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Vampires saison 1 affiche série téél Netflix

Critique / « Vampires » saison 1 : la nouvelle série française de Netflix

Adaptée du roman inachevé de Thierry Jonquet, Vampires, une série de Benjamin Dupas, Isaure Pisani-Ferry et Anne Cissé avec Oulaya Amamra et Suzanne Clément au casting, revisite à l’ère moderne le mythe des buveurs de sang. L’avis et la critique série de Bulles de Culture sur Vampires saison 1 disponible en streaming et en intégralité sur Netflix depuis le vendredi le 20 mars 2020. 

Synopsis :

A Paris, une adolescente mi-humaine mi-vampire (Oulaya Amamra), aux prises avec ses nouveaux pouvoirs et ses problèmes familiaux, est poursuivie par de mystérieux vampires. 

Vampires : des buveurs de sang à Belleville

La série Vampires place les créatures mythologiques de son titre parmi nous et de nos jours. Le tournage, qui a eu lieu à Paris et notamment dans le quartier de Belleville — Doïna, l’héroïne jouée par Oulaya Amamra, habite rue de Belleville —, inscrit cette reprise du mythe dans un univers particulièrement réaliste. En effet, loin des grands manoirs hantés qui ont fait la renommée d’autres Dracula, Vampires nous emmène dans un dédale de cours d’immeubles crasseuses et de sombres appartements parisiens, où se terre une famille mi-vampire mi-humaine, isolée de son plein gré de ses autres congénères, les Radescu.

La mère, vampire, Martha (Suzanne Clément, une habituée des films de Xavier Dolan) tente de concilier les fortes personnalités de ses enfants : côté vampires, Rad (Pierre Lottin, vu dans Les Tuche) et Irina (Juliette Cardinski) ; côté humain, Andrea (Mounir Amamra). Et puis il y a sa fille hybride, mi-vampire mi-humaine, Doïna (Oulaya Amamra, que l’on avait découverte dans le film Divines). Cette adolescente, qui semblait vivre une vie des plus normales, va se découvrir des pulsions de sang et un nouveau corps qu’elle va devoir apprendre à apprivoiser — la métaphore de la puberté est plutôt très appuyée. 

On quitte peu à peu au cours de la série ce décor urbain pour entrer dans les appartements beaucoup plus opulents des vampires réunis autour d’une matriarche, Csilla (Kate Moran) tenant d’une main ferme « La Communauté » — un groupe de vampires dont nous ne comprenons pas très bien la vocation à part faire la fête avec de bonnes doses d’hémoglobine. Martha est depuis longtemps en guerre avec Csilla et ses enfants sont tous des parias, rejetés par La Communauté depuis que Martha a défiguré leur cheffe — à coup de rayons de soleil, comme le veut le mythe. Mais lorsque Doïna s’avère développer des pouvoirs étonnants, Csilla voit en elle son nouveau trophée et cherche à tout prix à la faire rejoindre La Communauté, ce que Martha va tout faire pour éviter.

Au milieu de cette lutte inter-vampires, Doïna tente tant bien que mal de vivre sa vie d’adolescente et ses amours naissants. Si l’association du teenage drama et des vampires avait fait fureur dans la saga Twilight, Vampires s’en distingue fortement par son atmosphère sombre et sale qui n’a pas peur des gros plans de morsures. La série emprunte en cela ses codes visuels aux films de genre — on déplore toutefois qu’elle ne parvienne pas à les réinventer. La musique originale, signée Jérôme Echenoz et Arthur Simonini, participe à cette ambiance un peu psychédélique, oscillant entre électro et rock puissant (la chanson Death Valley Boogie du groupe de garage punk américain Death Valley Girls). 

Une série qui ne révolutionne pas le genre

Vampires Season 1 Netflix photo image
© Netflix

Si la série télé Vampires réussit à nous plonger dans une atmosphère singulière, le parcours de Doïna peine à nous surprendre. Ses questionnements quant à sa nouvelle condition et ses relations avec ses amis humains restent malheureusement trop en surface, et quand ils ressurgissent, ils apparaissent un peu forcés. En particulier, son histoire avec Nacer (Dylan Robert, César du meilleur espoir masculin pour le film Shéhérazade en 2019) suit un cours assez attendu. 

La course-poursuite engagée avec La Communauté manque de nous accrocher et avance sans véritable surprise. Le casting, notamment Oulaya Amamra, s’en sort plutôt bien — malgré des dialogues qui ne leur rendent pas toujours service. On déplore enfin des facilités de narration et si l’on se demande si cela est dû au mythe éculé des vampires, nous ne pouvons que conseiller la mini-série en trois épisodes Dracula par les créateurs de Sherlock, à retrouver également sur Netflix, qui a su réécrire le roman de Bram Stoker de manière surprenante.

Après Plan Cœur, Marianne et Mortel, l’essai pour les séries françaises de Netflix n’est pas encore tout à fait transformé…

En savoir plus :

  • Vampires est disponible en streaming et en intégralité sur Netflix depuis le 20 mars 2020
  • Vampires est l’adaptation du roman éponyme inachevé de Thierry Jonquet, mort en 2009, et publié aux Éditions du Seuil en 2011
Cécile G.

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