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Tout simplement noir affiche 2020 film

Critique / « Tout Simplement Noir » (2020) de Jean-Pascal Zadi et John Wax

Ce ne serait pas mentir que d’affirmer que Tout Simplement Noir est un des films français les plus attendus de l’année. Entre l’actualité brûlante et le casting fumant entraperçu dans la bande annonce, il y a comme une promesse de réponses, ou du moins de vrai divertissement. Mais est-ce vraiment ce que Jean-Pascal Zadi et John Wax voulaient faire ? La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

JP (Jean-Pascal Zadi), acteur raté de 40 ans , décide d’organiser la première marche de contestation noire en France. Mais ses rencontres, souvent burlesques, avec des personnalités influentes de la Communauté et le soutien intéressé de Fary, le font osciller entre envie d’être sur le devant de la scène et véritable engagement militant…

Tout simplement noir : tout simplement drôle

Tout simplement noir photo film Eric Judor
© 2020 GAUMONT – C8 FILMS

Oui, le film de Jean-Pascal Zadi et John Wax est tout simplement drôle ! Contrairement à d’autres films ces dernières années, tout n’est pas dans la bande annonce. Dans cette sorte de docu-fiction, les deux réalisateurs mettent peu de limites entre le réalisme et l’absurde, sans toutefois basculer dans le film de genre. C’est de la comédie,  mais on n’est pas chez les frères Farrelly. Notre anti-héros se retrouve souvent dans des situations tellement plausibles que lorsque le surréel intervient, il est assez subtilement dosé pour ne pas totalement virer. S’il arrive que le fait soit exagéré, le rythme est suffisamment soutenu pour qu’on n’ait pas le temps de s’en plaindre. Même en cas de gros patatras, sans vouloir dénigrer le genre, ce n’est pas Pattaya

Ainsi, quand JP et Fary s’enfuient en courant de chez une personnalité blacklistée, la fuite en elle-même est aussi absurde qu’inattendue. Le spectateur va rire grâce à l’effet de surprise, combiné à la réaction  des deux  protagonistes que l’on comprend totalement. On pense à la rencontre de Dave Chapelle et Chris Tucker, pas tout à fait au sommet de leur gloire, avec O.J. Simpson, comme raconté dans son spectacle The Age of Spin, par le créateur du Chappelle’s Show. Un gagnant de Grammy et d’Emmy, référence plutôt flatteuse, dont Jean-Pascal Zadi n’est pas prêt de se défaire. On ne peut que lui souhaiter que cela aille au delà du petit truc dans le physique qui les lie. 

Tout Simplement Fort

Tout simplement noir photo soprano film 2020
© 2020 GAUMONT – C8 FILMS

Jean-Pascal Zadi réussit à porter Tout simplement noir sans faiblir un instant, au point que cela en devienne troublant. Est-il vraiment important de savoir si le fait est autobiographique ? Toujours est-il que le personnage de JP, le gentil looser, qui passe de crâneur à gaffeur, on n’en connaît tous un. Mais c’est le grand moment de solitude, quand on s’aperçoit que les échasses sur lesquelles on élève ses convictions sont en carton, qui  fait la différence entre les « sympas », et les « bons ». Dans Tout Simplement Noir, que ce soit dans le choix du cadrage, le choix du dialogue et/ou de l’interprétation de ce moment d’émotion, Jean-Pascal Zadi ne s’en sort pas mal du tout. 

Il est évidemment très bien entouré. Pas besoin de les citer, il suffit de regarder la bande annonce, même si, pour le casting aussi, tout n’est pas dit. Une mention spéciale tout de même à Fary, qui est juste génial en second couteau, à la mimique près! 

Tout Simplement Vrai

Tout simplement noir photo film 2020
© 2020 GAUMONT – C8 FILMS

Il est indéniable que Tout Simplement Noir arrive dans un contexte particulier. Si Jean-Pascal Zadi et John Wax l’avaient prévu, qu’il nous prêtent leur boule de cristal parce qu’elle est infaillible. Impossible de ne pas penser, très cyniquement que l’actualité sert le film, quitte à diviser. Elle va attirer certains et, en énerver d’autres qui vont estimer que le sujet ne prête pas à rire, surtout en ce moment. Ce serait bien dommage car le film met le doigt sur des points essentiels tels que la crédibilité quand on essaie de délivrer un message. Il parle de la conviction réelle à porter celui-ci. Il présente aux travers des rencontres que fait JP, les différentes composantes de la communauté.

Certains penseront que c’est du déjà vu, d’autres comprendront que la nouveauté réside dans l’angle de vue. Et si parfois le rire ne peut qu’être intra-communautaire, très justement, une fois de plus, l’actualité nous rattrape, rappelant qu’il n’y a peut-être pas de mal à cela. C’est aussi ce que le film s’autorise. En soulignant l’opportunisme des uns (pourquoi ne pas en profiter après tout), le sectarisme des autres, il y a bien de la place pour se retrouver aussi, en ceux qui font vraiment des choses, ou encore, partager un rire qui ne peut être compris que par la communauté. Tous ensemble, mais tous différents. Finalement, ironiquement, ce que rappelle le film c’est bien qu’un individu ne peut pas être facilement défini par sa couleur de peau. On n’est pas, Tout Simplement Noir

En savoir plus :

Fanny N.

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