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Diamant Noir affiche

Critique / « Diamant noir » (2015) d’Arthur Harari

Dernière mise à jour article : 21 septembre 2020 à 12:52

Prix du Jury ex-æquo au Festival International du Film Policier de Beaune en 2016, Diamant noir d’Arthur Harari est un polar moderne qui nous plonge au cœur du milieu international des diamantaires. L’avis et la critique film de Bulles de Culture.

Synopsis :

Pier Ulmann (Niels Schneider) vivote à Paris, entre chantiers et larcins qu’il commet pour le compte de Rachid (Abdel Hafed Benotman), sa seule « famille ». Son histoire le rattrape le jour où son père est retrouvé mort dans la rue, après une longue déchéance. Bête noire d’une riche famille de diamantaires basée à Anvers, il ne lui laisse rien, à part l’histoire de son bannissement par les Ulmann et une soif amère de vengeance.  Sur l’invitation de son cousin Gabi (August Diehl), Pier se rend à Anvers pour rénover les bureaux de la prestigieuse firme Ulmann. La consigne de Rachid est simple : « Tu vas là-bas pour voir, et pour prendre ».  Mais un diamant a beaucoup de facettes…

Diamant noir : un thriller fascinant

Dès ces premières images, Diamant noir d’Arthur Harari s’affirme comme un thriller fascinant au milieu de ces tailleurs de pierres très précieuses. Très stylisé, le début du film commence par un générique décliné en lettres rouges (sang) sur fond noir puis par une scène à la lumière très contrasté et au son très présent (bruit d’un plateau pour la taille de pierres qui tourne).

Dans cette première scène, les deux frères Ulmann, Victor (Vassili Schneider) et Joseph (Gilles Le Roy), encore jeunes, sont concentrée sur la taille d’un diamant. Victor (le père de Pier) taille le diamant malgré la fatigue et la sueur qui perle sur son œil. Soudain, sa main est entraînée par le disque en acier du plateau et provoque un jet d’hémoglobines sur un Joseph impassible. Cette scène originelle et traumatique, comme irréelle, est LA scène qui va hanter Pier et instiller un désir de vengeance chez lui vis-à-vis de sa famille et de son oncle Joseph.

La suite de ce Diamant noir verra le retour de Pier après la mort de son père dans la riche famille Ulmann, à l’instigation de son cousin Gabi, le fils de Joseph (Hans-Peter Cloos). Cet aspect du film contraste avec le début car il propose une approche réaliste et documentaire avec une vraie  immersion dans le milieu des diamantaires. En effet, très vite et à sa grande surprise, Pier va peu à peu prendre goût à cet univers encore artisanal, au point de supplanter son cousin auprès de son oncle.

Et même si le film aura sa scène de hold-up comme tout polar qui se respecte, toute la tension du film et le suspense se joueront autour de cette pierre aux multiples facettes. Coincé alors entre deux pères adoptifs, l’inquiétant Rachid et l’oncle Joseph tant haï, Pier va peu à peu se révéler à lui-même.

Une réalisation soignée et un casting solide

Pour ce Diamant noir, Arthur Harari s’appuie sur un casting international solide avec une mention spéciale pour :

  • l’acteur franco-canadien Niels Schneider (Les Amours imaginaires) dans le rôle de ce fils perdu,
  • l’écrivain français Abdel Hafed Benotman dans le rôle du dangereux Rachid,
  • le danseur et musicien indien Raghunath Manet dans le rôle d’un riche  diamantaire indien.

Côté réalisation, l’image très travaillée du film s’appuie sur de nombreuses références cinéphiliques comme Alfred Hitchcock ou Brian De Palma. Le scénario par contre pêche un peu, notamment pour le personnage de Gabi qui perd un peu trop rapidement de sa superbe quand Pier prendra un peu trop sa place auprès de son père.

Notre avis ?

A l’image d’un Alain Guiraudie, qui s’invite maintenant en compétition officielle au Festival de Cannes, la qualité de ce premier film qu’est Diamant noir laisse présager un futur cinéaste très talentueux dont nous n’avons pas encore vu toutes les facettes.

À suivre…

En savoir plus :

  • Date de distribution France : 08/06/2016
  • Distribution France : Ad Vitam
Jean-Christophe Nurbel
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