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© Tetra Media Fiction / La Pépinière

[INTERVIEW] Frédéric Rosset, créateur de la série « Irresponsable »

« J’imaginais quelque chose de très BD,
jusque dans l’esthétique même de la série »

 

Bulles de Culture : Parlons de la réalisation de Irresponsable. Est-ce que vous vous considérez comme le showrunner de la série ?

Frédéric Rosset : Je ne suis pas showrunner parce qu’un showrunner est celui qui décide tout à toutes les étapes. Ce n’est pas mon rôle mais je n’étais pas non plus un simple auteur, c’est-à-dire une fois que j’ai remis ma copie, je n’existe plus et je n’ai plus qu’à croiser les doigts pour que ce que j’ai écrit sera un minimum respecter. Il y a vraiment un entre-deux chez Tetra Media avec un pôle à trois têtes : le producteur, le scénariste et le réalisateur. Toutes les décisions importantes à prendre sont faites à trois. Si par malheur, il y a un désaccord, le troisième tranche.

Après, chacun a son rôle bien défini. À l’écriture, on me laissait tranquille et on en parlait quand je rendais ma copie et s’il y avait des questions.

Avec Stephen [NDLR : Sephen Cafiero, le réalisateur de la série], on a fait la prépa ensemble, on a fait le casting ensemble, on a relu les scénarios ensemble pour préparer le terrain et être sûrs, arrivés au tournage, qu’on va dans la même direction. Surtout qu’on n’a que 23 jours de tournage, soit 2 jours par épisode. Mais une fois sur le tournage, Stephen est seul maître à bord et c’est extrêmement rare que je sois allé le voir pour lui dire : « Tu ne crois pas qu’il faudrait le faire autrement ? » Parce qu’on s’était mis d’accord avant. Et j’ai été impressionné de voir Stephen et son équipe réussir à tourner dans des conditions pareilles. Et c’est pour ça que l’on a pris Stephen, c’est parce qu’il en était capable. Il avait déjà fait une série OCS, Templeton.

Même au montage, il fallait aller vite. Du coup, le fonctionnement a été que Stephen allait aux charbons avec ses 2 monteurs et quand ils avaient une version convenable, ils nous l’envoyaient au producteur Antoine Szymalka et à moi. On en parlait ensuite avec Antoine pour faire un retour commun. Stephen le prenait en compte et retravaillait en fonction puis ensuite, on se revoyait tous ensemble et on travaillait à trois sur l’épisode avec l’idée que tout le monde était là pour le valider. C’était vraiment le moment où on était un monstre à trois têtes. Ce n’était pas le moment le plus facile mais ça a fonctionné.

Bulles de Culture : J’aimerais revenir sur le générique de la série car il n’est pas toujours mis en valeur dans les séries françaises. Là, c’est une animation conçue par Victor Haegelin avec le personnage de Julien toujours aussi nonchalant qui bouscule les cartons du générique. Il met d’ailleurs le feu à votre nom et met celui de Stephen Cafiero en cendres. Comment s’est passé la conception de ce générique ? Êtes-vous intervenu dessus ?

Frédéric Rosset : Moi, le seule chose que j’ai faite pour le générique, c’est de dire qu’il serait bien en animation. Pour moi, un bon générique, c’est un générique joli, cool et que tu aimes bien regarder plusieurs fois d’affilée. J’aime aussi les génériques qui racontent quelque chose et qui sont complètement dans la logique de ce que raconte la série. J’avais en tête le générique de la série The IT Crowd, comédie anglaise géniale, en animation mais avec une musique 8 bits et une esthétique de jeu vidéo qui est dans la logique de la série parce que cela parle de geeks.

Et aussi, comme je viens de la BD, j’imaginais quelque chose de très BD, jusque dans l’esthétique même de la série. Il y a même des gags très BD comme le seau qui tombe sur la tête qui donne l’impression d’être du Quick et Flupke [NDLR : Quick et Flupke est une série de bande dessinée créée par Hergé en 1935]. En même temps, j’aime l’aspect réel qui apparaît car le seau ne tombe pas comme dans un Quick et Flupke, il fracasse le crâne de la personne et d’un coup, retour à la réalité. Ça se joue aussi dans l’esthétique avec des couleurs très marquées et des personnages très identifiables par leurs habits : la doudoune orange de Jacques, le bonnet de Julien…

Jean-Christophe Nurbel
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