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17 Blocks critique avis film Champs Elysées Film Festival 2020
© D.R.

Critique CEFF 2020 / « 17 Blocks » (2019) de Davy Rothbart

Dernière mise à jour article : 6 juillet 2020 à 23:36

Le Champs-Élysées Film Festival 2020 continue de dévoiler sa sélection en ligne avec 17 Blocks. Le credo de Davy Rothbart a toujours été d’aller à la rencontre de l’autre, l’amener à se livrer, confronter les expériences pour mieux comprendre et, très souvent, apprendre sur soi. C’est dans cette idée qu’est né 17 Blocks, un documentaire poignant à ne pas résumer à un certain contexte. La critique et l’avis film de Bulles de Culture.

Synopsis :

En 1999, Emmanuel Stanford-Durant et sa famille commencent à filmer leur quotidien. On va ainsi suivre Cheryl et ses enfants, Akil a.k.a. Smurf, Denice et Emmanuel qui vivent à Washington D.C.,dans l’un des quartiers les plus dangereux des Etats-Unis, à 17 pâtés de maison seulement du Capitole. Filmé sur deux décennies, 17 Blocks nous livre une saga familiale profondément personnelle, brute et émouvante 

17 Blocks : Boyz ‘n the hood

Cela commence comme un jeu. Et d’ailleurs les premières images sont celles de jeunes garçons se chambrant sur un terrain de baskets.Le petit Emmanuel se blesse et un autre jeune le soigne, s’assure qu’il a de quoi faire à la maison. Comme une entraide, qui ne se dit pas, mais qui existe. Ou comme ce côté attachant que peut avoir ce petit garçon dont le grand sourire et le regard malicieux vont accrocher l’écran. 

Il rentre chez et là les clichés s’enchaînent. Au fil des années, la situation familiale s’inscrit lentement et surement dans une certaine logique. Et quand on a vu Boyz n the Hood (1991) du regretté John Singleton, on ne peut s’empêcher d’attendre le drame. Mais limiter 17 Blocks à une sorte de plongée dans la réalité d’une certaine partie de la population serait une erreur… que malheureusement seraient trop vite tentés de faire.

Confusion des genres

Difficile de faire abstraction du contexte actuel et de ne pas vouloir trouver dans 17 Blocks, une explication aux phénomènes qui secouent actuellement la planète, obligeant le monde à prendre position, sincèrement, ou en pure opération de communication. En ce sens, le documentaire de Davy Rothbart pourrait même s’avérer dangereux.

En effet, pour des esprits étroits comme les supporteurs d’un certain blond mêchu au teint orange, les deux décennies passées au plus près de la famille Stanford-Durant ne viendraient que valider certains à priori. De l’autre côté, on pourrait juste tomber dans le cercle de la victimisation, n’y voir que les séquelles de la ségrégation. Mais cela ne serait que s’attarder sur une histoire de couleur, alors qu’il s’agit avant tout d’une histoire de famille. 

On ne choisit pas sa famille

 Certains diraient que les Stanford-Durant ne sont pas comme les autres, mais qui sont les autres ? Il faut arriver à un peu plus de la moitié du documentaire pour réaliser le drame sur lequel ils se sont construits. Un drame tel qu’il semblait inexorable que seul un autre puisse en changer la configuration. 17 Blocks parle finalement de transmission. Que transmettre, que donner quand on est soi-même brisé ?

Comment résister quand avoir du pouvoir accorde à certains une légitime impunité ? Et dans ce cas précis, ce pouvoir, tout comme l’argent, n’a pas de couleur. Et c’est en ça que se résume finalement le documentaire de Davy Rothbart. Un drame, une vie changée à jamais, des conséquences qui s’étalent sur 4 générations. Quand on ne se laisse pas distraire par le contexte assurément violent, on se retrouve donc bien dans une histoire de famille, pas de couleur de peau. C’est dur, c’est fort, mais parfois c’est juste beau…

En savoir plus :

  • 17 Blocks est au Champs-Élysées Film Festival 2020 en numérique depuis ce 11 juin 2020 à 18h – 1500 places virtuelles et entièrement gratuites disponibles.
  • Site officiel du Champs-Élysées Film Festival pour s’y inscrire dès maintenant et y voir les films et les concerts qui seront proposés en ligne
  • En compétition officielle dans la sélection longs métrages américains
Fanny N.

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