enfr
Accueil / CINEMA / ♥ [Interview] Matt Ross, réalisateur de « Captain Fantastic » (2016)
Matt Ross
© Emiien Moreau

♥ [Interview] Matt Ross, réalisateur de « Captain Fantastic » (2016)

Il y a plusieurs Amériques au sein des États-Unis

CAPTAIN-FANTASTIC_ROSS_PHOTO9
© Mars Films

Bulles de Culture : Il n’y a pas de véritables antagonistes dans Captain Fantastic. Il y a différents points de vue qui sont tous justifiés à leur manière. Était-ce difficile d’écrire cela sans être moralisateur ou sans les rendre mauvais ?

Matt Ross : Non, pas du tout. C’était intentionnel, et j’apprécie que vous ayez vu ça. C’était dans l’ADN du scénario car j’aime bien ça pour plusieurs raisons. D’abord, le film en est meilleur. Je préfère les films où les héros et les antagonistes n’ont pas qu’une seule dimension, lorsqu’ils sont plus complexes, comme dans la vraie vie. Quand on voit un personnage se comporter d’une façon puis d’une autre, c’est comme dans la vraie vie.

C’est aussi de la meilleure dramaturgie, parce que c’est surprenant. On pense comprendre un personnage et puis il se comporte de manière inattendue. C’est plus proche de la nature humaine, donc pour moi c’est du meilleur art. Et c’est ce que j’essaye de faire. C’était mon but dès l’écriture et j’espérais qu’au moment où l’on rencontre Jack [NDLR : le grand-père conservateur interprété par Frank Langella], le spectateur commence à questionner tout de Ben [NDLR : Viggo Mortensen, le père rebelle] qui était le héros pendant tout le début du film. Quand j’ai rencontré Franck Langella, je lui ai expliqué que son personnage est antagoniste vis-à-vis Ben mais que ce n’est pas l’antagoniste du film et il a adoré cette idée.

C’est pareil pour Kathryn Hahn et Steve Zahn, la sœur de Ben et son mari. Je leur ai dit que leurs personnages ne sont pas des clowns, qu’ils ne sont pas stupides. Ils sont peut-être un peu étroit d’esprit dans leur manière de voir le monde et comment ils jugent Ben. Mais on essaye de faire en sorte qu’ils aient une certaine authenticité. Ils ont tous les deux un boulot, ils n’essayent pas d’élever leurs enfants en monstres, ils font du mieux qu’il peuvent, elle-même le dit dans le film. Je pense qu’ils sont plus proches de la plupart d’entre nous. Et ça n’empêche pas qu’ils aient des bons goûts musicaux, ou autres. ils ne sont pas idiots.

Il y a plusieurs Amériques au sein des États-Unis et dans le film, on en illustre trois : l’Amérique rurale, l’Amérique banlieusarde (qui est la majorité) et l’Amérique aisée, celle qui vit près des cours de golf.. Et c’était toujours notre intention d’en faire un portrait humaniste, nuancé, intelligent, sans faire d’aucun d’entre eux des méchants. Ils sont tous un peu comme nous.

Emilio M.

Rédacteur / Editor chez Bulles de Culture
Passionné de films et de séries, made in USA et d’ailleurs…

TOP 3 Films récents : "The Revenant" (2015), "Sicario" (2015), "Boyhood" (2014)
TOP 3 Séries : "The Wire" (2002-2008), "The Office" (US) (2005-2013), "Louie" (2010-...)
Emilio M.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.