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La Soif de vivre Elena Pearl Hassan et Lorenzo Gabriele image 2
© Stéphane CAMI / FLACH FILM PRODUCTION / FTV

Critique & Interview / « La Soif de vivre » (2016) : l’alcoolisme, un combat permanent

Dernière mise à jour article : 20 mars 2020 à 23:31

Un casting réussi pour des personnages forts

Côté casting, le couple qui bat de l’aile formé par Claire Keim (Zodiaque, Respire) et Grégory Montel fonctionne. L’actrice — qui a aussi composé et interprété pour le téléfilm La Soif de vivre le thème musical de la plage — est même troublante dans le rôle de cette mère en plein déni et si dépendante qu’elle en oublie dangereusement de s’occuper de ses enfants. « Quand j’étais chez les Alcooliques Anonymes, il y a une femme avec laquelle j’ai parlé à l’issue d’une réunion qui m’a beaucoup touché, nous a raconté la coscénariste Elena Pearl Hassan. Aujourd’hui, elle est guérie, elle a remplacée son addiction par le sport mais elle m’a dit que c’était très difficile pour elle parce qu’elle a tenté pendant très longtemps de cacher son addiction à l’alcool parce que son mari voyageait beaucoup. Et parfois, elle ne savait même pas si elle avait donné à manger à son bébé. Çà, ça a été l’élément déclencheur pour construire le personnage : d’être une mère et ne pas pouvoir s’occuper de son enfant, je trouve ça terrible. J’avais aussi envie de moments où elle est heureuse, qu’on est de l’empathie pour elle car j’aimais cette personne. Mais ces gens sont tellement enfermés dans une dépendance qu’ils n’arrivent pas à contrôler. J’ai essayé de ne pas la juger en tout cas ».

L’autre parent de cette famille est donc le personnage qui a le visage et la voix gentils de l’acteur Grégory Montel. Ce n’est ni un mauvais père ni un mauvais mari mais juste un homme impuissant face à une situation nouvelle où son travail l’accapare de plus en plus tandis que sa vie de famille part en vrille. « Comment fait-on quand on est pris par le quotidien, qu’on a des contraintes et qu’il n’y a qu’un salaire pour toute la famille ? nous a demandé Elena Pearl Hassan. L’équilibre de la famille repose sur le père et c’est compliqué quand il n’y qu’un des deux qui est responsable. Il fait du mieux qu’il peut, il aime sa femme. Et c’est la raison pour laquelle il ne la quitte pas, il l’aime vraiment… malgré la voisine ».

Enfin, l’autre réussite du casting de La Soif de vivre est Hélie Thonnat (Je suis coupable) qui joue le fils Thomas. Le jeune acteur est d’une surprenante maturité. Il a d’ailleurs de nombreuses scènes fortes avec Claire Keim comme cette séquence dans un supermarché où Thomas tente de reprendre à sa mère une bouteille de vodka et surtout ce moment très fort où le rôle parent/enfant s’inverse quand pour faire croire que tout va bien à son père de retour au domicile, il lave sa mère, fait son lit, l’aide à choisir une robe, la coiffe etc.. « Est-ce qu’on peut aider ou non quelqu’un qui est dépendante comme ça, qui est complètement fermée dans sa dépendance ? s’est interrogée Elena Pearl Hassan. C’est ça qui m’intéressait, la démarche d’essayer de comprendre et de saisir qu’on ne peut pas forcément comprendre mais qu’on peut malgré tout essayer d’aider ».

Jean-Christophe Nurbel
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