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Au Nom de la Terre affiche film critique avis

Critique / « Au nom de la terre » (2019) d’Édouard Bergeon

Dernière mise à jour article : 25 mai 2020 à 20:35

Au nom de la terre d’Édouard Bergeon est en salles de cinéma depuis le 25 septembre 2019. La critique et l’avis film de Bulles de Culture sur ce long métrage avec Guillaume Canet, Anthony Bajeon et Veerle Baetens. 

Synopsis :

Pierre (Guillaume Canet) a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire (Veerle Baetens), sa fiancée, et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Au nom de la terre : une confession forte en soutien au monde agricole oublié

Tout juste deux ans après le sacre de Petit Paysan (Hubert Charuel), le cinéma français tient à mettre en lumière encore une fois les problèmes du mode agricole avec Au nom de la terre. Édouard Bergeon le fait sous un angle plus personnel puisqu’il raconte ici l’histoire vraie de son père, broyé par le système et mort en 1999. Tout commence pourtant par une douce histoire filmée avec une lumière rétro et une scène d’introduction où Pierre, en moto, conduit à travers les champs pour rejoindre sa fiancée avant de lui faire l’amour passionnément. Mais cette belle histoire de départ va ensuite et rapidement être perturbée par un souci économique lié au rendement agricole, qui pousse l’agriculteur à tout donner pour son exploitation jusqu’à un point de rupture. 

La structure narrative du long-métrage suit d’ailleurs une construction pyramidale. Les difficultés autour de la ferme montent crescendo, en même temps que le mal-être du personnage principal. Puis, un évènement central survient au milieu du film et fait basculer dans la folie cet agriculteur investi. Le film adopte donc un rythme relativement lent et descriptif dans sa première partie avec une installation qui se fait en douceur pour bien planter les bases des différents conflits à venir. Au nom de la terre évoque en effet à la fois la souffrance d’un monde rural et le poids de la transmission car les exploitations sont souvent le fruit d’un héritage familial. Le coeur de l’intrigue prend enfin son envol quand Pierre déraille, obligeant la mère à porter à bout de bras sa famille affaiblie. Édouard Bergeon rend ainsi un bel hommage à cette femme exceptionnelle, qui n’a jamais baissé les bras devant l’adversité et un mari dépassé. 

Si Anthony Bajon (Tu mérites un amour) a obtenu le Valois du meilleur acteur au Festival du Film Francophone d’Angoulême pour le rôle du fils, c’est surtout au couple Guillaume Canet/Veerle Baetens (Alabama Monroe) que revient le mérite de mener le film jusqu’à une intensité folle. Plus qu’une histoire personnelle, Au nom de la terre est une confession forte en soutien au monde agricole oublié.

En savoir plus :

Antoine Corte

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