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Les Petits meurtres d'Agatha Christie saison 2 - affiche

[Interview] Sophie Revil & Sylvie Simon (« Les Petits Meurtres d’Agatha Christie »)

Dernière mise à jour article : 29 juin 2019 à 14:31

« Garder l’équilibre polar/comédie »

Les Petits meurtres d'Agatha Christie saison 2 - image
© Thierry LANGRO / Escazal Films / FTV

Bulles de Culture : Vous êtes un peu une directrice littéraire dans votre travail avec les scénaristes sur la collection Les Petits Meurtres d’Agatha Christie ?

Sophie Revil : Le mot « showrunner » décrit très bien ce que je fais sur Les Petits Meurtres d’Agatha Christie. Avec Sylvie, c’est particulier. C’est elle qui a créé les personnages, c’est l’âme de la série. On discute ensemble une fois qu’on a choisi le roman. Elle me propose l’idée principale qu’elle a pour les personnages. Après elle part mais elle a besoin de ce ping pong, je lui fais des remarques.

Sylvie Simon : Oui, elle travaille sur les textes, et quand elle a quelque chose à dire, elle le dit. Mais quand il s’agit de défendre auprès de la chaîne, elle défend. Sophie n’est pas une productrice « passe-plat », il faut compter avec elle. Escazal Films [NDLR : la société de production de Sophie Revil] est une petite structure, ils sont 4 ou 5, mais ils font des choses d’envergure et de qualité.

Sophie Revil : Par contre, avec les autres scénaristes, c’est différent parce qu’ils n’ont pas sa maîtrise pour mélanger polar et comédie. Ils connaissent aussi moins bien les romans d’Agatha Christie.

Bulles de Culture : Qui choisit les épisodes ?

Sylvie Simon : J’ai une chance incroyable parce qu’elle me laisse carte blanche. Je lis les bouquins et en fonction de ce que je trouve, je propose et je dis : « Je vais faire celui là ». C’est très rare d’avoir cette liberté complète.

Sophie Revil : Les autres, c’est plutôt moi qui leur propose un roman et la discussion est plus longue sur les personnages. Ce sont des scénarios très compliqués à écrire. Ce sont des mille-feuilles avec l’étage du polar, l’étage de la comédie, l’étage de l’histoire de Laurence, l’étage de l’histoire de Marlène… Donc on arrive souvent avec 4-5 versions d’un séquencier et pareil pour une continuité dialoguée. Alors qu’avec Sylvie, on ne dépasse jamais 2 versions du séquencier.

Sylvie Simon : Un séquencier, je le fais en trois semaines – un mois, je détaille tout car je ne sais pas résumer et pour les dialogues, je demande six semaines, car même la petite réplique, il faut la penser. Surtout la comédie. L’émotion vient plus facilement que la comédie.

Pour le séquencier, il y a le retour de la production, puis cela va à France 2 qui intervient et qui nous laisse une grosse carte blanche. On passe ensuite aux dialogues, le texte passe au réalisateur qui a des questions par rapport aux décors, parce que moi j’écris mais je ne sais pas où l’on va tourner. On fait une lecture aussi avec les comédiens, et on fait des réajustements en fonction du tournage. Donc si tout se passe bien, en trois mois, on a un « prêt à tourner ». Après, il y a d’autres textes qui prennent plus de temps. Même sur les autres scénarios, je prends ce temps, je ne sais pas être en retard.

Bulles de Culture : Est-ce que la liberté va jusqu’au choix des arches, du feuilletonnant, de la sérialité de Les Petits Meurtres d’Agatha Christie ?

Sylvie Simon : C’est très difficile de faire du feuilletonnant, car il peut se passer plusieurs mois entre chaque diffusion de 4 épisodes. Donc, on a la liberté de le faire sauf que, naturellement, le feuilletonnant n’a pas trop sa place. On essaie d’être raccord. Par exemple, dans les prochains épisodes, Laurence tombe amoureux mais il n’y a pas vraiment de suite.

Pendant 3/4 épisodes, on explore des situations différentes, originales qui nous permettent d’explorer le personnage. Dans les 4 derniers épisodes, on est de plus en plus dans la comédie. Moins l’intrigue policière est dense, plus il y a de place pour la comédie policière, fatalement.

Bulles de Culture : Et du coup, vous avez une idée de comment vous évoluez les personnages ?

Sophie Revil : L’idée, c’est de garder l’équilibre polar/comédie. Il y a des choses dont on est sûr : Marlène et Laurence ne seront jamais ensemble. Avril et Laurence ne seront jamais ensemble. Avril et Marlène, pourquoi pas (rires). Au fil des épisodes, ils sont devenus une famille : Marlène, c’est la petite sœur de Laurence ; Avril, c’est sa fille. Et les deux filles sont comme deux sœurs. Ce serait presque incestueux de les faire coucher ensemble donc impossible à ce stade.

Après on a senti une lassitude sur le courrier du cœur donc on a fait devenir Alice reporter. Ce n’est pas une série feuilletonnante. Ils se passent beaucoup de choses pour eux mais cela doit rester dans le même cadre de vie. Par exemple, on a décidé que pour la première fois, Laurence allait tomber amoureux donc il y aura trois épisodes avec la médecin légiste (Natacha Lindinger). Cela va permettre de nourrir le personnage de Laurence, lui offrir de bonnes scènes liées à l’intrigue.

Jean-Christophe Nurbel
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