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« Jupiter : Le destin de l’Univers » (2015) d’Andy et Lana Wachowski

Lana Wachowski nous propulsent « far, far away » dans notre système solaire, sur la majestueuse Jupiter, nous rappelant à l’occasion l’humilité de notre petite planète bleue. Premier film tourné en 3D, Jupiter : Le destin de l’Univers (Jupiter Ascending) ravira les nostalgiques du look cyberpunk matrixien, tout en conviant les nouvelles générations de fans de guerres intergalactiques dans une épopée architecturale grandiose signée par les légendaires Wachowski. L’avis et la critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Jupiter Jones (Mila Kunis) est née sous une belle nuit étoilée. Promise à de grandes choses, la jeune immigrée travaille pourtant comme femme de ménage du matin au soir dans la ville de Chicago. Le jour où de mystérieux êtres malveillants la prennent pour cible, un certain Caine (Channing Tatum), mercenaire génétiquement modifié, surgit de nulle part monté sur ses rollers volants dans le but de la sauver…

Jupiter : Le destin de l’Univers : un spectacle d’inspiration gothique et néo-baroque

© Warner Bros.

Les visionnaires Andy et Lana Wachowski ont sans aucun doute contribué au renouvellement du cinéma de science-fiction, en saisissant dès la fin des années 90 les opportunités que les nouvelles technologies numériques avaient à proposer. Sans les prouesses passées de la trilogie Matrix, Jupiter : Le destin de l’Univers ne pourrait aujourd’hui nous offrir un spectacle d’une telle ampleur. Son imaginaire débordant, d’inspiration gothique et néo-baroque, s’appuie sur une production artistique extrêmement audacieuse, qu’elle soit fabriquée « on set » ou en post-production : le design des vaisseaux spatiaux, l’architecture des villes extraterrestres, de même que les costumes… sont visuellement à tomber. Cependant, frère et sœur Wachowski peinent à articuler les tensions entre petite histoire et grande histoire, relatives à la science-fiction : tandis que leurs personnages apparaissent comme esquissés, voire monochromes, les enjeux de l’intrigue s’imposent à nous de façon relativement confuse. Était-il possible d’être plus lisse — et imberbe — que ne l’était Neo, incarné par Keanu Reeves ? Et au bout du compte, qui de nous a vraiment compris Matrix dans son intégralité ?

Une disharmonie difficile à digérer

© Warner Bros.

Cette disharmonie difficile à digérer se retrouve dans Jupiter : Le destin de l’Univers, ne serait-ce que dans les dialogues : la romance entre Jupiter et Caine s’exprime sous une forme décidément simpliste (« I love dogs » !?), alors qu’un grand moment de l’histoire est censé se jouer sous nos yeux. Ce que tente de nous expliquer avec pédagogie — et à base d’abeilles — le personnage de Stinger (Sean Bean) au début du film. La cool girl, Jupiter Jones (Mila Kunis), en quête d’une vie tranquille et d’un boyfriend avec qui la partager, semble happée un peu malgré elle dans un imbroglio de destinée, soi-disant déjà décidée par la génétique. Réincarnation de la reine mère, elle serait donc la nouvelle aspirante au trône Abrasax, dynastie maîtresse d’un univers jusqu’ici déchiré par d’incessants complots et trahisons filiales. Les princes héritiers (Eddie Reydmane et Douglas Booth) sont vraiment très très méchants.

Mila Kunis et Channing Tatum : deux acteurs accomplis

© Warner Bros.

Le succès du film Jupiter : Le destin de l’Univers réside en fait dans l’alliance de deux acteurs en plein accomplissement et dont la plastique semble tout droit venir d’un autre monde. Comme l’indique l’actrice Mila Kunis dans une interview, Jupiter n’a rien d’une « damsel in distress » et porte sur ses frêles épaules rien moins qu’un space opera. C’est un peu la digne petite sœur de Princess Leia… en chemise de bûcheron. Découverte dans le registre de l’humour (That’ 70s Show), Mila Kunis, brune ténébreuse au physique de danseuse, explose en ange noir depuis Max Payne (2008), Le Livre d’Eli (2010) et Black Swan (2011), nous permettant d’envisager l’Apocalypse sous un angle séduisant. Quant à Channing Tatum, doté d’un profil plus que parfait, il peut autant s’éclater dans Magic Mike (2012) que brillamment composer dans Foxcatcher (2014), récemment acclamé à Cannes. Glamour jusqu’aux rollers.

En savoir plus :

  • Date de sortie France : 04/02/2015
  • Distribution France : Warner Bros. France

Gwenaëlle L.P.

Rédactrice / Editor chez Bulles de Culture
J'aime tous les cinémas, pourvu qu'ils me transportent et me fassent réfléchir.

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Gwenaëlle L.P.

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