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Critique / « Deadpool » (2016) casse la méta-baraque !

Dernière mise à jour : janvier 11th, 2021 at 02:47

Deadpool: origins

Comme la majorité des nouvelles franchises de super-héros, Deadpool a le droit au traitement complet de l' »origin story », en nous présentant l’histoire de Wade Wilson, son quotidien de mercenaire, sa vie amoureuse, son cancer puis sa transformation en Deadpool et comment il obtint ses pouvoirs, son alias, son costume, ses ennemis, etc., etc.

Des ficelles déjà tellement usées qu’on n’échappe pas à la pesante sensation de déjà-vu. Pourtant, et heureusement, les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick (Zombieland) multiplient les efforts et profitent de la singularité de l’anti-héros irrévérencieux pour alléger au mieux cet exercice quasi obligatoire pour le genre.

Les scénaristes et le réalisateur font ainsi le choix judicieux de commencer le film avec l’authentique Deadpool et non pas avec Wade Wilson. De cette manière, l’impertinent anti-héros prend en main le récit et raconte avec joie sa propre histoire, en s’adressant directement à son auditoire complice.

Grâce à l’humour « méta » propre au mercenaire rebelle qui transgresse le 4ème mur à volonté, les flashback s’enchaînent de façon peu orthodoxe mais originale. Deadpool enfreint allègrement les règles de continuité temporelle, cassant ainsi selon lui quatre murs au carré, soit seize murs. Balèze.

Le film traîne donc le boulet du récit trop traditionnel des origines du héros, mais Deadpool sauve les murs… en les cassant.

Petit mais costaud

C’est à reculons que la Fox a donné son feu vert à Deadpool. C’est pourquoi elle ne va lui accorder qu’un « petit » budget, pas encore officiel mais estimé aux alentours des 50 millions de dollars. Une maigre somme pour un film de super-héros, quand on voit les moyens déboursés par le studio pour les autres franchises — 120 millions pour The Wolverine ou Fantastic Four et 200 millions pour X-Men: Days of Future Past.

Mais le réalisateur Tim Miller, expert en effets visuels et spéciaux, sait parfaitement donner à son petit film des allures de grand.

Remarqué pour son travail sur le générique du Millenium (cf. vidéo ci-dessus) de David Fincher — qui sponsorisera d’ailleurs Deadpool auprès des studios, tout comme James Cameron —, Tim Miller récidive avec la séquence d’ouverture de Deadpool. Il y fait preuve de tout son talent dans un plan séquence visuellement créatif et efficace, qui nous plonge instantanément dans le méta-univers comique du super-anti-héros.

Cependant, malgré les prouesses du réalisateur, des sacrifices budgétaires sont inévitables. Le cinéaste doit par exemple renoncer à deux personnages du scénario initial, Garrison Kane et Cannonball, leurs pouvoirs étant trop coûteux à mettre en images. De même, les scènes d’action de Deadpool, bien qu’irréprochables, sont nécessairement de moins grande envergure que celles des autres films Marvel.

Mais au final, ce côté un peu « cheap » et bras-cassé s’accordent parfaitement à l’univers de Deadpool. Ce dernier est déjà en soi une sorte d’outsider dans l’univers Marvel. Et ironiquement, le film l’est aussi au sein des productions de la Fox.  Les cinéastes prennent donc un malin plaisir (partagé) à jouer ouvertement sur les faiblesses du film à travers la répartie acérée de Deadpool.

Par exemple lorsqu’il débarque à la célèbre école du professeur Xavier, Deadpool ne manque pas de souligner qu’il est très étrange de ne croiser que deux X-Men — Colossus et Negasonic Teenage Warhead, les deux seuls X-Men de Deadpool — sur un si vaste campus. Puis de rajouter carrément qu’il doit s’agir d’un problème de budget. Une des nombreuses tirades improvisées par Ryan Reynolds qui profite du méta-Deadpool pour jouer de son insolente répartie.

Emilio M.

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