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Apocalypse, la guerre des mondes image série documentaire
Suite à l'invention de la bombe atomique, les scientifiques américains inventent une échelle de mesure du danger de guerre nucléaire, qu'ils appellent l'horloge de l'Apocalypse. Si les aiguilles fatidiques atteignent minuit, ce sera la grande catastrophe.
© NARA - infographie CC& C

Critique / « Apocalypse, la guerre des mondes (1945-1991) » (2019) de Daniel Costelle et Isabelle Clarke

Pour sa septième saison, la série documentaire Apocalypse de Daniel Costelle et Isabelle Clarke se penche sur la Guerre froide, décrite comme une guerre des mondes entre Staline et ses successeurs contre l’Occident. L’avis et la critique de Bulles de Culture sur Apocalypse, la guerre des mondes (1945-1991), diffusé sur France 2 les mardis 5 et 12 novembre 2019.

Synopsis :

Été 1945. Les populations des pays victorieux fêtent le retour à un monde en paix. Et pourtant dans les coulisses de la reconstruction se prépare un affrontement plus long et plus insidieux entre ceux qui furent autrefois alliés. L’Ouest voit d’un œil inquiet la montée en puissance de Staline à l’Est. L’idéologie communiste ne cesse de s’étendre, jusqu’en Indochine, où Hô Chi Minh se lance dans une longue guerre contre les Occidentaux. Mais, derrière ce conflit d’apparence isolée, c’est le début de la guerre froide, la guerre des mondes. Et la bombe atomique détenue par les Américains depuis 1945 fait peser sur l’humanité la menace d’une nouvelle apocalypse.

Apocalypse, la guerre des mondes (1945-1991) : au cœur de la Guerre froide

La Guerre froide, ce sont les Trente Glorieuses. Les images que l’on voit des films amateurs, et en particulier ceux de la famille d’Isabelle Clarke, sont des images de bonheur pendant qu’ils se passaient des choses absolument abominables.
— Daniel Costelle

Avec un budget de 6,8 millions d’euros, 700 heures de rushes (250 heures d’images sur les guerres
et 450 heures sur la Guerre froide), 1000 heures de restauration, une année de mise en couleurs, six mois de mixage, quinze documentalistes, onze conseillers historiques (Georges-Henri Soutou, Ivan Cadeau, Pierre Journoud, Alexandre Adler, Pierre Rigoulot, Olivia Gomolinski, Sophie Bachmann, Mickaël Gamrasni, Ilios Yanakakis, Frédéric Guelton et Paul Malmassari), une musique originale composée par Kenji Kawai« C’est son côté brutal et violent fondé sur des gongs, des percussions, etc. qui nous a beaucoup séduit », nous a confié le coréalisateur Daniel Costelle — et une réalisation de Daniel Costelle et Isabelle Clarke, la série documentaire Apocalypse, la guerre des mondes (1945-1991) est une fresque de six épisodes de 52 minutes revenant sur les points chauds de la Guerre froide un peu partout dans le monde, de l’Indochine à Berlin, de 1945 à 1991, année qui a marqué la chute de l’empire soviétique.

L’horloge de l’Apocalypse

L’arme nucélaire est très présente dans la série ainsi que l’horloge de l’Apocalypse.
— Isabelle Clarke

« Pourquoi on a fait ce projet ? Contrairement aux Première et Seconde Guerres mondiales, nous sommes tous des enfants de la Guerre froide, nous a expliqué la coréalisatrice Isabelle Clarke. En tout cas, on l’a vécue en partie et on continue à la supporter. Et il est intéressant de se pencher sur les dissensions qui sont nées de cette guerre et de s’approcher peut-être au plus près de la vérité et de sortir un peu des idées reçues ». Après une entrée en matière sur la chanson Cry Baby de Janis Joplin superposée à des images d’explosions atomiques, la série documentaire Apocalypse, la guerre des mondes (1945-1991) nous plonge donc une nouvelle fois, et avec la voix off de Mathieu Kassovitz, au cœur de l’Histoire, à une époque où la menace nucléaire est omniprésente et représentée notamment par l’horloge de l’Apocalypse. « En 1947, les scientifiques américains ont imaginé une horloge virtuelle où minuit serait la fin du monde », nous a ainsi rappelé Isabelle Clarke. Et son mari et coréalisateur Daniel Costelle d’ajouter à titre d’exemples : « Pour la crise de Cuba, il était minuit moins deux. Et le jour de la fin de la Guerre froide, le 31 décembre 1991, l’horloge de l’Apocalypse indiquait à moins vingt. Aujourd’hui, elle est à moins trois ».

Face à l’Histoire

Ce qui nous anime, ce sont les êtres humains. C’est pour ça aussi qu’on aime ces visages et ces arrêts sur image pour chercher sans cesse ces hommes et femmes qui ont eu des destins hors du commun grâce à la camaraderie, etc..
— Isabelle Clarke

Avec toujours un important travail de recherches d’archives officielles et personnelles et de témoignages plus un gros travail de colorisation et de sonorisation, Apocalypse, la guerre des mondes (1945-1991) se révèle être un documentaire passionnant et révélant même de nombreuses images inouïes susceptibles de changer la perception de l’Histoire que pourraient avoir les téléspectateurs. Nous mentionnerons notamment celles sur la rencontre de Postdam entre Harry Truman et Joseph Staline, celles sur les procès de la réforme agraire au Vietnam — « Nous étions très méfiants sur tout ce que nous avions sur le Vietnam, en particulier sur les premières années de la réforme agraire, les exécutions massives…, a commenté le coréalisateur Daniel Costelle. Mais quand on a vu arrivé les documents avec les enfants qui accusent leurs parents, les femmes qui accusent leurs maris… » — ou celles sur la Central Intelligence Agency (CIA) « Quand on montre les films secrets de la CIA et la conception de l’espionnage d’Allen Dulles, continue le coréalisateur, ces films et la manière dont ils sont faits montrent bien le côté charlot absolu de toutes ces opérations. On n’avait pas envie d’être anti-américain mais c’est simplement qu’on montre les choses telles qu’elles sont ».

Bref, une nouvelle saison de la série documentaire Apocalypse à découvrir sans tarder.

Quelle sera la huitième saison de la série Apocalypse en 2020 ? Au titre pour le moment temporaire de Apocalypse, Hitler regarde à ouest, « notre nouveau projet pour l’anniversaire de l’an 40 est une série de deux films de 52 minutes sur cette année-là », nous a annoncé Daniel Costelle. 

Propos recueillis à Paris le jeudi 10 octobre 2019.

En savoir plus :

  • Apocalypse, la guerre des mondes (1945-1991) a été diffusé sur France 2 les mardis 5 et 12 novembre 2019 à 21h05
Jean-Christophe Nurbel
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Un commentaire

  1. Désolé pour l’autosatisfaction des deux coréalisateurs qui, malgré 11 conseillers historiques, n’ont pas fait un documentaire mais, tout simplement, un film de propagande.
    J’ai regardé, ce soir, deux épisodes de cette 7e saison : le 3e et le 4e. Ce seront les seuls et les derniers que je regarderai.
    Pourquoi ? Pour la simple raison qu’un documentaire se doit, par essence, d’être le plus objectif possible. L’objectivité est, il est vrai, impossible et reste, somme toute, assez relative. Mais, ce soir, d’objectivité, même relative, je n’en ai pas vu. J’ai vu, ce soir, de gentils soldats du « monde libre » combattre des « méchants révolutionnaires endoctrinés par le parti communiste ».
    Ces deux coréalisateurs seraient-ils oublieux des effets « positifs » de la colonisation (population asservie, apartheid de fait et de droit, investissements concentrés sur l’exploitation des ressources pour le profit quasi exclusif du colonisateur et de ses colons) ? Oublieraient-ils que, de son côté, le « monde libre » a installé nombre de dictateurs un peu partout dans le monde, qu’il a financé, au nom de la doctrine Truman, la répression contre ce même communisme ou, ailleurs, favorisé l’implantation d’entreprises multinationales favorisant les cultures d’exportation au dépens des cultures vivrières.
    J’accepte l’idée que tout totalitarisme est mortifère et que, le stalinisme entrant dans cette dynamique, il était, lui aussi, délétère. Cependant, le « monde libre » n’est et n’était pas si libre que cela… et la chute du bloc communiste, à la fin des années 1980, a démontré que, dès que la voie était libre, il se satisfaisait grandement, comme lors du « temps béni des colonies », des inégalités sociales et des disparités économiques mondiales (appelée autrement « mondialisation » ou « globalisation ») pour s’enrichir encore plus.
    6,8 millions d’euros pour un film de propagande… combien de partis politiques à tendance extrémiste rêveraient d’un tel budget !

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