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IT'S A SIN - Saison 1 - Key Art
© Canal+

Critique / « It’s A Sin » (2021) de Russell T. Davies

Le showrunner Russell T. Davies frappe une nouvelle fois fort avec sa nouvelle série It’s A Sin, qui suit une bande d’amis confrontée au sida dans les années 1980 au Royaume-Uni. L’avis et la critique série de Bulles de Culture sur les cinq épisodes de cette mini-série diffusée depuis le lundi 22 mars 2021 sur Canal+ et en intégralité en streaming sur Canal+ Séries (mycanal).

Synopsis :

Ritchie (Olly Alexander), Roscoe (Omari Douglas) et Colin (Callum Scott Howells) débarquent à Londres en 1981. Les jeunes hommes vont commencer leur vie d’adulte avec un virus nouveau qui se propage dans la communauté gay. C’est l’histoire de leurs amis, de leurs amants et de leurs familles.

 

Russell T. Davies est connu pour être l’un des plus grands showrunners britanniques contemporains. Pionnier de la représentation des homosexuels à l’écran (notamment dans les séries cultes Queer as Folk, Cucumber ou Banana), il a contribué au renouveau de la série Doctor Who et proposé la fantastique dystopie Years and Years, également diffusée sur Canal+ l’année dernière.

Une maladie sans visage

IT'S A SIN - Saison 1 - Episode 1
© Canal+

Avec It’s A Sin, Russell T. Davies renoue avec son sujet de prédilection : la jeunesse homosexuelle confrontée à l’homophobie, ici dans l’arrière-plan des années 1980 à Londres sur fond d’épidémie de sida.

Trois jeunes hommes (Ritchie – Olly Alexander, Roscoe – Omari Douglas et Colin – Callum Scott Howells) arrivent à Londres à l’aube de leurs vingt ans. Ritchie souhaite y poursuivre ses études supérieures (d’abord en droit, puis des études de théâtre qu’il se décidera solennellement à annoncer à ses parents, dans une scène qui parodie les fameux « coming-out »). Roscoe a fuit sa famille, d’origine nigériane, qui voulait le renvoyer au pays à cause de sa « déviance ». Colin, propre sur lui, vient d’accepter un travail chez un tailleur.

Dès les premières minutes du premier épisode, nous rencontrons à toute vitesse, grâce à un montage énergique, ces trois personnages. Tout de suite, leur joie de vivre, leur sensibilité et leur humour nous font prendre d’affection pour eux. Ces trois personnages vont ensuite se lier d’amitié avec Jill (Lydia West) et former une coloc’ d’enfer dans un endroit qu’ils renomment le « Palais Rose », entre fêtes, réparties fusantes – et surtout, sexe.

De fête en fête, It’s a sin nous donne à voir l’énergie de cette jeunesse, sa liberté et son affranchissement des contraintes sociales. En creux, les deux premiers épisodes nous donnent à voir l’homophobie courante de ces années là, féroce et surtout violente. Après avoir découvert qu’il gardait des articles sur le sida, Colin se fait virer comme un malpropre par son boss, dans une séquence frappante où rien n’est dit (il n’y ai fait aucune mention directe de son homosexualité), mais où tout est sous-entendu.

IT'S A SIN - Saison 1 - Episode 1
© Canal+

Appuyée par une bande originale rétro (Call Me de Blondie ou Tainted Love de Soft Cell) et une musique originale composée par Murray Gold, qui avait signé la musique de Years and Years, on est entièrement plongés dans les amitiés et la liberté sexuelle de cette bande de jeunes.

Au même moment, un nouveau danger venu d’Amérique vient menacer les histoires d’un soir : une maladie sans nom, soumise aux rumeurs les plus folles (elle ne toucherait que les communautés dont le nom commence par un « H » : homosexuels, hémophiles et haïtiens…) et qui alimente l’homophobie ambiante.

La façon dont la série traite l’arrivée du sida est particulièrement intelligente : les personnages n’ont aucune information sur cette nouvelle maladie; la profession médicale ne veut pas en parler; les journaux la taisent. Terreur sans visage, Ritchie y voit une conspiration créée de toutes pièces pour discriminer les homosexuels. Jill quant à elle, va chercher à obtenir toutes les informations possibles sur cette maladie dont elle sent le danger pour ses amis. Au fur et à mesure, la menace se rapproche et met à mal l’insouciance des personnages. Le destin de Henry Coltrane, le mentor de Colin dans le magasin de tailleur (on reconnaîtra Neil Patrick Harris de How I Met Your Mother) fait figure de présage et met fin aux plaisirs insouciants.

It’s A Sin : une série poignante et pleine de vie

Portée par un casting impeccable, et des personnages aussi réalistes que touchants, It’s A Sin ne laisse pas indemne. Elle oscille entre des passages très drôles (la bande d’amis est pleine de réparties) et plus sensibles, à mesure que la menace de la maladie rejoint le cercle des amis. Le personnage de Jill, inspiré de faits réels, se démarque particulièrement: elle accompagne ses amis au cours des épreuves, et tente de les éclairer sur cette maladie qu’ils commencent par nier.

Loin de proposer une série macabre, Russell T. Davies nous offre une ode à la jeunesse, qui se rebelle, va à l’encontre des codes, et se bat.

En savoir plus :

  • It’s A Sin est diffusée sur Canal+ depuis le lundi 22 mars 2021.  La série intégrale est également diffusée en streaming et disponible en replay sur myCANAL.
Cécile G.

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