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Le Bazar de la Charité de Catherine Ramberg et Karine Spreuzkouski affiche série télé

[Critique & Interviews] « Le Bazar de la Charité » avec Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou

Présentée en avant-première lors du Festival de la Fiction TV de La Rochelle en 2019, Le Bazar de la Charité est une série historique de Catherine Ramberg et Karine Spreuzkouski, diffusée sur TF1 à partir du lundi 18 novembre. L’avis et la critique de Bulles de Culture sur cette mini-série emmenée par Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou, ainsi que notre rencontre avec l’équipe.

Synopsis :

Paris, 1897. Alors que la fête bat son plein au Bazar de la Charité, une vente caritative très courue par la haute société, l’édifice s’embrase. Alice de Jeansin (Camille Lou), et Rose (Julie de Bona), sa bonne, sont prises au piège. Peu après, Adrienne de Lenverpré (Audrey Fleurot), découvre le brasier et se rend compte qu’elle aurait dû y mourir.

Le Bazar de la Charité : d’après un terrible fait divers

L’envie de faire une série naturaliste et juste pour pouvoir s’identifier et entrer naturellement dans cette époque.
— Catherine Ramberg

Avec un tournage à Paris et dans la région Île-de-France — notamment au Studio de Bry, dans la ville d’Evecquemont et au Domaine national de Saint-Cloud —, un scénario de Catherine Ramberg et Karine Spreuzkouski, une image de Jean-Philippe Gosselin, une musique originale de François Liétout et une réalisation d’Alexandre Laurent, la série Le Bazar de la Charité et ses 8 épisodes de 52 minutes nous plongent à la fin du 19e siècle après un fait divers sordide qui a vu mourir une centaine de personnes, dont une très large partie était des femmes, le 4 mai 1897 lors du grand incendie ayant eu lieu lors de la vente de bienfaisance du Bazar de la Charité. C’est donc par un impressionnant premier épisode que débute cette fiction en nous plaçant au cœur de cet incendie. « Au début, c’est anxiogène, on est proche des gens, on voit vraiment l’incendie dans leur regard à elle, nous a confié le réalisateur Alexandre Laurent. C’était le point de départ, qu’on se rapproche de plus en plus de ce feu, qu’ils nous étouffent jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus sortir ».

Une tragédie que nous vivons donc essentiellement à travers les regards de trois héroïnes incarnées par les actrices Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou. Puis les épisodes suivants suivent le destin de ces trois personnages féminins qui vont voir leurs vies bouleversées par cette tragédie. « La série prend son envol narratif avec ses enjeux à partir de l’épisode 2, nous a ainsi expliqué le réalisateur. Le premier est une sorte de gros film catastrophe avec une atmosphère qui, j’espère, scotche les gens et leur donne envie de rester. Mais les personnages prennent ‘chair’ à partir du deuxième épisode ».

Les combats et les destins de trois heroïnes

Cette série offre un panel large sur les combats féminins : il y a en a une qui n’est pas encore mariée, il y en a une qui essaie de divorcer et il y en a une qui essaie de partir à l’étranger.
— Audrey Fleurot

Côté casting, les comédiennes Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou campent les trois héroïnes de la série Le Bazar de la Charité. Avant le terrible drame de l’incendie du Bazar, chacune d’elles nous est présentée : la première est une bourgeoise mariée à un politicien ambitieux, joué par Gilbert Melki, qui refuse de la laisser le quitter. La seconde est une bonne qui envisage avec son mari cocher, interprété par Aurélien Wiik, de partir aux États-Unis pour y tenter sa chance. Enfin, la troisième est la patronne de la seconde et elle est fiancée à un jeune bourgeois incarné par Théo Fernandez.

Le personnage d'Adrienne de Lenverpré

« Adrienne est une grande bourgeoise avec un caractère moderne et indépendant, nous a raconté Audrey Fleurot. Elle a dû vivre une grande histoire d’amour avec son mari mais les choses ne vont plus entre eux depuis un bon bout de temps et ils sont dans une relation assez maladive. On apprend qu’elle s’est renseignée pour divorcer, il ne le supporte pas et il sait que le seul levier qu’il a sur elle, c’est de lui enlever sa fille. Elle a un amant et elle va se servir du drame du Bazar de la Charité pour s’offrir un nouveau départ et se faire passer pour morte, essayer de réinventer sa vie et retrouver sa fille.

Le personnage d'Alice de Jeansin

« Je suis Alice de Jeansin, une bourgeoise issue d’une famille dont on apprendra plus tard qu’elle est complètement ruinée, nous a expliqué Camille Lou. C’est une jeune fille en pleine découverte de la vie, qui aime éperdument ses parents, ses frères et sœurs et son fiancé. En tout cas, elle croit l’être. Et du coup, elle va se retrouver dans cet incendie et sa vie va basculer parce que tout ce en quoi elle croyait va partir en fumée, que ce soit son amour pour son fiancé — avec l’idée qu’elle avait d’un homme fort et courageux alors qu’il ne l’est pas — ou tout ce que lui a inculqué son père et sa mère. Elle avait toujours un peu ce côté rebelle en elle mais suite à l’incendie, on voit dès le deuxième épisode qu’elle a une rage en elle et qu’elle va vouloir se battre pour la vérité, pour l’égalité… »

Le personnage de Rose Rivière

« Je suis Rose Rivière, la bonne des Jeansin, nous a dit Julie de Bona. C’est une fille courageuse, terrienne qui aime énormément Alice. C’est un peu sa grande sœur de substitution et confidente. Elle est moderne dans sa condition car elle est très amoureuse de son mari — c’est un mariage d’amour et c’est assez rare à l’époque — et ils ont un rêve incroyable : partir aux États-Unis et monter une affaire. Être libres et sortir de leur condition. Mais elle culpabilise énormément de laisser Alice, donc elle n’arrive pas à lui en parler et c’est vraiment le point de départ du personnage. Elle va entrer dans cet incendie avec courage et fidélité à sa patronne, plus ce petit rêve de sortir de sa condition de bonne. Elle va réagir en fonction de cette contradiction et c’est ce qui va amener son destin.

Une saga historique et féminine

Le drame de l’incendie est ici un prétexte à de la narration, à de la grande saga. Toute la série n’est pas sur ce drame. Ce premier épisode est très, très fort avec l’incendie comme personnage principal dans le premier épisode mais c’est surtout la porte d’entrée pour suivre les destins ces trois femmes et plus largement, de ces trois familles.
— Audrey Fleurot

Côté casting, Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou sont entourées d’acteur.rice.s solides et interprétant aussi bien la grande bourgeoise que les classes populaires. Il y a bien sûr Gilbert Melki et Théo Fernandez — le personnage de Théo Fernandez est Julien de la Ferté,  le fiancé d’Alice. « Snow Therapy est un film suédois qui nous a beaucoup inspiré par rapport au profil de Julien, sur qu’est la lâcheté et sur les différentes façons d’interpréter un évènement, nous a expliqué la productrice Iris Bucher. Quand Julien dit qu’il a tout fait pour sauver Alice, il y croit, même si nous, on a bien vu que ce n’était pas vrai » — et Aurélien Wiik déjà mentionnés. Citons également Josiane Balasko, Antoine Duléry« Mon personnage d’Auguste de Jeansin est complètement ruiné mais c’est le bourgeois qui veut sauvegarder son apparence. Il est tiraillé », nous a confié Antoine Duléry —, Florence Pernel, Victor Meutelet, Stéphane Guillon« Mon personnage de Célestin Hennion est un flic assez froid, taciturne et qui a vécu aussi un drame personnel, nous a confié Stéphane Guillon. A partir du troisième épisode, la série tourne plus autour de lui » — et Gilles Cohen.

Bref, avec son spectaculaire premier épisode — « Cela faisait très peur, on s’est retrouvé vraiment très près du feu, nous a avoué Camille Lou. Je me disais que c’était terrible ce que les gens avaient vécu. Parfois, je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer parce que je trouvais ça bouleversant et horrible » —, ses trois personnages féminins principaux indépendantes et modernes, portés par Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou, et l’enquête menée par le personnage de Stéphane Guillon pour comprendre la terrible tragédie de l’incendie, la mini-série Le Bazar de la Charité est une saga historique et féminine forte et pleine de rebondissements… située à une époque finalement pas si éloignée de la nôtre, comme nous l’a rappelé la productrice Iris Bucher : « Les problématique des héroïnes font écho à aujourd’hui. Il y a encore de nos jours des femmes qui n’ont pas le droit d’aimer qui elles veulent ou qui sont sous la coupe de leur mari. Notre mot d’ordre était de faire d’un drame en costumes une série contemporaine ».

Propos recueillis au Festival de la Fiction TV de La Rochelle le vendredi 13 septembre 2019.

En savoir plus :

  • Le Bazar de la Charité est diffusé sur TF1 à partir du lundi 18 novembre 2019 à 21h05. La série est également diffusée en streaming et disponible en replay sur MYTF1
  • Le Bazar de la Charité est également diffusé sur TF1 Séries Films à partir du mardi 19 novembre 2019 à 21h
  • Coproduit par Netflix, Le Bazar de la Charité sera disponible en streaming sur la plateforme de SVoD à partir du 17 décembre 2019
  • Série déconseillée aux moins de 10 ans
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Jean-Christophe Nurbel

Rédacteur en Chef / Editor in Chief chez Bulles de Culture
Accro aux films, aux pièces de théâtre, aux séries et à la culture en général, j'aime les œuvres qui me surprennent.

Top 3 Cinéma : "À bout de souffle" (1960), "Blade Runner" (1982), "Casablanca" (1942)
Top 3 TV : "Engrenages" (2005-...), "The Wire" (2002-2008), "Twin Peaks" (1990-1991)
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