enfr
Sur Bulles de Culture, art, cinéma, littérature, musique, spectacles, télévision... chaque jour, la culture sort de sa bulle.
Danza Contemporánea de Cuba par Miguel Iglesias Ferrer photo danse
© Adolfo Izquierdo

♥ Critique / « Danza Contemporánea de Cuba » : 3 tableaux pour voyager et réfléchir

Danza Contemporánea de Cuba propose trois tableaux de danse contemporaine distincts et dirigés par différents chorégraphes. Un spectacle impressionnant ! L’avis et la critique de Bulles de Culture sur ce spectacle de danse coup de cœur vu à l’Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône.

Synopsis :

Trois tableaux pour Danza Contemporánea de Cuba : Consagracion, une version danse contemporaine du Sacre du Printemps signée Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours ; Coil, une pièce qui traite de l’esclavage et de son aliénation du corps imaginée par Julio César Iglesia ; Matria Etnocentra, une pièce sur les parades militaires élaborée par Jorge Céspedes.

Danza Contemporánea de Cuba : un spectacle réellement impressionnant

Danza Contemporánea de Cuba par Miguel Iglesias Ferrer photo danse
© Adolfo Izquierdo

24 à 26 danseuses et danseurs sur scène. Rien que cela. D’emblée, ou très vite, Danza Contemporánea de Cuba impressionne par cela : des pièces chorégraphiques magistrales jouant des alternances entre des passages en duo, trio, quatuor et des passages qui rassemblent plus de vingt interprètes. Ces passages-là donnent une impression de foule, donnent le vertige aussi dans les coordinations et les dissociations qu’ils déploient.

Il en ressort une impression d’épopée et de geste grandiose. Les groupes se font et se défont. Les mouvements sont précis et les gestes expressifs. Les trois pièces dessinent de grands et beaux morceaux où la délicatesse rencontre la puissance et où l’infime rencontre l’immense. D’une pièce — la première — où les visages sont absents et où les corps singuliers deviennent les seuls repères aux deux autres jouant de différences manifestes, le ballet contemporain que nous découvrons laisse la part belle aux individualités.

On en prend plein la vue, certes, mais pas seulement, car on est touché-e, emporté-e, surpris-e et émerveillé-e. On en prend plein les sensations somme toute ! Les fresques que le spectacle dessine fascinent dans le kaléidoscope multi-culturel et multi-racial qu’elles offrent à voir. C’est un Cuba complexe, nuancé, fougueux et emporté que nous découvrons ainsi.

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Magnifique premier tableau de #DanzaContemporaneadeCuba pour #BdC à @espacedesarts 👏👏👏

Une publication partagée par Bulles de Culture (@bulles_de_culture) le

Des bribes d’Histoire

Ce que Danza Contemporánea de Cuba donne également à voir, ce sont les facettes d’un pays longtemps prisonnier d’un blocus politico-culturel. Avec Consagracion, c’est ainsi une foule sans visage qui se révèle. Seules différences, les carnations des peaux que les costumes — minimalistes — soulignent légèrement. Sans visages et avec un voile qui oscille sur les corps, même les différences de genre se gomment. Comme si le Sacre du Printemps épousait les contours d’une humanité en train de se recomposer. Comme si la rencontre entre Stravinsky et les danses afro-cubaines pouvait être le symbole de ce qui nous rassemble, de ce qui nous ressemble.

Avec Coil et Matria Etnocentra, c’est plus spécifiquement l’Histoire de Cuba qui entre en scène. Elle fait irruption avec la mémoire traumatique de l’esclavage, celle qui n’est pas sans lien avec le caractère pluri-ethnique de l’île. Coil met ainsi au devant de la scène la mémoire de ces déraciné-e-s, leurs usages, leurs rituels presque oubliés. La contrainte des corps fait paradoxalement naître une force certaine. Le chœur souffrant et révolté fait superbement face à cet usage barbare que les nations dites civilisées préfèrent oublier.

Mais les pages de l’Histoire qu’ouvre encore Danza Contemporánea de Cuba sont plus récentes encore. Car avec Matria Ethnocentra, c’est au cœur des années de dictature que nous plongeons. Costumes militarisés, rangers, étoile qui vient rappeler le symbole de la révolution. On se trouve alors plongé-e dans des parades, des scènes d’entraînement et de combat. Le tout est magistralement chorégraphié et donne l’impression qu’une fissure se crée — est-ce illusoire ? — et que l’ère Fidel Castro peut donner lieu à discussion. Le militarisme s’étiole alors au fil du tableau et donne lieu à l’expérience d’une fraternité unitaire traversée d’espérance.

On ne peut que vous conseiller en tout cas ce très beau spectacle, qui, par ses trois tableaux, nous fait voyager, réfléchir, et a fait sur nous très forte impression. C’est un spectacle coup de cœur de Bulles de Culture.

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Un deuxième tableau à couper le souffle avec #DanzaContemporaneadeCuba à l’@espacedesarts 😲👏😃

Une publication partagée par Bulles de Culture (@bulles_de_culture) le

En savoir plus :

Morgane P.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

You cannot copy content of this page