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A l'abordage critique avis théâtre
© Morgane Delfosse

Critique / « A l’abordage » (2020) d’Emmanuelle Bayamack-Tam

Jusqu’au 18 octobre au Théâtre de la Tempête, puis en tournée, Emmanuelle Bayamack-Tam nous propose une réécriture du Triomphe de l’amour  avec la pièce de théâtre A l’abordage dans une mise en scène jubilatoire de Clément Poirée. Il ne s’agit en rien d’une réinterprétation de ce grand classique de Marivaux où une princesse, déguisée en homme, débarque et sème le trouble dans la demeure du philosophe grec Hermocrate. A l’initiative de Clément Poirée, l’autrice Emmanuelle Bayamack-Tam s’est emparée de l’œuvre de Marivaux et l’a adaptée tout en conservant sa distribution et sa structure pour nous offrir une pièce  contemporaine et délicieuse. La critique et l’avis sur cette pièce. 

Cet article vous est proposé par le chroniqueur Fabrice C.

Synopsis :

Deux jeunes femmes, Sasha et Carlie (vierges de leur propre aveu), travesties en homme, viennent conquérir l’être aimé, coûte que coûte, dans un havre de paix, coupé du monde, où un maître à penser charismatique (Kimbote), prône « l’abstinence moralisatrice ». Les arguments du gourou, ours mal  léché aux accents d’un banlieursard du 9-3, ne manquent pas de nous interpeller :  «  la mixité est source de tous les dangers… la plupart des gens sont effroyablement malheureux à cause de l’amour… il génère de la jalousie, des rapports de force, de la mesquinerie, voire même, et la remarque est à la fois drôle et cinglante, des régimes draconiens.

Mais comme Phocion chez Marivaux, Sasha exécute point par point son programme de séduction.

A l’abordage, une pièce pleine d’humour,  vivante, rythmée

Dans la pièce d’Emmanuelle Bayamack-Tam, à l’instar de celle de Marivaux, tous les moyens sont bons pour que l’amour arrive à ses fins : le mensonge, la tromperie, la malice !

Les Fourberies de Sasha sont à la hauteur de celles d’un Scapin chez Molière, et nous laissent admiratifs d’ingéniosité. Tous les membres de la communauté craquent, mais il n’y aura qu’un heureux élu : Ayden.

Emmanuelle Bayamack-Tam est la première à le reconnaître : « à la fin, ce n’est pas tant l’amour qui triomphe que la rhétorique amoureuse ».

Heureusement, dans A l’abordage comme chez Marivaux ou Molière, les histoires d’amour finissent bien… en général. Clément Poirée nous offre en Happy end un magnifique tableau, mis en valeur par la scène aux 4 cotés du Théâtre de la Tempête qui offre de multiples options aux metteurs en scène inventifs.

A l’abordage est aussi et avant tout une pièce pleine d’humour,  vivante, rythmée où une nouvelle génération de comédiens prometteurs, n’hésite pas à se mettre à nu et à prendre des risques pour nous faire rire et vibrer. En témoignent des questions qui n’ont rien d’existentielles mais qui font mouche : «  la passion masculine pour la virginité » et « la sexualité des tortues » … Il y a de quoi se régaler !

En savoir plus :

  • A l’abordage d’après Le Triomphe de l’amour de Marivaux – Texte Emmanuelle Bayamack-Tam – Mise en scène Clément Poirée ;
  • au théâtre de la Tempête jusqu’au 18 octobre 2020, puis en tournée dans toute la France
  • du mardi au samedi 20h, le dimanche à 16h
    Salle Serreau • Durée : 2h20
Bulles de Culture - Les rédacteur.rice.s invité.e.s

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