enfr
Accueil / CINEMA / [Critique] « Gemini Man » (2019) d’Ang Lee
Gemini Man Ang Lee critique avis affiche film

[Critique] « Gemini Man » (2019) d’Ang Lee

Gemini Man du réalisateur Ang Lee est dans les salles de cinéma depuis le 2 octobre 2019. La critique film et l’avis de Bulles de Culture sur ce long métrage avec Will Smith et… Will Smith ! 

Synopsis :

Henry Brogan (Will Smith), un tueur professionnel, est soudainement pris pour cible et poursuivi par un mystérieux et jeune agent qui peut prédire chacun de ses mouvements.

Gemini Man : techniques époustouflantes que le cinéma n’a pas su encore mettre au profit d’un récit solide

Le réalisateur taïwanais de Tigre et Dragons (2000) sort des tiroirs du producteur Jerry Bruckheimer un script oublié plusieurs années pour en faire une vitrine aux nouvelles innovations technologiques dans le cinéma hollywoodien. En effet, Gemini Man déballe ce qu’il se fait de mieux en matière de techniques visionnaires, faisant de la concurrence aux studios LucasFilm ou à James Cameron, en pleine préparation de Avatar 2. Le film de Ang Lee est un support à grand spectacle pour tester de nouvelles expériences sensationnelles dans des salles équipées. En effet, l’oeuvre a été tournée en 3D+, utilisant la norme 120 FPS. Alors qu’une oeuvre est généralement projetée en 24 images/secondes, cette norme propose d’insérer 120 images par secondes donnant aux scènes d’action une fluidité décuplée. On ressent alors une perception étrange liée à la multiplication des images, comme si le film était légèrement accéléré tout en conservant son rythme initial. L’immersion qui s’en dégage est complètement folle. La netteté est également grandement améliorée grâce à un tournage en 4K natif. En cela, Gemini Man est digne d’une attraction époustouflante en plein milieu d’un CES (congrès annuel visant à présenter les nouveautés en matière de nouvelles technologies). 

Le scénario est également étudié pour montrer les prouesses du studio en matière de « de-aging ». Cette technologie consiste à rajeunir un acteur à l’écran. Quelques semaines avant The Irishman de Martin Scorsesse sur Netflix qui annonce en grande pompe un lifting numérique pour Robert De Niro et Al Pacino, c’est Brad Pitt qui avait été le fer de lance de ce nouveau phénomène cinématographique dans L’Etrange Histoire de Benjamin Button (2008). Avec Gemini Man, Will Smith prend lui aussi sa cure de jouvence avec un personnage entièrement créé numériquement, joué par l’acteur noir américain en performance capture (c’est à dire par l’enregistrement des mouvements du comédien grâce à des multiples capteurs apposés sur tout son corps). Tout est crédible et le jeune tueur à gage aux traits de Will Smith pourrait être confondu avec une nouvelle star hollywoodienne en pleine ascension. La prouesse est d’autant plus grande que ce jeune comédien numérique est l’un des protagonistes principal apparaissant dans la majeure partie des plans du film.

Ang Lee donne donc une figure très numérique à son Gemini Man. Cependant, la grande déception vient du sacrifice fait au scénario dans le développement de ce projet. Trop préoccupé à vouloir utiliser ces divers procédés, le réalisateur en oublie de raconter une histoire d’intérêt, préférant s’appuyer sur une banale thématique de clonage, déjà vu de nombreuses fois au cinéma. L’émulsion visuelle due à l’attrait du spectacle retombe donc rapidement au gré de péripéties ennuyeuses, pour le coup sans relief artistique. L’attente créé par le réalisateur, associé à une écriture de qualité, entre par exemple L’Odyssée de Pi (2012) et Le Secret de Brokeback Mountain (2005), n’est pas remplie. Celui-ci aura été emporté par l’attrait des nouvelles technologies en oubliant de nous proposer une histoire touchante. On retient ainsi de Gemini Man une technique époustouflante que le cinéma n’a pas encore su mettre au profit d’un récit solide.  

 

En savoir plus :

  • Date de sortie : 02/10/2019
  • Distributeur : Paramount Pictures

Antoine Corte

Rédacteur en chef adjoint / Deputy editor in chief chez Bulles de Culture
Toujours à défendre le cinéma français, j'aime particulièrement faire découvrir les films à petites sorties mais à portée universelle.

Top 3 Cinéma : "Moulin Rouge !" (2001), "Titanic" (1997), "Les Parapluies de Cherbourg" (1964)
Antoine Corte

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.