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Incendie Nocturne Michael Connely livre critique (2)

Critique / « Incendie nocturne » (2020) de Michael Connelly

Les lecteurs appréciant Michael Connelly sont  doublement satisfaits en 2020. Au printemps, ils ont pu lire Nuit sombre et sacrée  (édité aux Etats Unis en 2018). Et maintenant, depuis quelques jours, un autre nouveau roman  Incendie nocturne (édité aux Etats Unis en 2019) leur est proposé. Ils ont ainsi le plaisir de retrouver Harry Bosch, le célèbre inspecteur pourchassant le crime à Los Angeles. La critique et l’avis sur ce nouvel opus.  

Cet article vous est proposé par un rédacteur-invité, le chroniqueur Gilles M..

Synopsis :

Le point de départ des enquêtes d’Harry Bosch,  ce sont toujours des affaires irrésolues. C’était son métier au sein de la police de Los Angeles avant qu’il ne soit retraité. Dans ce roman, l’affaire lui arrive par la veuve du mentor de ses débuts dans le métier. Elle lui confie un livre de meurtre, la synthèse réalisée par les inspecteurs pour collecter et garder la trace  tous leurs documents d’investigation. Il s’agit ici d’une affaire vieille de 30 ans. Ce livre a été gardé par cet inspecteur depuis le moment de l’enquête,  chez lui,  en violation de toutes les règles. Pourquoi ? Et quel  est l’assassin de ce jeune homme abattu dans une rue mal famée de Los Angeles ? C’est  ce que Harry va s’efforcer de découvrir en souvenir de son viel ami.

La collaboration entre Renée Ballard et Harry Bosch s’intensifie

Les lecteurs de Michael Connelly ont déjà fait la connaissance de Renée Ballard, inspectrice solitaire et déterminée dans ses deux précédents récits. Renée est une jeune femme d’une trentaine d’années, métisse d’origine hawaïenne, qui vit dans son van avec un chien recueilli dans la rue. Elle pratique au bord de la mer  le paddle pour se ressourcer.

Tous les deux partagent une certaine marginalisation. Harry parce qu’il est à la retraite  de la police même si une collaboration avec la police de San Fernando lui laisse un insigne et une arme  et Renée parce qu’elle a été chassé injustement du service des enquêtes pour ne pas avoir cédé aux avances de son chef.

Ce sont tous les deux des solitaires, sans illusion sur l’humanité, sauvés du désespoir par des passions privées comme le paddle pour Renée et l’écoute du jazz pour Harry. Des héros pas très différents de leurs ancêtres du roman noir américain.

Ce qui les sort du désespoir,  c’est surtout leur goût intense pour l’investigation policière.

Celle-ci est d’autant plus difficile qu’elle est contrariée par leur absence de légitimité officielle pour conduire les enquêtes. Ils doivent non seulement rechercher des criminels mais trouver aussi comment établir des collaborations laborieuses avec la police en place, voire parfois leur mentir pour avancer.

Renée mène de son côté une enquête sur la mort dans un incendie nocturne d’un de ses voisins de nuit dormant sous une tente.  

Chacun travaille donc sur son enquête, et s’échange régulièrement des idées, des informations, des contacts. 

Incendie nocturne : Harry Bosch  vieillit

Harry, né dans les années 1950,  donne des signes de fatigue.

Il se déplace avec une canne en raison d’un genou défectueux mais  le lecteur apprend aussi qu’une leucémie lui a été diagnostiquée liée à la manipulation d’un matériau radioactif, le césium,  dans une enquête précédente.

Il flotte donc dans Incendie nocturne une ambiance légèrement crépusculaire. Harry apprécie d’autant plus chaque rencontre avec la jeune Renée. 

On peut imaginer que ce vieillissent correspond  aussi à celui de Michael Connelly et dans cette perspective, ils ont, de fait,  un destin lié !

Incendie nocturne : une plongée dans le mode de vie californien  

La plupart des romans policiers sont associés à un lieu, un paysage et leur lecture amène à s’imprégner d’un nouvel environnement.

Le vieillissant inspecteur Harry et son auteur Michael font penser au commissaire Montalbano et à son créateur Andrea Camilleri tous les quatre dans les mêmes tranches d’âge !

Mais Montalbano roule sur des petites routes siciliennes et prend plaisir à déguster des savoureux  mets italiens dans des restaurants de villages alors qu’Harry et Renée semblent obsédés par éviter les embouteillages aux heures de grande circulation sur les autoroutes de Los Angeles et se retrouvent dans des restaurants mexicains ou des « fast food » !

Chaque roman de Michael Connelly nous transposte dans la géographie de la méga cité. Les descriptions des paysages nourrissent le réalisme du livre.

Le lecteur avance pas à pas avec les deux enquêteurs, partage l’origine de leurs idées,  et se déplace avec eux dans les tribunaux, les commissariats ou pour interroger les suspects. Ceux-ci sont parfois dangereux. Au fil des pages, la tension monte.  

Il est difficile d’abandonner Incendie nocturne en cours de lecture et lorsqu’il est fini il ne reste plus qu’à espérer une nouvelle enquête rapidement pour guérir  le manque !

En savoir plus :

Bulles de Culture - Les rédacteur.rice.s invité.e.s

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