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Chanson bretonne suivi de L’enfant et la guerre de J. M. G. Le Clézio image couverture livre 2 contes

Critique / « Chanson bretonne », « L’enfant et la guerre » (2020) de J. M. G. Le Clézio

Dernière mise à jour article : 13 juin 2020 à 15:39

Les éditeurs retardant la mise sur le marché de leurs nouveautés, voici donc l’occasion de s’intéresser aux livres lancés juste avant la fermeture des librairies. Parmi ceux-ci, le livre de J. M. G. Le Clézio se distingue. Délaissant tout levier romanesque, le Prix Nobel de littérature 2008 propose à presque 80 ans un livre de souvenirs ou plutôt deux contes distincts, Chanson bretonne et L’enfant et la guerre, correspondant à deux périodes de son enfance. Avis et critique livre.

Cet article vous est proposé par un rédacteur-invité, le chroniqueur Gilles M..

Synopsis :

Entre 1948 et 1954, l’auteur, né le 19 Avril 1940, a passé toutes ses vacances scolaires à Sainte Marine, un petit village breton près de Quimper, moins connu que sa voisine Bénodet, de l’autre côté de la rivière l’Odet. Les paysages et le mode de vie frugal breton de l’époque le fascinent et l’enchantent. Chanson bretonne raconte ses émerveillements. L’enfant et la guerre a une tonalité plus grave. Ce sont les premiers souvenirs des cinq premières années de vie de l’auteur dans la région de Nice. L’enfant Le Clézio retient surtout des souvenirs tragiques : bombe canadienne atterrissant dans le jardin, ami résistant tué en transportant un engin explosif, expérience de la faim.

Chanson bretonne suivi de L’enfant et la guerre : pourquoi il faut lire ce livre ?

Si vous vous attendez à un livre de souvenirs de plus, plutôt ennuyeux, comme souvent ceux écrits par des aïeuls nostalgiques et qui font la fortune des éditeurs de livres à compte d’auteurs, vous devez changer d’avis ! Dès les premières lignes de Chanson bretonne, le charme de l’écriture de J. M. G. Le Clézio opère. Vous comprenez pourquoi il a indiqué dès le titre de l’ouvrage qu’il s’agit d’une chanson. Tous les mots sont justes et les phrases s’enchainent avec limpidité comme une douce musique.

Le livre est découpé en courts chapitres comme les strophes d’une chanson. On tourne les pages avec plaisir. L’auteur se plait d’ailleurs à nous raconter la vie d’avant, celle où il était nécessaire d’aller chercher de l’eau à la pompe du village et celle où on se rassemblait autour de la batteuse après la moisson. Mais plus que par ces aspects documentaires, le livre nous attache par sa sensualité. Le jeune Le Clézio se relève une nuit et va se promener sous les étoiles. Nous entendons le bruit des vagues, du vent et éprouvons toutes les odeurs de la nuit.

Du court récit  L’enfant et la guerre, on retiendra surtout la place tragique des enfants dans la guerre, victimes innocentes d’événements qu’ils ne peuvent pas comprendre mais qui vont les marquer pour toute leur vie.

En résumé, avec Chanson bretonne et L’enfant et la guerre, c’est bien à un voyage auquel nous convie l’auteur J. M. G. Le Clézio en ces temps de confinement. Un voyage vers notre enfance avec ses moments fulgurants de beauté et parfois de tragédie.

En savoir plus :

  •  Chanson bretonne suivi de L’enfant et la guerre, J. M. G. Le Clézio, 12 Mars 2020, éditions Gallimard, 160 pages, à partir de 11.99 €
Bulles de Culture - Les rédacteur.rice.s invité.e.s

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