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Simone Veil, la loi d'une femme de Caroline Huppert image documentaire
© Kuiv Productions

Critique / « Simone Veil, la loi d’une femme » (2007) de Caroline Huppert

Dernière mise à jour article : 1 mai 2020 à 13:42

Pour le quatrième vendredi de son cycle Nous les femmes, la chaîne Histoire TV propose la rediffusion du documentaire de Caroline Huppert : Simone Veil, la loi d’une femme. Un documentaire intemporel et toujours aussi essentiel. L’avis et la critique de Bulles de Culture.

Synopsis :

Simone Veil, c’est celle qui a donné son nom à une loi, celle qui définit et encadre un avortement devenu légal. Mais c’est aussi une femme au destin exceptionnel qui l’emmène des camps de concentration aux rangs du Parlement européen. Quelle empreinte Simone Veil a-t-elle laissée ? C’est la question que pose le documentaire de Caroline Huppert, Simone Veil, la loi d’une femme.

Simone Veil, la loi d’une femme : retour sur une loi qui a frappé les esprits

Simone Veil, la loi d'une femme de Caroline Huppert image documentaire
© Kuiv Productions

Construit sur un aller-retour entre un entretien, des images d’archives et des commentaires d’analyse, le documentaire de Caroline Huppert s’ouvre sur la loi que l’on associe le plus mécaniquement à Simone Veil, celle qui porte son nom et qui a conduit à la légalisation de l’avortement.

Ce qui frappe d’emblée dans Simone Veil, la loi d’une femme, c’est la modestie dont fait preuve Simone Veil au moment de l’entretien quand elle revient sur cette loi. Remettant l’établissement et le vote de sa loi en perspective, elle valorise avant tout la loi Neuwirth qui a permis — non sans débats houleux — à la légalisation de la contraception. L’un des axes principaux du documentaire se tient là d’ailleurs, dans cette simplicité et cette modestie déconcertante.

L’analyse de Simone Veil est claire : ce qui a provoqué le rejet, chez les parlementaires du moins, de la loi Neuwirth et de la sienne, c’est la liberté, l’émancipation que les femmes gagnaient en acquérant la maternité comme un choix et non plus comme un devoir, une fatalité. Et voici un autre axe important du documentaire : des analyses distanciées de la vie politique et des mouvements qui l’animent faites par l’ancienne femme d’Etat.

Une empreinte politique réelle

Ce que Simone Veil, la loi d’une femme explore encore, c’est le sillage politique que dessine Simone Veil en dehors ou à côté de la loi qu’on lui associe. On découvre ainsi un parcours engagé et engageant que l’on connaît moins concernant cette grande dame. Des études de droit dans lesquelles elle s’engage pour « s’occuper l’esprit » à sa brillante réussite au concours de la magistrature, de son travail dans l’administration pénitentiaire au rapatriement en France qu’elle obtient pour les militantes du FLN afin de leur éviter les mauvais traitements et/ou les viols, de son engagement pour la mémoire et le témoignage à sa participation à la réconciliation franco-allemande, de son engagement dans la politique française au siège qu’elle occupe de présidente du Parlement européen, elle épate.

Caroline Huppert rend un formidable hommage à toutes les facettes de son engagement, et il est fascinant, impressionnant et essentiel de les découvrir et de s’en souvenir. Pour que cette militante d’une Europe de l’humanité, de la responsabilité et de la démocratie ne soit pas perdue de vue.

Un parcours mémoriel

Caroline Huppert fait aussi entendre le témoignage de Simone Veil sur son vécu de déportée et de survivante. Ce récit, dont la Shoah est le cœur, est là encore bouleversant de pudeur et de sincérité. Et la douleur ne l’emporte que de peu sur l’analyse qu’en fait la narratrice elle-même. La réalisatrice fait d’ailleurs le choix d’entremêler ce récit historique avec le parcours personnel et politique de Simone Veil, afin de rendre sensible les échos et les répercussions de ce vécu dans les choix de celle-ci.

Une figure émerge enfin du fil de la narration, c’est celle de la mère de Simone Veil, Yvonne Jacob. L’amour d’une fille pour une mère entre alors en résonance avec le recul de la féministe de coeur qu’elle est. On comprend alors que les études qu’elle a entrepris lui sont dédiées et que l’engagement qui la propulse au premier plan ne lui est pas étranger.

Simone Veil, la loi d’une femme dresse ainsi le portrait d’une femme époustouflante qui, après avoir vu l’horreur et lui avoir survécu, a su se redresser et construire, pour elle, pour son pays et pour un continent un engagement humaniste qui comprenne à la fois souvenir et résilience, mémoire et réconciliation, espoir et responsabilité. Un documentaire essentiel aujourd’hui encore, ou plutôt aujourd’hui avant tout.

En savoir plus :

  • Simone Veil, la loi d’une femme est diffusé sur Histoire TV le vendredi 24 avril 2020 à 20h40, puis le samedi 25 avril 2020 à 10h40, le vendredi 1er mai 2020 à 22h15, le jeudi 7 mai 2020 à 12h15, le mardi 12 mai 2020 à 11h45. Le documentaire est également disponible en replay
  • Durée du documentaire : 53 minutes
Morgane P.

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