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Critique / « Notre Dame » (2019) de Valérie Donzelli

Notre Dame est le nouveau film de Valérie Donzelli. Ce long métrage, avec Pierre Deladonchamps, Virginie Ledoyen et Philippe Katerine, est dans les salles de cinéma depuis le mercredi 18 décembre 2019. Avis et critique film de Bulles de Culture. 

Synopsis :

Maud Crayon, est née dans les Vosges mais vit à Paris.
Elle est architecte, mère de deux enfants, et remporte sur un énorme malentendu le grand concours lancé par la mairie de Paris pour réaménager le parvis de Notre-Dame…
Entre cette nouvelle responsabilité, un amour de jeunesse qui resurgit subitement et le père de ses enfants qu’elle n’arrive pas à quitter complètement, Maud Crayon va vivre une tempête.
Une tempête, qu’elle devra affronter pour s’affirmer et se libérer.

Notre Dame tourné avant l’incendie

Le nouveau film de Valérie Donzelli évoque la reconstruction du parvis de Notre Dame comme sujet central d’une œuvre burlesque. Tourné avant l’incendie de la voûte en début d’année, le long métrage prend une tout autre consonance, à l’heure où les architectes débattent d’une restauration de l’édifice à l’identique ou une reconstruction moderne ancrée dans son temps. 

Découverte avec son premier long métrage La Reine des Pommes (2010), Valérie Donzelli se fait un nom avec La Guerre est déclarée (2011), inspirée de l’histoire vraie de son combat, au côté de l’acteur Jérémie Elkaim,  contre la maladie de son enfant. Le film fait sensation à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs. Cette sélection lui ouvre quelques années plus tard les portes de la compétition officielle du Festival pour Marguerite et Julien (2015) dans un tollé général. L’œuvre est rejetée par la majorité des critiques. Elle est également un cuisant échec au box office lors de sa sortie salles.  

Un vent créatif jouissif

Il aura donc fallu presque 4 ans à Valérie Donzelli pour se lancer dans une nouvelle proposition cinématographique. Après ces années d’absence, son univers s’est affiné, dénotant avec sa filmographie antérieure. Avec Notre Dame, la réalisatrice sort ici des sentiers battus. Celle-ci opte désormais pour style ubuesque avec des changements narratifs d’envergure et une histoire complètement folle. Cette libération artistique se traduit notamment par une image extrêmement claire filmant un Paris presque féérique.

A travers cette lumière, les années sombres de la réalisatrice semblent derrière elle à l’image d’une capitale où les gens revivent. L’artiste apparait maintenant sans complexe dans un vent créatif jouissif. Le film est également très musical donnant un air de comédie à la Jacques Demy. 

Une sacré bande de comédiens

L’ambiance enjouée de Notre Dame n’est pourtant pas toujours toute rose. Le monde inventé par Valérie Donzelli à ses propres désastres. On voit notamment des gens se gifler dans la rue, symbole d’angoisse et d’incivilité. Le journal télévisé diffuse par ailleurs des nouvelles macabres comme ces pauvres moines en surplus de sucre après avoir mangé toutes les offrandes.

Valérie Donzelli arrive à se constituer une sacré bande grâce à un casting étoffé : Virginie Ledoyen, Thomas Scimeca, Bouli Lanners ou encore Pierre Deladonchamps. En adéquation avec le nouveau style de la cinéaste, Philippe Katerine est de nouveau hilarant dans le costume d’un conseiller politique de la Ville de Paris. On imagine bien le rôle lui donner possiblement un César du meilleur acteur dans un second rôle en 2020, et ce pour la deuxième année consécutive..

C’est ainsi que Notre Dame, pas forcément calibré pour un succès salle, peut trouver son public de curieux pour un divertissement léger et qualitatif.

En savoir plus :

Antoine Corte

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