d’un enfant qui a moins de 5 ans.
— Samuel Theis

C’est donc toute cette partie sur la mémoire de l’enfant et de son développement qui fait tout le sel de la série Maman a tort et la course contre la montre qui en découle. Une idée inspirée à l’auteur Michel Bussi par le fait que sa fille de trois ans « oubliait les choses qu’elle avait faites quelques mois avant si on ne les lui rappelait pas. (…) Le thème de l’amnésie est souvent un thème de polar avec l’idée qu’on va se souvenir adulte de traumatismes enfouis dans son cerveau. Et le faire avec un enfant de moins de quatre ans, c’est intéressant avec ce côté boite noire où tout se joue dans les premières années mais on ne s’en rappelle absolument pas. Tout ce dont on se rappelle, c’est ce qu’on nous a dit, on dépend des autres. Et il y a aussi l’idée d’urgence, la mémoire d’un enfant va disparaitre et ça, c’est l’enjeu très fort du livre, de la série, cette urgence à découvrir parce tout va s’effacer ».

Donc dès le premier épisode, le concept de la série est posé lorsque le psychologue interprété par Samuel Theis, explique à la policière incarnée par Anne Charrier le fonctionnement de la mémoire d’un enfant. Cette dernière augmente avec l’âge, passant d’une mémoire d’une semaine pour un bébé de 3 mois à une mémoire de trois mois à l’âge de 18 mois. D’où la course contre la montre pour arriver à comprendre les cauchemars, les dessins et les peurs de cet enfant avant que tout ne disparaisse à jamais. Mais pourquoi la commandante Marianne (et nous téléspectateurs) devrait le croire ? « Au départ, Marianne ne peut enquêter sur rien si ce n’est la parole d’un enfant, nous ainsi expliqué Anne Charrier. Mais la parole d’un enfant, c’est compliqué s’il n’y a pas de faits concrets derrière. Elle a aussi des comptes à rendre à un juge pour expliquer le temps qu’elle passe sur une enquête. Et c’est pour ça que celle-ci va naître de façon un peu illicite, en dehors de son travail. Elle va aller entendre cet enfant mais plus sur de l’instinct et sur quelque chose qui résonne intiment en elle. Ce n’est pas le flic qui réagit mais la mère qu’elle n’est pas ».

Jean-Christophe Nurbel

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.