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Critique / « La Vie Scolaire » (2019) de Mehdi Idir et Grand Corps Malade

La Vie Scolaire de Mehdi Idi et Grand Corps Malade sort sur les écrans de cinéma le 28 août 2019. Ce long métrage met en lumière le travail de la « vie scolaire » (conseillers d’éducation et surveillants) dans un collège difficile de la Seine-Saint-Denis. La critique et l’avis film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Une année au cœur de l’école de la République, de la vie… et de la démerde ! Samia (Zita Hanrot), jeune CPE novice, débarque de son Ardèche natale dans un collège réputé difficile de la ville de Saint-Denis. Elle y découvre les problèmes récurrents de discipline, la réalité sociale pesant sur le quartier, mais aussi l’incroyable vitalité et l’humour, tant des élèves que de son équipe de surveillants. Parmi eux, il y a Moussa (Moussa Mansaly), le Grand du quartier, et Dylan (Alban Ivanov), le chambreur. Samia s’adapte et prend bientôt plaisir à canaliser la fougue des plus perturbateurs. Sa situation personnelle compliquée la rapproche naturellement de Yanis (Liam Pierron), ado vif et intelligent, dont elle a flairé le potentiel. Même si Yanis semble renoncer à toute ambition en se cachant derrière son insolence, Samia va investir toute son énergie à le détourner d’un échec scolaire annoncé et tenter de l’amener à se projeter dans un avenir meilleur…

La Vie Scolaire : une immersion déjà vue au sein d’un établissement difficile

La vie scolaire photo film avis Photo Soufiane Guerrab, Zita Hanrot
© Gaumont

Après la très belle chronique autobiographique Patients qui évoquait les durs moments du slameur français Grand Corps Malade passés à l’hôpital pour se remettre d’un grave accident, les deux réalisateurs proposent pour leur deuxième collaboration une totale fiction en milieu scolaire avec La Vie Scolaire. Bien au fait des difficultés sociales des jeunes de banlieue, Mehdi Idir et Grand Corps Malade traitent donc de l’enseignement à travers le prisme inédit d’une conseillère de vie scolaire, la fameuse CPE. Cette dernière a beaucoup d’ambitions pour les jeunes qu’elle encadre et s’investit pleinement dans son métier qu’elle voit véritablement comme une vocation. Moins percutant que leur précédent film, cette chronique collégienne est une immersion déjà vue au sein d’un établissement difficile. Là où la force de Patients était dans une vérité criante, La Vie Scolaire est fait toujours passion mais avec un côté autobiographique en moins.    

Cette seconde réalisation, entre Mauvaises Herbes (Kheiron) et Le Plus Beau Métier du Monde (Gérard Lauzier), est une peinture sociale de l’éducation d’aujourd’hui avec un message désormais récurrent : les talents sont aussi en cités. Le problème majeur de cette Vie Scolaire est que ces thématiques sont éparses et peu approfondies. Elles sont évoquées aussi rapidement que les élèves passant dans le bureau de cette super CPE. On aurait aimé en savoir plus sur le destin d’Issa, qui vole à la cantine parce que sa famille ne peut pas subvenir à ses besoins, ou sur les problématiques rencontrées par les professeurs n’arrivant pas à faire cours dans de bonnes conditions. Même la romance du film entre la CPE et le professeur de mathématique est édulcorée. 

Des acteurs de qualité

La Vie scolaire - Photo Liam Pierron critique avis film
© Gaumont

Ces maladresses sont cependant amoindries par des acteurs de qualité qui donnent du corps à leurs personnages. Zita Hanrot, dont les traits apparaitront prochainement dans Les Hirondelles de Kaboul (Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec), arrive à avoir un capital sympathie énorme. Son sourire dénote, tout comme sa simplicité qui réussit à faire adorer cette conseillère de choc. C’est exactement pareil pour le jeune Liam Perron, personnage principal perdu dans son orientation. Certaines scènes sont d’ailleurs construites pour montrer la relation sous-jacente qui existe entre leurs deux personnages avec une belle osmose entre les deux acteurs. Également au centre de l’intrigue, Soufiane Guerrab joue un professeur de maths, confident de la CPE, avec énormément de sincérité. Cette figure est extrêmement touchante. 

La réalisation est néanmoins faite à coup de grosses ficelles, pas toujours soignée. Les deux réalisateurs abusent d’exercices de style poussifs. Leur préféré : monter l’émotion en plein milieu d’une scène à coup de musiques fortes et de ralentis d’images. Pas de quoi faire de Mehdi Idir et Grand Corps Malade des maitres de l’émotion. Et pourtant, malgré tous ces défauts, on se prend à avoir une vue d’ensemble de La Vie Scolaire plutôt positive. Il y a certes moins de force que dans Patients mais il se dégage quand même dans cette deuxième réalisation une certaine positivité attachante. Le film ne résout rien, il n’est d’ailleurs même pas fait pour apporter un regard objectif sur les problèmes d’éducation dans les banlieues — malgré une scène finale qui tente un constat sur ce système éducatif —, mais il reste un feel good movie appréciable et récréatif. 

En savoir plus :

Antoine Corte

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