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© Disney+

Critique / « Black is King » (2020) de Beyoncé sur Disney+

Le 31 août, atterrissait sur la plateforme Disney+, un des événements les plus attendus de la planète musicale, le nouvel album visuel de Beyoncé. Et comme tout événement de cette envergure, à l’heure où tout le monde, bien à l’abri derrière son écran donne son avis, il n’est pas sans soulever des débats. Alors, faut-il ou pas regarder Black is King ? La critique et l’avis de Bulles de Culture

Synopsis :

Beyoncé crée un album visuel inspiré du Roi Lion pour aider les jeunes rois et reines d’aujourd’hui à trouver leur couronne. Dans cet hommage au grand voyage des familles noires à travers l’histoire, un jeune roi vit une aventure qui lui fera découvrir la trahison, l’amour et son identité.

Black is King : Féerie Modeuse & Aventure Musicale

Il n’ y a pas à dire, d’un point de vue esthétique, Beyoncé avec son côté Première de la classe, a bien fait ses devoirs avec Black is King. Les visuels sont léchés: plans, couleurs, lumière, tout est vraiment beau, à l’image de l’univers Disney. Beyoncé livre sa vision du monde, après une année clairement remplie de production et…des heures de confections !

Car il y a la mode, la mode, la mode ! Sous la houlette de Zerina Akers, sa styliste également fondatrice de la plateforme de e-commerce Black Owned Everything, les institutions sont bien présentes, mais l’interprète de Single Ladies donne la part belle à des créateurs africains qui ne pouvaient rêver meilleure vitrine ; Loza Maléombho, Adama Paris, Tongoro, Lafalise Dion vont sûrement voir un pic dans l’intérêt que le public va porter à leurs créations. Tout cela dans le style exubérant qui a toujours été le sien, et rythmé par des sonorités afro. 

La planète pop s’est depuis quelques temps déjà teintée de sonorités africaines. De One Dance de Drake à Sorry de Justin Bieber, en passant par la tornade Djadja de Aya Nakamura, la touche afrobeat est souvent synonyme de hits. Et si elle avait déjà fait une approche sur des chansons comme Grown Woman ou End of time, l’aventure du Roi Lion lui a inspiré l’idée d’y (ou donné le prétexte pour) plonger à son tour. Elle est allée chercher à la source du talent, invitant les jeunes stars qui n’en finissent pas de monter (Salatiel, Wizkid, Burna Boy, Tiwa Savage, Shatta Wale,…) mais aussi des moins jeune comme la malienne Oumou Sangaré. 

Prise de conscience vs Coup Marketing ?

Depuis ses débuts, Beyoncé fait face aux critiques. Rumeurs et/ou faits avérés, des chaises musicales de Destiny Child à son ascension en solo, beaucoup ne voient que les manipulations, tout d’abord de son père, puis de son mari derrière son succès. Elle serait la moins talentueuse, ne serait pas la plus grande danseuse, aurait la moins jolie voix, serait la moins jolie tout court, juste un « produit » qui allait mieux passer pour atteindre le plus large public. La même histoire , « Déjà vu« ,qui se répète inlassablement dans les groupes, le syndrome Diana Ross.

Un manque de crédibilité musicale qui la poursuit et ferait douter de la sincérité de son intérêt dans beaucoup de choses qu’elle entreprend. Aussi, quand elle crée l’événement au Superbowl de 2016 en empruntant l’imagerie Black Panthers, cela coïncide un peu trop, au goût de certains, avec un réveil afro-américain qui pointe son nez. Tout comme son titre Who runs the world, en pleine montée féministe, quelques années avant. 

L’album Lion King: The Gift et son illustration visuelle, ne font donc pas exception à la règle. En plein mouvement « Black lives Matters », elle ose,( Sacrilège!), prétendre nourrir l’imaginaire des jeunes noirs, leur offrir une représentation dans une institution capitaliste comme Disney ! Récupération, appropriation, représentation trop clichée de l’Afrique, autant de reproches qui lui sont faits par rapport à ce film musical. Il faut ajouter à cela la dimension démoniaque, blasphématoire qu’on croit voir dans Black is King. Car, il ne faut pas oublier, qu’en plus de ses nombreux défauts, elle est aussi une sorcière, prêtresse de l’ordre des Illuminati ! Vade Retro Satanas !

And the winner is…

Les Beyhive!  ET Disney+ qui, grâce à ces fans, les plus redoutables de la planète pop, se transformant en abeilles tueuses quand on l’attaque (Beware of the Beyhive!), a dû connaître un pic d’abonnements à l’annonce de l’arrivée de Black is King. La nouvelle plateforme reproduit ainsi le hold-up déjà perpétré par Netflix pour la diffusion de Homecoming, film retraçant le parcours qui a mené à son concert événement à Coachella. Encore une preuve que, Beyoncé est un produit très porteur, une garantie de retour sur investissement.

Que ce soit devant un écran ou dans les stades qu’elle remplit dans le monde entier, seule ou avec sa moitié, on ne peut donc pas le nier, Beyoncé attire les foules, inconnus et célébrités. Alors même que ses ventes d’albums ne sont plus celles du début de sa carrière, elle réussit à « casser internet », à la sortie de chaque projet visuel. À rappeler quand même que le dernier artiste capable de provoquer cette frénésie était le désormais vilipendé Michael Jackson, avec qui elle partage aussi un statut de bête de scène incontesté. 

En attendant les attaques de plagiat et autres scandales qui en découleront, avec  Black is King, les Beyhive exulteront, les modeux se délecteront. Certains se réjouiront de voir les sonorités africaines portées aussi haut, y verront une continuité de l’effet Black Panther, d’autres s’étoufferont d’indignation ! Véritable conscience politique ou pas, Beyoncé semble s’être fixée l’objectif de rester dans les mémoires (By any means necessary), s’en donne les moyens et continue son chemin, engrangeant au passage beaucoup de Benjamins ! Rappelons quand même que certains qui font en ce moment l’actualité, en avaient beaucoup aussi et ont utilisé leur position pour commettre des crimes beaucoup moins reluisants que des Fashion Faux Pas ou un manque d’originalité, sans même avoir la décence de pouvoir nous faire danser…

En savoir plus :

  • Black is King disponible en streaming sur Disney+ depuis le 31/07/2020
Fanny N.

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