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Ça : Chapitre 2 affiche critique avis film

Critique / « Ça : Chapitre 2 » (2019) d’Andy Muschietti

Ça : Chapitre 2 (IT Chapter Two) d’Andy Muschietti avec Bill Skarsgård, James McAvoy et Jessica Chastain est dans les salles de cinéma depuis le 11 septembre 2019. Le retour du clown à ballon rouge va faire trembler et réveiller les angoisses des spectateurs. La critique et l’avis film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

27 ans après la victoire du Club des Ratés sur Grippe-Sou, le sinistre Clown (Bill Skarsgård) est de retour pour semer la terreur dans les rues de Derry. Désormais adultes, les membres du Club ont tous quitté la petite ville pour faire leur vie. Cependant, lorsqu’on signale de nouvelles disparitions d’enfants, Mike (Isaiah Mustafa), le seul du groupe à être demeuré sur place, demande aux autres de le rejoindre. Traumatisés par leur expérience du passé, ils doivent maîtriser leurs peurs les plus enfouies pour anéantir Grippe-Sou une bonne fois pour toutes. Mais il leur faudra d’abord affronter le Clown, devenu plus dangereux que jamais…

Ça : Chapitre 2 : entre passé et présent

On avait redécouvert le clown horrifique en 2017 avec le premier opus de cette adaptation d’un roman de Stephen King. Ça : Chapitre 1 surfait alors sur la vague eighties remise au coup du jour par le lancement de la série Netflix Stranger Things. Le film reprenait même dans son cast l’un des acteurs de la série, Finn Wolfhard. Deux ans plus tard, le pari de Ça : Chapitre 2 est de se projeter 27 ans plus tard avec une troupe d’acteurs complètement renouvelée, tout en gardant l’essence des codes originaux du premier volet.  Et c’est belle et bien la réussite de cette suite : un saut dans le temps tout en faisant garder aux personnages un lien étroit avec leurs passés.

Le clown, qui revient dans leur ville natale plusieurs décennies après les tristes évènements de premier opus, oblige à chacun des membres du « Club des Ratés », comme ils se sont surnommés, de se confronter à nouveau à leurs peurs infantiles. A l’occasion de nombreux flashback, les scénaristes ont souhaité faire une connexion entre les évènements présents et ceux du passés, comme pour rappeler que la plupart de nos peurs viennent de traumatismes de l’enfance. Chaque personnage n’arrive pas à se détacher de ses angoisses juvéniles, enfouies au pus profond d’eux-mêmes et qui ressortent à l’instant même où ils reviennent à Derry.

Un phénomène marketing bien orchestré

Autour de Ça : Chapitre 2, il y a aussi un phénomène marketing bien orchestré. A coup de posts sur les réseaux, le monstre fait beaucoup parler de lui. 17 000 litres utilisés dans le film, des spectateurs qui s’évanouissent dans la salle de cinéma, tout est fait pour créer un phénomène jouant sur le plaisir coupable du spectateur à se faire peur. L’angoisse est d’ailleurs bien au rendez-vous avec cette suite. Là encore, la réalisation va jouer à plein les références, notamment quand le personnage Bill va se baisser pour regarder dans une bouche d’égoût, référence à la scène d’ouverture du premier opus où son frère y était aspiré par le clown. Le film regorge également de clichés efficaces comme celui où un enfant rentre dans un palais de miroirs dans une fête foraine où le terrifiant individu au ballon rouge l’attend inévitablement. 

Le moment le plus esthétique du film est certainement celui-ci où Jessica Chastain est noyé dans un torrent de sang (d’où les 17.000 litres !) et puise dans ses pensées intérieures pour se sortir de cette situation délicate. Cependant, Ça : Chapitre 2 pêche sur le terrain du montage. D’une durée de 2h45, le long métrage se veut un film d’horreur hors norme mais c’est encore du buzz marketing qui ne se justifie pas sur son scénario. Pire, l’oeuvre adopte un schéma redondant quand l’histoire choisit de faire revivre à chaque personnage, l’un après l’autre, ses peurs d’enfance. On est dedans pour les deux premiers, mais quand on sait qu’il y a cinq personnages à traiter, cela devient un peu long et on souhaite que le rythme s’accélère. 

Avec Ça : Chapitre 2, le clown va encore longtemps hanter les esprits de chacun. Le film permet à cette figure emblématique de renouveler un mythe prêt à perdurer encore longtemps dans l’esprit d’une nouvelle génération. 

En savoir plus :

Antoine Corte

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