enfr
Sur Bulles de Culture, art, cinéma, littérature, musique, spectacles, télévision... chaque jour, la culture sort de sa bulle.
George Clooney Minuit dans l'univers critique avis film
Philippe Antonello/NETFLIX ©2020

Critique / « Minuit dans l’univers » (2020) de George Clooney

Minuit dans l’univers signe le retour à la réalisation de George Clooney. Déjà quatre ans que l’icône américain n’était pas passé derrière la caméra pour un long métrage. Depuis le 23 décembre dernier, c’est sur la plateforme de streaming Netflix qu’il est possible de découvrir ce film post-apocalyptique dans lequel l’acteur se met en scène au côté de Felicity Jones (Rogue One). La critique film et l’avis de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Augustine (George Clooney), scientifique solitaire basé en Arctique, tente l’impossible pour empêcher l’astronaute Sully (Felicity Jones) et son équipage de rentrer sur Terre. Car il sait qu’une mystérieuse catastrophe planétaire est imminente…

Minuit dans l’univers : une belle performance technique

Dans cette adaptation du roman éponyme écrit par Lily Brooks-Dalton, George Clooney réussit une belle performance technique. Les plans de la station spatiale, tout en images de synthèse, sont méticuleux. On y dénote également quelques idées de mise en scène astucieuses, utilisant notamment la gravité pour éparpiller des gouttelettes de sang d’un astronaute blessé à l’intérieur de son scaphandre, puis dans l’habitacle de l’engin spatial. Pour les parties terrestres, c’est le plan final, tout en aurores boréales qui régale les pupilles. Plus dans le réalisme, Minuit dans l’univers dénote par une implication totale de George Clooney dans son rôle, amaigri, la barbe grisonnante et les traits tirés. L’acteur a  d’ailleurs été hospitalisé suite aux conditions difficiles du tournage et à sa perte de poids de 15 kg. 

Malgré cela, l’épopée Minuit dans l’univers n’est pas à la hauteur des illustres prédécesseurs qui servent de modèles au réalisateur : Gravity (Alfonso Cuaron) ou Interstellar (Christopher Nolan). C’est principalement le scénario qui pêche avec des promesses gâchées. Le récit se construit autour de deux axes. Sur Terre, Augustine est laissé seul dans sa station en Arctique. La population a fui cette planète, tellement altérée qu’elle ne peut plus accueillir de vies. Le scientifique tente de rentrer en contact avec une station d’exploration qui, partie avant le déluge, n’est pas au courant de la situation terrestre. Mais les radars de sa base spatiale sont hors services. Entre temps, Augustine découvre une petite fille cachée dans la station qui n’a pas pris la dernière navette de sauvetage. C’est ensemble qu’ils vont entreprendre un périple vers une autre station fonctionnelle.

Entre un survival banal et un space opera ennuyeux

Minuit dans l'univers critique film avis
Philippe Antonello/NETFLIX

Entre Artic (Joe Penna) et The Revenant (Alfonso Cuaron), Minuit dans l’univers a l’allure d’un survival banal où les deux aventuriers rencontrent les difficultés habituelles de ce genre de récit : trouver un refuge pour dormir, se faire surprendre par la glace, et avancer à travers les tempêtes de blizzard.

A l’autre bout de l’univers, c’est au quotidien des astronautes de la mission spatiale censés rentrer sur Terre auquel on s’attarde. On s’ennuie sacrément pour un space opera qui n’a aucun rouage dramatique particulier. On subit trop grossièrement la focalisation du récit sur le manque des proches, à travers les habitants de la station qui essayent constamment d’être en contact avec eux à travers des hologrammes à leurs effigies insérés dans des scènes de vie quotidienne. Côté suspens, le film ressort les vieilles rustines avec la classique pluie d’astéroïdes, la sortie des astronautes dans l’espace pour réparation….Le manque de tensions est palpable, sans réussir à être réhaussée par une musique sans grande originalité de la part du compositeur d’Alexandre Desplat.

Entre les deux mondes, on cherche les indices d’un éventuel twist final à la Christopher Nolan. La construction dramatique laisse le doute : est-on bien dans la même base temporelle ? quelles sont les relations entre les personnages ? Au final, on se rend compte qu’il n’y a rien à trouver dans ce Minuit dans l’univers, outre quelques éléments délivrés grossièrement à travers des flashbacks utilisés trop facilement. Minuit dans l’univers n’est donc pas le film d’anthologie de George Clooney. Le long métrage n’aura même pas le mérite de remonter le moral après cette année compliquée. 

En savoir plus :

  • Minuit dans l’univers est disponible en streaming sur Netflix depuis le 23 décembre 2020
  • de Georgle Clooney, avec George Clooney, Felicity Jones, David Oyelowe 
Antoine Corte

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.