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Les Misérables d'Andrew Davies affiche StarzPlay série télé

Critique / « Les Misérables » (2018) d’Andrew Davies

Les Misérables, le chef-d’œuvre de Victor Hugo publié en 1862, a fait l’objet d’une nouvelle adaptation en six épisodes de la BBC, avec Dominic West dans le rôle de Jean Valjean et Ellie Bamber dans celui de Cosette. L’avis et la critique série de Bulles de Culture sur cette mini-série présentée en avant-première au festival de Séries Mania en 2019 et diffusée en intégralité depuis le 26 mars 2020 sur STARZPLAY. 

Synopsis :

Situé dans la France du XIXe siècle, Les Misérables suit Jean Valjean (Dominic West de Sur écoute, Tomb Raider), qui a passé 19 années en prison pour avoir volé une miche de pain, et en est sorti brisé. Sous une nouvelle identité, il se consacre alors à aider les plus pauvres et s’occupe de l’orpheline Cosette (Ellie Bamber d’Orgueil et Préjugés et Zombies, Nocturnal Animals). Mais il ne peut échapper bien longtemps à son passé… Lorsque son ennemi juré, l’inspecteur Javert (David Oyelowo d’Interstellar, Selma, Jack Reacher), vient à nouveau le tourmenter, un jeu du chat et de la souris débute… Mais il ne peut y avoir qu’un seul gagnant. Le casting est complété de Lily Collins (Tolkien), Josh O’Connor (La folle aventure des Durrell) et Olivia Colman, lauréate d’un Oscar (La Favorite, Fleabag).

Les Misérables : une nouvelle adaptation d’un grand classique par la BBC

Les Misérables d'Andrew Davies image série télé
© BBC

La BBC a pris l’habitude de nous proposer des mini-séries adaptées des grands classiques de la littérature. Nous avions ainsi pu (re)découvrir à l’écran ces derniers temps A Christmas Carol de Charles Dickens ou The Pale Horse d’Agatha Christie. Andrew Davies, qui signe cette nouvelle adaptation des Misérables, a justement construit sa renommée autour de ces adaptations d’envergure : Orgueils et Préjugés (la mini-série de 1995 avec Colin Firth est elle-même devenue un classique), Raison et Sentiments (2008) et plus récemment, Guerre et Paix (2016). On retrouve cette proximité avec l’œuvre originale dans Les Misérables, qui garde l’essence des personnages et de leurs parcours tout en condensant le récit de plus de 2 000 pages en six épisodes. 

Le tournage a principalement eu lieu en extérieur, en particulier en Belgique (Bruxelles, Namur, Château d’Enghien) et à Sedan en France pour les scènes parisiennes. La reconstruction du XIXe siècle est une réussite et parvient à nous plonger dans la France du bas de ces années-là, avec sa misère insoutenable et sa révolte qui gronde. John Murphy signe la musique originale, lancinante et mélancolique, qui accompagne à merveille les malheurs des personnages.

Si Les Misérables ne perd pas de vue la force des personnages de Victor Hugo et réussit à nous emmener dans la descente aux enfers des plus pauvres, les six épisodes sont inégaux et oscillent entre moments d’intense émotion (le destin de Fantine — mis en lumière par une poignante Lily Collins — ou la rencontre entre Jean Valjean et l’évêque de Digne — magistral Derek Jacobi) et quelques longueurs. La scène d’ouverture, qui nous plonge dans un champ de bataille enfumé de Waterloo transformé en cimetière, préfigurait une réalisation un peu plus inspirée qui manque finalement d’inventivité. 

Une mini-série inégale

Les Misérables d'Andrew Davies image série télé
© BBC

La mini-série Les Misérables prend pour perspective la rédemption de Jean Valjean, d’ancien forçat à bienfaiteur, qui est portée avec justesse par Dominic West. Les scènes où nous le voyons en proie avec ses anciens démons, s’efforçant de faire preuve de charité quand la société ne cesse de le rappeler à sa condition, sont parmi les plus réussies.

On y retrouve les passages emblématiques du roman : la rencontre entre Jean Valjean et l’évêque de Digne, la rencontre avec Cosette, l’affrontement avec l’inspecteur Javert, la mort de Gavroche (Reece Yates) sur les barricades. C’est parfois un peu scolaire et nous restons souvent à la surface de l’intrigue, manquant alors l’intensité du roman original. L’affrontement entre Jean Valjean et l’inspecteur Javert, fil rouge de l’histoire, déçoit le plus et nous peinons à croire en l’obsession de l’inspecteur pour l’ancien détenu. Le choix d’alterner des dialogues en français et en anglais est également assez déroutant.

Lorsque l’on approche au cours des épisodes de la révolte qui gronde au sein du peuple, nous arrivons à la partie la plus intéressante de la série : l’exploration des bas-fonds du Paris de l’époque. Les barricades s’érigent et l’affrontement se prépare entre forces de l’ordre et défenseurs de la République. La lutte à armes inégales est appuyée par une mise en scène des barricades énergique et au plus près des personnages — dont Gavroche, le petit gamin des rues qui apparaît par intermittences jusqu’à sa chanson funeste (« C’est la faute à Voltaire… »).

La mini-série de la BBC ne révolutionne donc pas les adaptations du roman de Victor Hugo, mais constitue l’occasion de se révolter une nouvelle fois face à la cruauté de la société vis-à-vis des plus pauvres — et pourquoi pas de donner envie de se replonger dans ce chef-d’œuvre. 

En savoir plus  :

  • Les Misérables est disponible en streaming en intégralité sur STARZPLAY depuis le 26 mars 2020
Cécile G.

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