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Roi par effraction François Garde

Interview / François Garde pour « Roi par Effraction »

Pour son premier roman historique Roi par effraction, l’auteur François Garde a reçu le Prix des lecteurs de la ville de Levallois au dernier salon du Roman Historique qui s’est tenu le 1er mars 2020. 3 questions à l’écrivain. 

Roi par effraction raconte les derniers jours du maréchal Joachim Murat, jeté en prison en 1815 après avoir tenté de récupérer son trône de Naples attribué par Napoléon.

3 questions à François Garde

Bulles de Culture (BdC) : Quelle est la genèse de ce livre et pourquoi avoir eu l’envie d’écrire sur le personnage de Murat ?

François Garde : Pour moi, Murat était une figure indistincte. Je connaissais le boulevard Murat à Paris et le Salon Murat où se tient le conseil des ministres. C’était à peu près tout. C’est au cours d’un voyage à Naples, lors d’une visite du château de Caserte, palais royal des Bourbons, que j’ai vu les appartements de Murat. J’ai alors pris conscience qu’un roi français avait régné à Naples au début du XIXème siècle. J’ai commencé à me renseigner sur la vie de Murat qui est incroyable, sidérante, pleine de rebondissements. C’était tout ce qu’il fallait pour écrire un roman.

BdC : Votre roman alterne entre grande fresque romanesque et petite histoire. Comment avez-vous élaboré votre ligne narrative ?

François Garde : Dès le début, j’avais trouvé la partie narrative consistant à raconter les six derniers jours de Murat lorsqu’il était en prison et qu’il était certain d’être exécuté. Le roman alterne entre des moments introspectifs, où le personnage réfléchi sur sa vie et se prépare à la mort, en alternance avec des séquences de batailles, d’intrigues politiques. Cette alternance fait le cœur de ce Roi par Effraction. Au soir de sa vie, il se remémore et réfléchit à ce qu’il s’est passé.

Je me suis peu documenté sur ce livre historique. Je ne voulais pas me laisser ensevelir par la documentation. Je voulais garder le contrôle de la narration. Dans l’ouvrage, les faits vérifiables sont vrais mais le reste est inventé. J’ai vu qu’il y avait un potentiel de triangle amoureux incroyable entre les personnages de Murat, Napoléon et Caroline de Bonaparte. Caroline était très amoureuse de Joachim Murat. Tandis que ce dernier n’était pas tout de suite amoureux d’elle mais s’est marié plus par ambition politique, il vouait davantage un culte à Napoléon. Il y a une histoire passionnante autour ces trois héros de l’Histoire. Il y a un vrai matériau pour faire un roman passionnant.

Bdc : Quel est votre sentiment après votre victoire du Prix des lecteurs de la ville de Levallois ? 

François Garde : Il y a deux sortes de prix littéraires : ceux qui sont décernés par la profession, et ceux qui sont décernés par des « vrais gens ». J’ai une tendresse particulière pour les distinctions qui sont décernées par des « vrais gens » car les jurés  sont chimiquement purs. On ne peut pas les soupçonner d’avoir été manipulés, influencés par des tactiques propres à Saint-Germain-des-Près. Moi j’écris pour être lu. Plus de gens lisent mes livres, plus cela me fait plaisir. Quand j’apprends que douze lecteurs ont discuté de mon livre, et de la sélection, et que le choix du prix s’est porté sur le mien, ça me fait d’autant plus plaisir. Après, il ne faut pas prendre ce prix pour ce qu’il n’est pas. Mon livre n’est pas meilleur qu’un autre. C’est simplement une sensibilité subjective de douze lecteurs assidus. C’est ce qui compte.

En savoir plus  :

  • Roi par effraction, François Garde, Gallimard, août 2019, 304 pages, 14.99 €
Antoine Corte

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