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© Tetra Media Fiction / La Pépinière

[INTERVIEW] Stephen Cafiero, réalisateur de la série « Irresponsable »

Dernière mise à jour article : 7 juin 2020 à 14:17

« Essayer à chaque fois d’amener
un petit plus à l’histoire »

 

Bulles de Culture : Revenons sur le générique de la série Irresponsable. C’est une animation conçue par Victor Haegelin. Comment s’est passé la conception de ce générique?

Stephen Cafiero : Moi, je viens du dessin à la base. Le premier travail que j’ai fait, c’est sur Illustrator. J’ai toujours aimé le dessin et j’ai déjà fait des génériques. J’ai travaillé les génériques de Les Dents de la Nuit, de Templeton et celui d’Irresponsable. Vu que j’étais directeur artistique et dessinateur, pour ces 3 génériques, je les ai à chaque fois travaillés précisément, en faisant des petits dessins, en trouvant un style, un graphisme. On en a un peu discuté avec Fred qui avait fait un petit générique dans le pilote mais je trouvais celui-ci trop compliqué. Je lui ai dit que ce serait bien de faire qu’un personnage, Julien, fasse des conneries avec toutes les typos. Comme il est responsable, il essaie de faire des trucs et ça ne fonctionne pas. J’ai commencé à écrire un petit scénario et j’en ai parlé à Victor qui est un ami. Il fait de l’animation image par image. Toute l’animation des personnages est en papier découpé, il a mis deux mois et demi à faire ça à trois. J’ai fait les fonds et le graphisme du personnage et après, il a animé.

Bulles de Culture : L’idée de ce générique était de présenter chacun des personnages…

Stephen Cafiero : Oui, il y a trois parties. La première partie, c’est Julien qui fait des conneries, qui est responsable et se casse. La deuxième partie, on présente les autres personnages. Julien tombe sur Marie, sur Théo et sur sa mère, on raconte les interactions. Et après, il y a toute la partie technique où on s’est martyrisé avec Fred et moi, où il prend feu et moi, je meurs.

En ce moment, je vois plein de génériques qui ressemblent à celui de True Detective mais il faut arrêter. Prenez un stylo, regardez des bouquins, inspirez-vous de choses. Les deux génériques de The Leftovers sont supers bien, ils sont travaillés. Je les trouve intéressant, le deuxième particulièrement. C’est comme des photos de famille où il manque un des personnages qui a disparu. Ça raconte l’histoire, c’est joli, c’est malin. Pour Templeton, j’avais fait un truc très graphique avec des tâches qui apparaissaient et qui faisaient des détours de chaque personnage.

Un générique, ça doit raconter quelque chose. Après on a le droit de ne pas aimer. Et je voulais aussi sortir du réalisme. Comme cette série est très réaliste, je trouvais intéressant d’avoir un générique qui ne soit pas fait avec des photos des personnages.

Moi, je viens de la pub et l’idée, c’est comment on conceptualise quelque chose jusqu’au bout. Le film, c’est le scénario, les comédiens et après toutes ces choses qui donnent la vie : la déco et tout le reste. Essayer à chaque fois d’amener un petit plus à l’histoire.

Comme pour les fringues : Julien est habillé en bleu, Jacques est habillé en orange, une couleur complémentaire. Ça ne se voit pas forcément mais ce n’est pas fait par hasard. Quand Julien va chez Marie et qu’il rencontre ses ex-beaux-parents, lui, il a un pull qui n’a rien à voir avec les autres, qui est tout plein de couleurs. De façon subtile, cela continue de travailler son décalage. Quand il mange au restaurant dans le premier épisode, il a un t-shirt avec un sushi avec deux cœurs. Personne ne le voit sauf moi mais il y a toujours ces petits détails-là et ce qui est intéressant, c’est qu’on a l’impression que c’est naturel.

De même, la caméra est avec eux mais on ne sent pas qu’elle est présente.

Bulles de Culture : Y-a-t’il eu des influences pour Irresponsable ?

Stephen Cafiero : Visuellement, j’aimais bien Eternal Sunshine of the Spotless Mind [NDLR : le film de Michel Gondry avec Jim Carrey et Kate Winslet], pas pour les effets spéciaux mais pour ce côté « naturel ». J’aimais bien aussi Shameless [NDLR : une série britannique créée par Paul Abbott] visuellement.

J’ai aussi beaucoup travaillé avec des photos de photographes que j’aime bien. Quand je travaille sur les images, je préfère plus travailler avec des photos pour les lumières, le cadre… Après j’en discute avec le chef opérateur. Par exemple, par rapport au temps de tournage court, on s’est dit qu’on allait tout éclairer de l’extérieur, par les fenêtres et avec très peu de lumière à l’intérieur, juste 2-3 lumières au plafond pour déboucher. En fait, ça reste assez naturel.

Et dans le ton, il n’y a pas beaucoup de séries françaises qui ressemblent à ça. Peut-être des films comme Diabolo Menthe [NDLR : un film de Diane Kurys] ou Les Beaux Gosses de Riad Sattouf.

Jean-Christophe Nurbel
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